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MQ-1C Grey Eagle : le drone tueur des Etats-Unis

MQ-1C Grey Eagle

Le MQ-1C Grey Eagle est un système d’aéronef sans pilote (UAS) développé par General Atomics Aeronautical Systems pour l’armée américaine. Il a pour objectif de « fournir une capacité de frappe tactique et de renseignement, de surveillance et de reconnaissance persistante et de longue endurance ».

Les drones ont projeté les armées dans le futur. En effet, les systèmes d’aéronefs sans pilote offrent plus de capacités à l’armée et tracent la voie de la guerre autonome. Le Grey Eagle est une solution pour les services de surveillance, acquisition d’objectifs et reconnaissance (RSTA) persistants et d’opérations d’attaque.

Qu’est-ce que le MQ-1C Grey Eagle

Le MQ-1C Grey Eagle est un système d’aéronef sans pilote (UAS) à moyenne altitude et de grande autonomie (MALE). Il s’agit d’une version plus développée de l’ancien MQ-1 Predator, également développé par General Atomics Aeronautical Systems (GA-ASI).

De Hunter à Grey Eagle

Dans le but de remplacer le RQ-5 Hunter, l’armée américaine a lancé une compétition pour le développement d’un drone polyvalent à longue portée. C’est ainsi qu’en 2002, deux nouveaux dispositifs furent présentés : le Hunter II et le Warrior. À l’annonce du vainqueur, le Warrior s’est vu attribuer un contrat de 214 millions de dollars pour développer le projet.

En 2009, le premier appareil était opérationnel et l’armée avait pour intention d’acquérir onze systèmes Warrior. Le Département de la défense américain (DOD) a désigné le programme MQ-1C, et en août 2010 il a été officiellement baptisé Grey Eagle. Un mois après, le drone a intégré avec succès le missile Hellfire AGM-114. L’introduction du Grey Eagle au combat s’est passée en Afghanistan au cours de cette même année.

Cependant, le système a montré des faiblesses au niveau de la performance et de fiabilité, liées à des problèmes de logiciels. Cela a conduit à la perte de certains appareils et au retardement du programme.

En juillet 2013, General Atomics a annoncé la première réussite de l’Improved Grey Eagle (IGE). Ce nouveau modèle amélioré du MQ-1C Grey Eagle offrait plus d’endurance, une meilleure capacité en carburant et de charge utile. Deux années plus tard, le plan d’acquisition des Grey Eagle inclut une nouvelle version à longue portée. Le vol inaugural du nouveau variant du MQ-1C appelé Grey Eagle Extended Range (GE-ER) s’est effectué en octobre 2016.

 

Ses caractéristiques

La conception du MQ-1C Grey Eagle est basée sur la cellule du Predator. Néanmoins, l’UAS dispose d’une plus grande envergure de 17 mètres avec 2,1 mètres de haut et 9 mètres de long. Il intègre un système de commande de vol à triple redondance. En termes de propulsion, il dispose d’un moteur Thielert Centurion 1.7 de 165 CV à carburant lourd. Son endurance est de 25 heures, tandis que sa vitesse maximale est de 192 MPH avec une portée de 29 000 pieds.

 

L’architecture modulaire du MQ-1C Grey Eagle permet d’intégrer des charges utiles multiples. Sa capacité de charge utile interne est de 261 kg. Il peut exploiter un système laser électro-optique/infrarouge (EO/IR), un radar à ouverture synthétique STARLite ou un capteur d’indication de cible terrestre (GMTI). Il peut aussi emporter un relais de communication et quatre missiles Hellfire. Les missiles Hellfire AGM-114 montés sur l’appareil peuvent engager des cibles terrestres dans un rayon allant de 500 m à 8 km. Par ailleurs, les points d’ancrage de l’aile peuvent également recevoir 227 kg de charges utiles externes. Cela peut inclure des capteurs et des armes non réutilisables.

Comment opère un système MQ-1C ?

Un système opérationnel de MQ-1C Grey Eagle se constitue de quatre UAS. Il comprend trois stations de contrôles terrestres, dont deux universelles et une mobile ainsi que huit terminaux de données terrestres, dont un satellite. Une compagnie de 128 soldats de la brigade d’aviation de combat se charge de l’exploitation de ces systèmes terrestres.

D’autre part, les forces d’opérations spéciales et le commandement du renseignement et de la sécurité disposent de deux systèmes GE-ER. Ceux-ci comprennent 12 aéronefs sans pilotes, six stations de contrôles terrestres universelles et trois mobiles, neuf terminaux de données terrestres et un terminal de données satellite. L’unité spéciale de contrôle terrestre regroupe 165 soldats.

Par ailleurs, tous les systèmes opérationnels MQ-1C Grey Eagle incluent un système de décollage et d’atterrissage automatique (ATLS). En outre, ils disposent de véhicules tactiques légers et moyens, ainsi que d’autres équipements de soutien.

Le MQ-1C Grey Eagle en action

Deux ans après sa première mission en Irak, le MQ-1C Grey Eagle atteint le record de 10 000 lancements et récupérations automatiques réussis en 2012. Ce chiffre atteint les 20 000 en 2013, qui comptabilise également les 70 000 heures de vol. Le 25 juin 2012, l’armée déploie la première compagnie complète de 12 drones. Jusqu’en 2018, deux à trois compagnies sont déployées chaque année dans les divisions de services actifs de l’armée.

Le 160th SOAR, une unité d’opérations spéciales de l’armée américaine, reçoit son premier Grey Eagle en 2013. Cela a permis de réduire sa dépendance vis-à-vis des drones de l’USAF en termes de reconnaissance et de frappe. En 2018, l’armée américaine déploie 12 drones Grey Eagle sur la base aérienne de Kunsan en Corée du Sud.

Au cours de leurs déploiements, les Grey Eagle ont connu des accidents de dysfonctionnement. En 2015, un drone MQ-1C s’est écrasé en Irak après une panne de communication, lors de l’opération Inherent Resolve contre l’État islamique. Le 29 février 2020, un MQ-1C s’est écrasé à Agadez, au Niger, à la suite d’une défaillance technique. Il s’agissait d’un drone qui opérait pour le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM). Une année plus tard, un autre Grey Eagle s’était écrasé au même endroit.

Ce que nous pouvons dire, c’est que le MQ-1C Grey Eagle est un système assez récent qui continue de se développer. L’avenir nous dira comment l’armée et le GA-ASI s’y prendront pour atteindre leur objectif. Il s’agit notamment de fournir une capacité de frappe tactique et d’ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) persistante et endurante.

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