Oubliez les chatbots passifs. L’ère de « l’agentique » est arrivée. Qu’il s’agisse de Claude Cowork, Perplexity Computer ou Gemini Workspace, désormais, l’IA exécute. Et alors que des leaders comme Jack Dorsey (Block) justifient des licenciements massifs par l’efficacité de l’IA, le débat sur le remplacement de l’humain s’intensifie. Les agents IA vont-ils enfin remplacer les employés humains ?
Décryptage avec Alex Doda, fondateur d’Agent.so, l’une des plateformes pionnières du secteur.
On est passé des assistants bavards aux employés numériques
La genèse d’Agent.so est révélatrice de la rapidité du secteur. Lancée en mars 2023 sous la forme d’un simple sous-domaine, la plateforme est née d’un besoin pragmatique : « Comment faire plus avec moins de ressources au sein d’une petite équipe ? », explique Alex Doda.
La différence avec un chatbot classique est fondamentale. Un agent est entraîné avec vos données, équipé de compétences spécifiques et focalisé sur un résultat.
« Ils agissent comme des employés virtuels. Ils apprennent, créent des souvenirs et deviennent plus intelligents avec le temps », précise-t-il.
Cette autonomie permet de transformer n’importe quelle entreprise de logiciel en une « compagnie de logiciel agentique ».
Une technologie accessible : du « Drag & Drop » pour tous
L’un des points forts de cette nouvelle vague est la démocratisation technique. Pour Alex Doda, l’IA ne doit pas être réservée aux ingénieurs.
Sur sa plateforme, la création d’un agent est visuelle et ne nécessite aucune ligne de code.
À chaque fichier que vous insérez pour entraîner l’agent, c’est un processus très simple de drag and drop (glisser-déplacer).
Cette facilité d’usage explique pourquoi des secteurs traditionnels comme l’immobilier, l’e-commerce, le marketing internet ou l’entrepreneuriat classique ont déjà adopté ces outils pour optimiser leurs flux de travail quotidiens.
Aujourd'hui j'ai donné une conférence a la Sorbonne, on m'a demandé comment je voyais les boîtes dans 5 ans.
Ma réponse va en frustrer certains.
Les boîtes qui vont créer le plus de valeur n'auront plus de pyramide hiérarchique.
L'IA est en train de supprimer toute la layer…— Brivael – FR (@BrivaelFr) March 10, 2026
Le spectre du grand remplacement : IA artificielle ou augmentée ?
La crainte de voir l’IA absorber les emplois n’est plus une dystopie, mais une réalité comptable.
Le licenciement de 40 % du personnel chez Block (ex-Square) en est l’illustration la plus récente.
Pourtant, Alex Doda plaide pour une troisième voie : l’Intelligence Augmentée.
« Je ne souhaite pas qu’une équipe de dix personnes devienne une équipe de cinq. Je préfère garder dix personnes et travailler avec vingt agents en plus. »
L’enjeu pour les entreprises en 2026 est de remettre l’humain au centre de la décision. Si l’IA remplace les tâches, elle doit libérer du temps pour l’opportunité et la création, plutôt que de laisser le collaborateur « à la porte ».
Le défi du « Privacy First »
Il faut reconnaître que la sécurité des données est aujourd’hui le nerf de la guerre. Surtout quand ce sont les géants américains et chinois qui dominent l’écosystème.
Agent.so a ainsi développé une approche de cryptage radicale. Les fichiers d’entraînement sont en effet décomposés, restructurés pour l’agent, puis immédiatement supprimés des serveurs.
Alex Doda rappelle toutefois une règle d’or de prudence : « Chaque fois que vous envoyez des données, elles transitent chez des fournisseurs basés aux USA ou en UE. Je recommande toujours de ne rien partager de sensible comme des dossiers médicaux nominatifs. »
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