L’intelligence artificielle inquiète les enseignants flamands

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Un rapport de l’OCDE souligne le sentiment de dépassement chez les professeurs en Flandre face aux outils numériques et à l’intelligence artificielle générative.

Le nouveau rapport Digital Education Outlook 2026 de l’OCDE dresse un constat préoccupant pour le système éducatif en Flandre. L’intelligence artificielle (IA) s’installe, en effet, progressivement dans les programmes scolaires. Une grande partie du corps enseignant exprime une réelle difficulté à suivre la cadence imposée par ces évolutions technologiques.

Un sentiment de saturation chez les professeurs

En Flandre, la pression numérique pèse lourdement sur les épaules des enseignants. Selon les données de l’OCDE, plus de la moitié des professeurs flamands se disent littéralement submergés par les attentes en matière d’outils numériques. Un sentiment de surcharge qui concerne spécifiquement les enseignants qui n’ont pas encore adopté l’IA. Ce chiffre place la région parmi les zones les plus touchées au sein de l’organisation, aux côtés du Japon, de la Croatie et de la Serbie.

Cette sensation de saturation est particulièrement marquée au premier degré de l’enseignement secondaire. Pour ces professionnels, l’exigence de maîtrise technologique devient une barrière concrète. Au lieu de faciliter l’apprentissage, ces attentes finissent par freiner l’introduction de l’IA dans les salles de classe. Faute de temps ou de formation adaptée, de nombreux enseignants peinent à prendre en main des systèmes de génération de texte comme ChatGPT ou Gemini.

La Flandre pionnière malgré les résistances

Pourtant, sur le papier, la Flandre fait figure de bon élève à l’échelle internationale. La ministre flamande de l’Éducation, Zuhal Demir, a récemment introduit de nouveaux objectifs minimaux pour l’enseignement primaire et maternel. Ces programmes, qui seront déployés progressivement à partir de l’année scolaire 2026-2027, intègrent l’IA dès le plus jeune âge.

Dès la quatrième année primaire, l’accent sera mis sur la littératie numérique. À l’horizon de la sixième année, les élèves devront comprendre ce qu’est l’IA. Mais, ils doivent aussi être capables de formuler une requête ou un prompt efficace sur un outil fourni par l’établissement. Cette approche place la Flandre en tête de peloton, avec des pays comme la Finlande, la République tchèque, la Norvège ou la Turquie. Mais ce volontariat politique se heurte aujourd’hui à la réalité du terrain et au désarroi d’une partie des encadrants.

Le risque de la paresse cognitive

Au-delà de l’épuisement des enseignants, l’OCDE alerte sur les conséquences pédagogiques pour les élèves. L’organisation utilise le terme de « paresse cognitive » pour décrire un phénomène observé lors d’expérimentations récentes. 

En Turquie, une étude menée sur des cours de mathématiques a révélé un paradoxe frappant : les élèves utilisant l’IA ont vu leurs résultats bondir de 48 % à court terme. Cependant, le retour à la réalité a été brutal. Lors d’un test effectué sans l’aide de la technologie, ces mêmes élèves ont obtenu des scores inférieurs de 17 % par rapport à ceux n’ayant jamais utilisé l’outil. L’IA a été utilisée comme un raccourci pour obtenir la réponse finale, empêchant ainsi le cerveau de traiter et d’assimiler réellement la matière.

Vers des outils d’intelligence artificielle plus adaptés

Face à ce constat, l’organisme international ne prône pas l’abandon de la technologie, mais une modification profonde de sa conception. L’idée est de s’éloigner des outils IA grand public qui donnent une réponse immédiate. L’OCDE préconise le développement de systèmes spécifiquement conçus pour le milieu scolaire. Ces derniers devraient fonctionner par questionnement. L’outil guide l’élève pas à pas vers la solution plutôt que de lui livrer le résultat sur un plateau, afin de garantir un véritable effort intellectuel.

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