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MQ-1 Predator : développement et missions du drone militaire américain

MQ-1 Predator
A 3D render of an MQ-1 Predator unmanned aerial vehicle (UAV) looking for bad guys in Afghanistan.

Le MQ-1 Predator a été introduit au sein de l’armée américaine en tant que drone de surveillance, avant de devenir un drone armé. Il a contribué aux efforts de guerre des États-Unis pendant des années, et a tiré sa révérence en 2018.

Dans le domaine militaire, l’utilisation des drones de surveillance permet aux armées de prendre l’avantage sur leurs adversaires. Pour sa part, la première mission des MQ-1 Predator a eu lieu en 1995, et dès lors ils ont dominé les champs de bataille. Durant leurs années de services, les centaines de drones ont joué un rôle important dans la guerre aérienne américaine.

À propos du MQ-1 Predator

Le MQ-1 Predator est un avion piloté à distance (RPA) construit par General Atomics, conçu pour des missions de surveillance et de reconnaissance militaire. Il a été principalement utilisé par l’US Air Force (USAF) et la Central Intelligence Agency (CIA).

La conception du drone date du début des années 1990. Des caméras et des capteurs embarqués ont permis au Predator d’effectuer des missions de reconnaissance et de surveillance avancée. Plus tard, il fut équipé de missiles Hellfire AGM-114 pour exécuter des missions d’interdiction.

Historique

Abraham Karem, un ingénieur américain d’origine irakienne, se tient à l’origine du MQ-1 Predator. Arrivé aux États-Unis en 1973, il a fondé la société Leading Systems, Inc. et construit l’Albatros, son premier drone. Inspirée par ce projet, le DARPA lui confie alors le développement d’Amber.

En 1991, General Atomics Aeronautical Systems Inc. rachète la société qui a fait faillite. Un contrat est attribué à l’entreprise en janvier 1994 pour exécuter le programme Predator d’endurance à moyenne altitude de niveau II (Tier II). La désignation initiale du RPA était le « RQ-1 Predator » (« R » pour reconnaissance et « R » pour drone). Il a volé pour la première fois en 1994 et a effectué sa première opération dans les Balkans, en 1995

C’est vers 2002 que l’USAF a changé le nom en « MQ-1 Predator ». La lettre « M » correspond au concept de multirôle qui fait référence aux versions armées développées avec la CIA.

Propriétés du MQ-1 Predator

Parlons d’abord des caractéristiques techniques du MQ-1 Predator. Le drone mesure 8,22 mètres de long et de 2,1 mètres de haut en déployant 14,8 mètres d’envergure. Il intègre un moteur Rotax 914F à quatre cylindres, avec une vitesse de 84 mph et une portée de 770 miles. Il est équipé de deux missiles Hellfire AGM-114 à guidage laser. En outre, le Predator dispose d’une radio ARC-210 et d’un système IFF/SIF APX-100 avec mode 4.

Le MQ-1 Predator est donc un drone télécommandé et armé destiné à diverses missions, dont principalement la collecte de renseignements. Son autonomie se combine avec la puissance de ses capteurs, ses armes et sa suite de communication multimode. Grâce à cela, le drone était un excellent dispositif de SCAR (Strike Coordination and Reconnaissance) contre les cibles importantes et éphémères.

Les tâches du Predator incluaient également la surveillance, l’appui aérien rapproché, la surveillance de convois et le guidage aérien terminal. Par ailleurs, il contribuait à la recherche et sauvetage, aux frappes de précision, au jumelage et au nettoyage des routes.

Un aéronef téléguidé

Un système Predator opérationnel se compose de quatre MQ-1, d’une station de contrôle, d’équipements de rechange et d’une liaison satellite. Il comporte également des équipes d’exploitation et de maintenance pour déployer les missions à tout moment. L’équipage de base comporte un pilote qui contrôle l’appareil et commande la mission. Un deuxième membre a pour rôle de faire fonctionner les capteurs et les armes et, si besoin, de coordonner la mission.

En tant que RPA, un MQ-1 Predator peut être démonté et chargé dans un conteneur pour des opérations dans différents endroits. Les opérations de fractionnement à distance permettent de réduire le nombre de personnes déployées sur un site. De plus, elles simplifient les fonctions de commandement et de contrôle en consolidant les différents vols en un seul endroit. Il en est de même pour les problèmes d’approvisionnement logistique du système d’armement.

Le développement du Predator

Les MQ-1 Predator étaient principalement pilotés par les équipages du 432nd Wing/432nd Air Expeditionary Wing à Creech, et d’autres unités dans le monde entier. Le même mois de sa première mission en Albanie (1995), l’armée de l’air américaine a activé le 11e escadron de reconnaissance à Indian Springs Air Force Auxiliary Field, Nevada. Il s’agissait de la première unité Predator de l’Air Combat Command.

Avec le 15e escadron, les unités de MQ-1 Predator ont effectué des missions dans le cadre de l’opération Allied Force en 1996. Mais au cours de ses premières missions, plusieurs appareils ont été détruits en raison de problèmes d’infrastructure ou de missiles surface-air. Des innovations ont suivi, notamment par le passage à un moteur turbo et l’ajout de nacelles sophistiquées (technologie hyperspectrale).

MQ-1 Predator aux services de l’USAF

Les premiers tests de la version armée du MQ-1 ont eu lieu en février 2001. Néanmoins, les unités de MQ-1 Predator ont participé à l’opération Enduring Freedom sans les missiles.  Plus tard, les équipages ont pu effectuer des attaques de précision, en plus des missions de reconnaissance.

Deux années plus tard, une nouvelle tactique pour les RPA a été développée, appelée « remote-split operations ». Elle permet au radar à synthèse d’ouverture d’envoyer les signaux en temps réel à l’aide des liaisons satellites. Grâce à cette technique, les équipages de MQ-1 Predator ont pu effectuer des missions dans le monde entier. Ces capacités ont été mises à l’épreuve lors de l’opération Iraqi Freedom en 2003. Plus tard, le Remotely Operated Video Enhanced Receiver (ROVER) a permis aux forces terrestres de voir les flux vidéo en temps réel. Les missions de reconnaissance et de sauvetage du Predator se sont davantage améliorées.

Les combats impliquant les équipages MQ-1 Predator et des MQ-9 Reaper avaient franchi le cap d’un million d’heures, en 2011. La même année, les MQ-1 ont participé à aux opérations Odyssey Dawn (guerre civile en Libye) et New Dawn (Irak). Enfin, toujours aux côtés des MQ-9, ils ont participé à l’opération Inherent Resolve, dirigée contre l’État islamique d’Irak et de Syrie.

En février 2017, l’USAF a annoncé le retrait des MQ-1 Predator qui ont tiré leur révérence le 9 mars 2018.

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