On s’est tous trompés. L’IA ne réduit pas notre charge de travail, elle l’augmente

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Alors qu’Elon Musk nous vend un avenir où le travail deviendrait optionnel, le PDG de Nvidia jette un pavé dans la mare. Pour Jensen Huang, l’IA ne va pas nous libérer du labeur, elle va au contraire nous surcharger comme jamais. Voici pourquoi !

C’est le grand paradoxe de la Silicon Valley. D’un côté, on nous promet l’utopie : des robots qui travaillent pendant que les humains sirotent des cocktails (la vision d’Elon Musk). De l’autre, la réalité brutale du capitalisme : des outils plus rapides pour… en faire encore plus.

C’est cette deuxième vision, beaucoup moins relaxante, que Jensen Huang, l’homme à la tête de Nvidia (et accessoirement l’un des plus grands gagnants de la révolution IA), a défendue lors du récent Forum d’investissement américano-saoudien.

Le piège de la productivité infinie

L’argument de Jensen Huang est imparable, quoique déprimant pour ceux qui rêvaient de la semaine de 4 heures.

Selon lui, l’IA va effectivement automatiser les tâches pénibles et répétitives. Mais cela ne libérera pas du temps libre. Cela libérera du temps pour d’autres tâches.

« Si votre vie devient plus productive et si les choses difficiles deviennent simples, il est très probable que, parce que vous avez tant d’idées, vous aurez plus de temps pour vous consacrer à vos projets », a-t-il déclaré.

En résumé, plus on est efficace, plus on se fixe d’objectifs ambitieux. Mais en tout cas, la charge de travail ne diminue pas, elle se déplace et se densifie.

L’exemple des radiologues (et l’oubli du patron)

Pour étayer sa théorie, le patron de Nvidia cite les radiologues. L’IA les aide à analyser les images plus vite, pourtant la demande explose et ils n’ont jamais eu autant de travail. Une analyse qui omet un détail crucial : la pénurie mondiale de praticiens.

Mais peut-on vraiment croire sur parole celui qui vend les pelles pendant la Ruée vers l’or ? Nvidia tire désormais 90 % de ses revenus de la vente de puces IA pour les centres de données (+62 % par rapport à 2024).

Jensen Huang a tout intérêt à vendre l’idée d’une hyper-productivité permise par ses composants, plutôt que celle d’un monde où ses puces mettraient tout le monde au chômage.

Et entre la vision « Club Med » d’Elon Musk et la vision « Stakhanoviste » de Nvidia, l’avenir des travailleurs semble se jouer à pile ou face.

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