À force de vouloir tout conquérir, OpenAI a-t-elle failli perdre son âme ? Entre le navigateur Atlas, le générateur vidéo Sora et des projets de hardware avec Jony Ive, la firme de Sam Altman s’est éparpillée. Aujourd’hui, l’heure est au repli stratégique.
Sous la pression d’une organisation interne devenue illisible et de la montée en puissance d’Anthropic, OpenAI siffle la fin de la récréation pour se recentrer sur ses fondamentaux : le code et la productivité.
La fin du « tout et n’importe quoi »
Lors d’une réunion interne révélée par le Wall Street Journal, Fidji Simo, CEO des applications d’OpenAI, a acté la nécessité de resserrer la focale.
WSJ exclusive: OpenAI is finalizing a major pivot—cutting back on “side quests” (Sora standalone, Atlas browser, hardware bets) to refocus on coding + enterprise/business productivity.
— The Tectonic (@thetect0nic) March 17, 2026
Simo to staff: “We cannot miss this moment… distracted by side quests. We really have to… https://t.co/Kce14M3BsJ pic.twitter.com/BXoTQ1Rivw
Ce virage implique des arbitrages douloureux. Certains projets seront ralentis, d’autres purement abandonnés.
Symbole de ce coup de frein, le très attendu « mode adulte » de ChatGPT est désormais reporté sine die.
Cette boulimie de lancements a fini par gripper la machine. En interne, les ressources informatiques étaient réallouées en urgence d’un projet à l’autre. ce qui a créé une confusion sur les priorités et qui a fragilisé le déploiement de produits phares comme Sora, dont le succès initial peine à se confirmer sur la durée.
Le « modèle Anthropic » comme nouveau nord
Ce changement de cap est en tout cas une réponse directe à la menace Anthropic. Contrairement à OpenAI, la firme de Dario Amodei n’a jamais dévié de sa trajectoire. Elle a même refusé de se disperser dans la génération d’images ou de vidéos gadgets pour se concentrer sur les outils professionnels.
Et cette discipline a payé. Anthropic est aujourd’hui l’acteur dominant chez les développeurs grâce à Claude Code et ses agents autonomes.
Pour regagner le terrain perdu, OpenAI concentre désormais ses forces sur le développement logiciel, avec Codex et le futur GPT-5.4.
Parallèlement, OpenAI muscle ses partenariats entreprises pour prouver sa capacité de déploiement sur le terrain.
L’ombre de Wall Street
Derrière cette réorganisation se cache pourtant une échéance capitale. Lentrée en Bourse. Pour séduire les investisseurs, OpenAI doit prouver qu’elle n’est plus une start-up exploratoire mais un écosystème rentable et structuré.
Si Anthropic doit encore donner des gages de « patte blanche » au gouvernement américain, OpenAI, elle, doit démontrer qu’elle sait finir ce qu’elle commence.
Je me demande si entre OpenAI et Anthropic, c’est une course à la productivité ou une course au buzz.
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