Face au manque de conseillers, les élèves de terminale utilisent l’intelligence artificielle pour leurs vœux, sans toutefois pouvoir remplacer l’échange humain.
Depuis l’ouverture de la plateforme Parcoursup le 19 janvier, les 650 000 élèves de terminale cherchent des solutions pour s’y retrouver dans la masse des formations disponibles. Cette année, une nouvelle tendance se confirme : le recours aux outils d’intelligence artificielle générative, comme ChatGPT, pour obtenir des conseils personnalisés. Si cette pratique se généralise, c’est d’abord pour combler un vide structurel dans les établissements scolaires.
Un manque de professionnels sur le terrain
Le recours à l’écran n’est pas toujours un premier choix, mais souvent une nécessité. Ces outils pallient le manque de professionnels dans les lycées. Les chiffres officiels illustrent cette tension. Selon le rapport public annuel 2025 de la Cour des comptes, on ne compte qu’un seul psychologue de l’éducation nationale (psy-EN) pour 1 047 élèves du secondaire.
Ce déséquilibre rend l’accompagnement personnalisé très difficile au moment où les futurs bacheliers doivent valider leurs choix. Face à des services d’orientation parfois saturés, l’IA devient une option de secours immédiate, disponible 24 heures sur 24 et à portée de clic.
Le confort de l’anonymat numérique
Au-delà de l’accessibilité, l’aspect psychologique joue un rôle important. Certains élèves se sentiraient, en effet, plus à l’aise face à une machine. Parler de ses envies ou de ses doutes avec ses proches ou un conseiller peut être intimidant.
L’écran offre une forme de neutralité qui libère parfois la parole. L’IA permet ainsi de dégager des premières pistes ou de trouver l’inspiration quand la page reste blanche. Cependant, les experts s’accordent sur un point : si l’algorithme traite les données, il ne capte pas les émotions. Pour beaucoup, le regard et l’écoute d’un conseiller restent des éléments impossibles à automatiser pour des choix de vie aussi déterminants.
De plus en plus d’outils spécialisés pour affiner ses vœux
Au-delà des agents généralistes comme ChatGPT, plusieurs solutions dédiées ont émergé pour épauler les candidats :
- Thotis.IA : cet assistant répond aux questions précises sur les programmes et les débouchés des licences ou bachelors.
- Hello Charly : un compagnon conversationnel qui aide à la découverte des métiers de manière ludique.
- Hopteo : une application qui analyse le profil scolaire pour suggérer des cursus adaptés.
- MonProjetSup : un outil public s’appuyant sur des algorithmes pour aider à la décision et limiter l’autocensure.
La fiabilité des informations reste le point faible de ces outils. L’IA peut inventer des spécialités inexistantes ou fournir des données de concours obsolètes, car les cursus changent chaque année.
Sans connexion en temps réel au flux officiel de Parcoursup, ces outils risquent d’induire les candidats en erreur. Une vérification systématique sur les fiches officielles de la plateforme demeure donc indispensable pour éviter les mauvaises surprises lors de la validation finale.
L’humain, un repère qui reste fondamental
Malgré cette montée en puissance technologique, les experts rappellent les limites du système. Si l’IA excelle pour trier des données ou structurer un projet de formation motivé, elle reste dépourvue d’intuition.
La capacité d’un professionnel à déceler une motivation profonde ou à rassurer un élève face à l’incertitude demeure un atout majeur. Pour beaucoup de familles, le regard d’un conseiller capable de comprendre les nuances d’un parcours reste l’élément irremplaçable pour valider des choix de vie aussi déterminants. L’usage de l’IA est donc perçu comme une étape de débroussaillage, qui doit idéalement être complétée par un échange humain.
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