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Sommet Adopt AI : Macron veut une préférence européenne propulsée par l’atome français

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Au Grand Palais, Emmanuel Macron a tracé la feuille de route de l’IA pour le continent. Entre la promesse de nouvelles usines à calcul à Dunkerque et l’appel à consommer européen, le chef de l’État positionne la France comme le réacteur nucléaire de cette ambition.

C’est un discours offensif qu’a tenu Emmanuel Macron ce mardi soir sous la verrière du Grand Palais, à l’occasion du sommet Adopt AI du 25 au 26 novembre dernier.

Face à un parterre international, le Président a martelé une conviction. Si l’Europe veut exister face aux géants américains et chinois, elle doit cesser d’être naïve et commencer à préférer ses propres champions. Et pour mener cette bataille, la France dispose d’une arme fatale : son énergie.

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L’atout nucléaire : des usines IA à Dunkerque

« Quand nous parlons de déployer l’IA, nous avons besoin d’énergie », a rappelé le chef de l’État. Dans un monde où les data centers sont de plus en plus voraces, la France joue la carte de son électricité décarbonée et pilotable.

Joignant le geste à la parole, Emmanuel Macron a annoncé l’ouverture d’un cinquième site en procédure accélérée à Dunkerque.

Ce projet titanesque mettra à disposition plus de 700 mégawatts de capacité pour alimenter les futurs modèles d’intelligence artificielle.

« Nous ne créons pas de capacités avec de la mauvaise énergie », a-t-il taclé, valorisant la stabilité du parc nucléaire français face aux énergies intermittentes ou fossiles.

L’appel du pied à Yann LeCun

Au-delà des infrastructures, c’est la bataille des cerveaux que la France veut remporter. L’objectif est clair : passer de 40 000 à 100 000 personnes formées par an à l’IA.

Emmanuel Macron s’est même permis une interpellation directe concernant Yann LeCun. Alors que l’un des pères de l’IA moderne vient d’annoncer son départ de Meta pour lancer sa propre structure (selon les informations évoquées au sommet), le Président a lancé un défi public.

« Nous le convaincrons de le faire en France ». Une manière de rappeler que l’écosystème French Tech, riche de ses licornes, est prêt à accueillir les plus grands noms.

Acheter européen : la fin de la naïveté ?

Le point d’orgue politique du discours fut sans doute l’appel à une préférence européenne. Sans prononcer le mot protectionnisme, qu’il réfute, Emmanuel Macron a dressé un constat amer.

« L’Union Européenne est le seul endroit au monde où vous avez de facto une non-préférence européenne », a-t-il ajouté.

Pour lui, la souveraineté numérique passe par la commande. L’État français doit montrer l’exemple en intégrant l’IA dans les services publics et les hôpitaux, mais à une condition : « Lorsqu’il existe une solution européenne compétitive, adoptez-la ».

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Simplifier pour survivre

Enfin, le Président a plaidé pour un choc de simplification réglementaire, faisant écho au récent sommet franco-allemand.

Il a évoqué la nécessité d’assouplir certaines contraintes, notamment autour du RGPD, pour permettre aux entreprises européennes de s’entraîner sur des volumes de données comparables à leurs concurrents.

« La simplification est essentielle pour démanteler les barrières que nous avons nous-mêmes imposées », a-t-il conclu.

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