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Tech Innovators | Gabriel Rosset (Architecte solutions, Blue Soft Group)

ITW-IT- Gabriel Rosset

Dans le cadre de notre dossier « Tech Innovators: À la découverte des esprits visionnaires de l’informatique », Gabriel Rosset (Architecte solutions chez Blue Soft Group) a accepté de faire un point sur l’année écoulée et sur les grands enjeux du secteur de l’IT.

Intelligence-Artificielle.Com : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Gabriel Rosset (Blue Soft Group) :

Toujours passionné de technologies et d’innovations, durant plus de 15 ans j’ai eu la chance de collaborer avec des gens talentueux dans de nombreux domaines. J’ai passé mes 10 premières années à la réalisation de solutions innovantes dans le domaine de l’éducation. J’ai progressivement pris des positions de lead technique sur nos activités de service, puis d’édition en rejoignant notre pôle innovations pédagogiques pour les écoles, d’abord comme lead développeur, puis comme architecte solution.

Entre 2013 et 2015 j’enseignais la programmation web avancée à Paris XI comme professeur vacataire en parallèle de mon activité.

En 2017 j’ai pris la direction du plateau de développement d’Ileotech, avant de m’engager comme directeur technique associé en août 2018, en 2020 nous avons complété nos offres autour de la cybersécurité en fondant la Squad-it.

Après 4 ans de riches expériences, nous avons intégré le groupe BlueSoft en septembre 2021. Et enfin plus récemment, j’exerce des activités d’expertise et de conseil en architecture IT comme indépendant.

Quelles sont les dernières tendances et innovations dans le domaine de l’IT qui ont retenu votre attention récemment ?

Essentiellement le multi-cloud et les questions de souveraineté, mais aussi bien d’autres choses ; le DDD (Domain Driven Design), l’architecture hexagonale, etc.

Dans nos métiers l’innovation est permanente et donc la veille sur les dernières technologies doit être constante.

Mais ce n’est pas tout, les technologies reflètent aussi les besoins relatifs aux évolutions de nos sociétés. Dans notre monde globalisé, les crises se sont succédé dernièrement, faisant émerger de nouveaux besoins, résilience des chaines d’approvisionnement, souveraineté des états sur le numérique et tout particulièrement sur le cloud.

Quels sont les domaines où l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique (Machine Learning) ont le plus d’impact aujourd’hui selon vous ?

Et bien un peu tous, mais pour n’en citer que quelques-uns :

– le web design : l’assistance de l’IA pour la création de composants graphiques amène les designers à gagner en polyvalence, par exemple autour des questions d’accessibilité ou de conseil sur l’expérience utilisateur

– les métiers de conseil IT : là aussi l’assistance de l’IA permet par exemple de poser les bases d’une étude comparative ou bien d’autres choses.

De manière générale, la plus-value des consultants se repositionne de plus en plus sur le cœur de leurs expertises et les libérant de plus en plus des charges propres à la présentation et la structuration de leurs études.

Comment la transformation numérique a-t-elle évolué et quelles sont les principales stratégies et défis auxquels les entreprises sont confrontées lorsqu’elles se lancent dans ce processus ?

Comme je disais précédemment, les technologies provoquent ou accompagnent les évolutions de nos sociétés. Ces dernières années, les crises se sont succédé avec de nouveaux besoins, résilience des chaines d’approvisionnement, souveraineté sur le cloud.

Le numérique subit en quelque sorte des transformations similaires aux autres industries, mais avec ses particularités. Si l’on constate la relocalisation de certaines parties stratégiques des chaines d’approvisionnement, le cloud subit des mécanismes qui peuvent y faire penser, mais de façon très différente dans leurs objectifs et leurs mises en œuvre.

Les enjeux sont nombreux et si le cloud a su apporter des réponses aux grandes entreprises devant déployer leurs activités rapidement à travers le monde. Celles-ci doivent maintenant répondre à des législations qui se durcissent, notamment entre la Chine et les États-Unis, mais aussi de plus en plus en Europe.

Anticipant ces changements, les grands acteurs du cloud proposent des solutions dites multi-cloud permettant de superviser des systèmes de plus en plus distribués qui exploitent des données devant être de plus en plus localisées et protégées.

Quelles sont les compétences et les connaissances clés que les professionnels de l’IT doivent acquérir pour rester pertinents dans ce paysage technologique en constante évolution ?

Dans mes premières expériences professionnelles, les perspectives d’évolutions étaient très liées à la spécialisation dans un domaine. Aujourd’hui, nous prenons de plus en plus conscience de l’importance de la polyvalence. Les IAs se spécialisent dans tous les domaines, mais sont aujourd’hui encore incapables de réfléchir au sens premier du terme. En particulier à extrapoler les services qu’elles nous rendent en dehors de leur champ d’application immédiat.

Quelles sont les meilleures pratiques pour favoriser une culture d’innovation au sein des organisations et encourager la collaboration entre les équipes techniques et métiers ?

Pour la culture d’innovation, j’en citerai quelques-uns, mais la liste est loin d’être exhaustive :

– *apprendre* à penser en dehors du cadre

– *abstraire* le besoin pour le reformuler

– *varier* ses points de vue

– *comprendre* le besoin plutôt que d’y répondre immédiatement.

Pour la collaboration, on peut transposer des principes équivalents :

– *apprendre* à penser son travail du point de vue de ses collègues

– *abstraire* des indicateurs communs (par exemple en remplaçant les jours/homme par des « points », pour cultiver une métrique d’équipe « portable » consolidée au fur et à mesure des avancées sur le projet)

– *varier* les missions pour que tous les collaborateurs aient des objectifs clairs et adaptés à leurs compétences

– *comprendre* les autres pour savoir comment se faire comprendre soi-même

Comment les gouvernements et les organismes réglementaires peuvent-ils soutenir l’innovation dans le domaine de l’IT et créer un environnement propice à l’adoption de nouvelles technologies ?

Le législatif comprend souvent mal l’innovation, et l’innovation comprend souvent mal le législatif. Comme dans toutes collaborations, le fossé entre deux domaines d’expertise se comble lorsque l’on fait un pas dans le domaine de l’autre.

Tout au long de ma carrière, j’ai travaillé avec l’administration française, avec l’éducation puis avec l’intérieur. Sur ce point, la France s’améliore, pour ne prendre qu’un exemple (mais j’en ai plein d’autres) nous pouvons citer l’harmonisation des interfaces des différents services publics, sur ce point le DSFR (Système de Design de l’État) a mis les mains dans le cambouis en réalisant des « starter kit » pour les développeurs.

Quels sont les défis éthiques et les questions de responsabilité liées à l’adoption de technologies émergentes et comment les aborder de manière responsable ?

La question est abyssale, on pourrait y consacrer des pages entières. En 1967, Philippa Foot a touché du doigt une question devenue extrêmement concrète avec son « dilemme du tramway ». Ce qui était alors un exercice de pensée est devenu une véritable problématique des chercheurs travaillant sur les systèmes autonomes. Sur ce point, les ingénieurs ne pourront pas répondre seuls à cette question, c’est au législatif, seul légitime démocratiquement, qu’il reviendra de prendre des décisions.

Encore une question pour laquelle l’innovation et le législatif devront apprendre à travailler de pair.

 

Propos recueillis par Mathilde Flory.

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