Savez-vous que le duel entre Gemini et ChatGPT ne se joue plus seulement sur la fluidité du langage, mais sur la nature même de la vérité qu’ils délivrent ? Le dernier baromètre Havas Market révèle un fossé béant entre les deux géants. Alors que Google privilégie un équilibre entre expertise de marque et autorité institutionnelle, OpenAI fait le pari d’une domination quasi totale des médias et du journalisme. Pour les entreprises, cette divergence impose une double stratégie de visibilité.
L’analyse de 11 000 réponses à travers douze secteurs d’activité montre que la visibilité numérique n’est plus une question de notoriété, mais de légitimité aux yeux des modèles de langage (LLM).
Apparaître en tête des résultats de recherche Google ne garantit donc plus d’être cité par les assistants conversationnels, qui redessinent totalement la chaîne de recommandation.
Gemini adopte une stratégir hybride : expertise, médias et institutions en premier
Entre septembre 2025 et janvier 2026, Google Gemini a opéré une mutation profonde de son moteur informationnel.
Si les sites officiels des entreprises restent une source majeure, leur part est tombée de 46 % à 35 %.
Parallèlement, Gemini continue toujours de solliciter les acteurs de l’automobile, de la finance ou de l’énergie, mais il ne leur accorde plus le monopole de la parole.
Pour compenser ce recul, l’IA de Google mise désormais sur l’essor des médias, qui représentent 29 % des sources citées.
Dans des secteurs comme la tech, la cuisine ou les voyages, l’algorithme privilégie des guides éditoriaux comme Marmiton ou Allociné, jugés plus concrets que les sites de marques.
En même temps, la caution institutionnelle grimpe à 23 % pour les sujets sensibles liés à la santé ou à l’immobilier, où Gemini s’appuie sur la crédibilité administrative de plateformes comme Service-public.fr ou Ameli.
Et bien que discrets à 14 %, les distributeurs comme Leroy Merlin s’imposent comme des référentiels de comparaison incontournables dans le bricolage.
La « monoculture » éditoriale de ChatGPT
À l’opposé, ChatGPT adopte une philosophie radicale en puisant 70 % de ses informations dans les sites d’actualité, les guides et les tutoriels.
Cette dépendance au contenu éditorial grimpe même à 90 % dans des domaines comme la mode ou l’automobile. Des secteurs où l’assistant d’OpenAI se repose quasi exclusivement sur le journalisme. Et surtout le contenu grand public tel que Wikipédia ou la presse spécialisée.
Pourtant, cette hyper-spécialisation éditoriale marginalise drastiquement les autres canaux de diffusion.
Les sites de marques s’effondrent alors à 18 % des citations. Tandis que les sources institutionnelles publiques et les distributeurs deviennent presque invisibles. Ce qui représente respectivement seulement 5 % et 7 % des sources.
Concrètement, une requête sur l’énergie orientera l’utilisateur vers un article de fond du journal Le Monde plutôt que vers les plateformes officielles des fournisseurs d’énergie.
Don't use Perplexity or ChatGPT for market research.
— God of Prompt (@godofprompt) December 19, 2025
I tested Gemini 3.0 and it's on a whole different level for data analysis.
Here are 5 prompts that turn it into your research team:
(Comment "Gem" and I'll DM you my Gemini Mastery Guide for free) pic.twitter.com/jltthB1Fe9
Quel serait alors l’impératif pour les marques pour apparaitre sur Gemini et ChatGPT ?
Pour Nathalie Bajeux, CEO d’Havas Market, ce changement de paradigme est brutal. La chaîne de visibilité des marques est redéfinie et les plus connues ne sont plus nécessairement celles qui émergent.
La survie numérique dépend désormais de la capacité d’une marque à produire des contenus jugés exploitables. Et surtout légitimes aux yeux ces modèles de langage.
L’enjeu n’est plus seulement d’exister sur le web, mais d’être compris et recommandé par l’IA. Dont Googe Gemini et ChatGPT d’OpenAI.
Alors, pour éviter de disparaître des radars conversationnels, les entreprises doivent dorénavant concevoir des stratégies de contenu différenciées. Donc des approches qui s’adaptent aux spécificités algorithmiques de chaque plateforme. Pourquoi ? Parce que la légitimité rédactionnelle prime désormais sur la puissance publicitaire.
- Partager l'article :
