Trois IA différentes ont réussi à construire une application complète, illustrant comment l’IA peut révolutionner le développement sans coder.
Dans un monde où l’intelligence artificielle redéfinit la manière dont les logiciels sont conçus, une expérience récente publiée par CNET apporte un exemple concret. Désormais, nous entrons dans le vif du vibe coding où l’on peut construire une application web complète sans écrire une seule ligne de code soi-même.
L’expérience qui fait parler
Dans un article intitulé “I Vibe‑Coded an App With 3 Popular Chatbots. The Real Winner Is a Good Prompt” sur CNET, l’auteur raconte comment il a construit une liseuse numérique personnalisée baptisée Tome Reader à l’aide de trois chatbots d’IA (Gemini de Google, Claude d’Anthropic et ChatGPT d’OpenAI) sans compétences en programmation traditionnelle.
Plutôt que d’écrire le code à la main, il a itéré entre les modèles :
- Gemini pour poser l’architecture de base et résoudre des problèmes techniques initiaux comme la lecture vocale.
- Claude pour affiner l’expérience utilisateur, notamment en limitant les effets sonores afin d’éviter d’« inonder » l’utilisateur.
- ChatGPT pour exécuter le prompt final et générer la structure web complète, notamment le code HTML et les fonctionnalités attendues.
Le résultat ? Une application fonctionnelle construite à partir d’un prompt très détaillé, et surtout l’idée que le vrai gagnant de l’expérience n’est pas un modèle IA en particulier, mais la qualité du prompt lui‑même.
L’IA au cœur de la révolution low‑code et no‑code
Ce type d’expérimentation n’est pas isolé. Selon Fortune Business Insights, le marché mondial des plateformes low‑code (incluant no‑code) était évalué à environ 48,9 milliards USD en 2026. Les projections indiquent qu’il pourrait atteindre plusieurs centaines de milliards d’ici 2034.
Cette adoption massive montre que les entreprises cherchent à créer des applications sans coder. Avec l’arrivée des IA collaboratives, le vibe coding pourrait accélérer cette tendance et transformer le développement logiciel traditionnel.
Aujourd’hui, plus de 70 % des nouvelles applications et projets d’entreprise utilisent des technologies low‑code ou no‑code. Ce qui accélère le passage de l’idée à la mise en production et illustre l’adoption massive de ces approches.
Et ce n’est pas uniquement le domaine du prototypage. L’intégration d’IA aux plateformes no‑code pourrait porter leur marché à plus de 24 milliards de dollars d’ici 2030. Cela reflète la confiance croissante des entreprises dans ces outils.
De l’IA comme outil à l’IA comme collaborateur
Ce qui rend l’expérience du vibe coding particulièrement intéressante, c’est que l’IA n’est plus simplement un outil d’assistance qui suggère des bouts de code ou des idées. Elle devient un véritable collaborateur, capable de comprendre et d’exécuter des missions complexes à partir d’un langage naturel précisé par l’utilisateur.
Le journaliste de CNET n’automatise pas uniquement les tâches. Il demande aux IA de coopérer, de se relayer et de s’améliorer mutuellement au fil des prompts.
Cette évolution se reflète ailleurs aussi. La startup Replit, au centre du développement assisté par IA, prévoit, par exemple, d’atteindre environ 1 milliard de dollars de revenus d’ici fin 2026. Cette croissance rapide est liée à ses outils d’assistance de code alimentés par l’IA.
Le vibe coding, un truc de geeks ? Pas forcément
— Julien Reb (@JulienReb85) March 9, 2026
Ma fille , qui fait déjà un peu de WordPress en #VDL, vient de tester le vibe coding avec #Claude pour créer un outil
On l’a mis en home page et on l’a associé à un blog WordPress (/blog) pour faire de la VDL.
L’idée est simple…
La qualité du prompt comme nouvelle compétence clé
L’une des leçons majeures de cette expérience est claire : la compétence la plus déterminante n’est pas la maîtrise d’un langage de programmation. Elle réside plutôt dans la capacité à formuler un prompt riche, complet et précis.
Dans l’expérience CNET, des prompts bien structurés ont permis aux versions gratuites des IA d’obtenir des résultats quasi identiques à ceux des versions payantes. De quoi démontrer l’efficacité potentielle d’un prompt bien conçu.
Cette transformation pose de nouvelles questions pour l’éducation technologique, la formation des product managers, des designers, et même des décideurs non techniques.
Dans un avenir où les prompts deviennent des compétences critiques, comprendre comment dialoguer avec l’IA pourrait être aussi important que comprendre JavaScript ou Python aujourd’hui.
Un avenir sans code? Pas tout à fait
Même si le vibe coding et les plateformes no‑code/low‑code bouleversent les méthodes traditionnelles, les experts soulignent que l’IA ne remplace pas encore totalement les ingénieurs logiciels. Des vérifications de qualité, des tests, et des structures de sécurité restent essentiels, notamment dans les environnements critiques.
Mais ce mouvement complète plutôt qu’il ne remplace, transformant le rôle des développeurs vers plus d’architecture, de supervision et d’optimisation.
L’expérience des trois IA, une application, zéro code montre que l’IA est en train de redessiner les frontières du développement logiciel. Alors que ce courant ne cesse de gagner en maturité, il pourrait bien définir une nouvelle façon de concevoir, plutôt que de coder, notre futur numérique.
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