La maison-mère de Claude négocie actuellement une levée de fonds qui porterait sa valorisation entre 850 et 900 milliards de dollars. Pour vous donner une idée, c’est presque le poids de Samsung Electronics. Mais ne vous y trompez pas : derrière ces chiffres lunaires, les investisseurs n’achètent pas seulement un chatbot performant, ils s’offrent une assurance sur l’infrastructure du futur.
La trajectoire d’Anthropic ressemble à une ligne droite vers le ciel. En février dernier, la boîte était valorisée à 380 milliards de dollars. Deux mois plus tard, elle a plus que doublé.
Son revenu annualisé tourne désormais autour de 30 milliards de dollars, un bond colossal quand on sait qu’elle affichait 10 milliards sur l’ensemble de l’année 2025.
Les investisseurs appliquent un multiple de 30 fois le chiffre d’affaires. C’est hors-norme. À titre de comparaison, Samsung Electronics pèse environ 975 milliards de dollars en bourse, mais pour un chiffre d’affaires annuel de 280 milliards.
Parallèlement, une introduction en bourse (IPO) est déjà murmurée pour le mois d’octobre prochain.
Ce que les investisseurs achètent vraiment
Avec un tel multiple, on n’achète plus un produit, on achète une prophétie. Le marché parie qu’une poignée de laboratoires (Anthropic, OpenAI) contrôlera l’infrastructure logicielle de la prochaine décennie, exactement comme les opérateurs télécoms ont régné sur les années 2000.
Cependant, l’histoire appelle à la prudence. On se souvient de la bulle internet où tout le monde pensait que des entreprises comme Cisco ne cesseraient de grimper.
Résultat : Cisco a mis vingt-cinq ans à retrouver son cours de mars 2000. Aujourd’hui, les revenus d’Anthropic ne justifient pas techniquement ce prix. C’est le potentiel hégémonique qui fait chauffer les chéquiers.
Le bouclier défensif de Google et Amazon
Si les sommes sont si folles, c’est aussi parce que les investisseurs ne sont pas des fonds de pension classiques, mais des géants qui jouent leur survie.
Cela dit, Google a engagé jusqu’à 40 milliards de dollars. Et Amazon a misé jusqu’à 25 milliards.
Pour eux, l’investissement est purement défensif. Ils hébergent Claude sur leurs infrastructures Cloud et ne peuvent pas se permettre de voir Anthropic tomber dans l’escarcelle de Microsoft, qui finance déjà grassement OpenAI.
C’est comme une prise de garantie pour rester dans la course, coûte que coûte.
💣 On vient d'assister à un basculement historique de l'IA.
— VISION IA (@vision_ia) April 18, 2026
Anthropic (Claude) a dépassé OpenAI (ChatGPT) en valorisation.
Valorisation implicite sur le marché secondaire : 1 000 milliards de dollars.
Et le CEO vient de lâcher une bombe en direct à la télé américaine. 🧵 pic.twitter.com/n9fNWeBuad
Claude Mythos serait-il le joyau caché que l’on ne verrait pas encore ?
Le moteur de cette confiance s’appelle peut-être Claude Mythos Preview. Dévoilé début avril, ce modèle est devenu la légende urbaine la plus concrète de la Silicon Valley.
Il est si performant pour débusquer des failles de sécurité qu’Anthropic refuse de le commercialiser pour éviter les usages malveillants.
Mythos a en effet identifié 271 bugs dans Firefox en quelques jours seulement, une tâche qui aurait demandé des mois de travail humain chez Mozilla.
L’accès est verrouillé via le Project Glasswing, un programme ultra-sélectif réservé à une quarantaine de partenaires comme Microsoft, Cisco, Apple, Mozilla et Google.
C’est ce type de technologie critique qui justifie, aux yeux de certains, une valorisation proche du billion.
Un pari risqué face à une concurrence qui casse les prix
Si le pari fonctionne pour Google et Amazon (qui sécurisent leur infrastructure), il est beaucoup plus incertain pour les fonds d’investissement entrant à 900 milliards.
Pour qu’ils s’y retrouvent, Anthropic devra générer des dizaines de milliards de bénéfices avec des marges très élevées.
Mais le problème, c’est que le marché s’accélère et se fragmente. Les modèles concurrents comme ChatGPT (OpenAI), Gemini (Google) ou Llama (Meta) rattrapent leur retard technique.
Parallèlement, l’offensive chinoise avec des modèles comme Kimi, Qwen ou DeepSeek fait s’effondrer les prix de l’intelligence artificielle.
Anthropic devra alors prouver que Claude n’est pas seulement excellent, mais indispensable.
Et vous, pensez-vous qu’une entreprise puisse réellement valoir 30 fois son chiffre d’affaires quand ses concurrents directs commencent déjà à casser les prix de la technologie ?
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