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Sexe et IA : ce que révèle l’étude Gleeden-Ifop

Sexe et IA : étude Gleeden-Ifop

Les usages sexuels et affectifs de l’intelligence artificielle prennent de l’ampleur en France, notamment chez les jeunes. L’enquête Ifop pour Gleeden révèle des pratiques nouvelles.

L’intelligence artificielle ne se limite plus à l’assistance professionnelle ou à la productivité. Une nouvelle enquête Ifop/Gleeden révèle comment elle pénètre la sphère intime des Français. En particulier chez les jeunes, l’IA devient un outil de séduction, de conseil sexuel et d’épanouissement personnel. Mais cette appropriation soulève des questions éthiques et relationnelles de plus en plus pressantes.

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Des liens virtuels qui flirtent avec la dépendance

Parmi les utilisateurs de chatbots compagnons, plus de la moitié reconnaissent avoir déjà développé une forme de dépendance. Le phénomène touche aussi bien les hommes (54 %) que les femmes (49 %). Les interactions à caractère érotique ou pornographique avec l’IA, quant à elles, sont identifiées comme addictives par 38 % des personnes les ayant expérimentées. Un chiffre qui grimpe à 52 % chez les hommes de moins de 35 ans, particulièrement friands de ces supports.

Au-delà de la relation individuelle, ces pratiques peuvent impacter la vie conjugale. Près de 46 % des personnes ayant déjà eu recours à une IA érotique ont avoué avoir préféré une interaction virtuelle à un rapport sexuel avec leur partenaire. Un glissement qui questionne la frontière entre intimité réelle et numérique.

Sexe et IA : étude Gleeden-Ifop

Une appropriation générationnelle et genrée

Si les usages sexuels de l’IA restent minoritaires dans l’ensemble de la population (8 % à 11 %), ils sont déjà bien ancrés chez les moins de 35 ans. Un jeune homme sur cinq affirme avoir eu des échanges romantiques ou sexuels avec un chatbot. Pour cette génération, l’IA devient un outil relationnel à part entière : 39 % l’utilisent pour séduire, 44 % pour gérer des relations, et 39 % pour recevoir des conseils sexuels.

L’étude souligne également une appropriation plus émotionnelle de ces outils chez les jeunes femmes. Nombreuses sont celles qui utilisent l’IA dans des moments de fragilité psychologique. Elles s’en servent aussi pour enrichir la vie de couple, par exemple pour chercher des idées de cadeaux ou trouver un soutien moral. Cette étude Ifop pour Gleeden a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 19 novembre 2025 auprès d’un échantillon de 2 603 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Sexe et IA : étude Gleeden-Ifop

Une technologie à fort potentiel mais clivante

L’enquête montre que 40 % des Français envisagent d’utiliser l’IA pour séduire, et 35 % pour obtenir des conseils sexo. Ces intentions grimpent à plus de 60 % chez les jeunes. Toutefois, les usages masturbatoires restent très genrés. 25 % des hommes y sont favorables, contre 9 % des femmes. Des plateformes comme Lustlab ou Candy.ai facilitent cette exploration, souvent perçue comme masculine, urbaine et libérale.

Enfin, des clivages politiques et sociaux apparaissent. Les sympathisants de gauche et les urbains montrent une plus grande ouverture, tandis que certaines femmes perçoivent ces pratiques comme de véritables infidélités. Pour Clara Rovere, sociologue, « l’IA devient un miroir de nos désirs, mais aussi de nos peurs, nos normes et nos fractures sociales ».

Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.

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