L’enquête annuelle de Great Place To Work révèle une montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA), désormais perçue comme le premier risque professionnel par les actifs français.
L’intelligence artificielle n’est plus un sujet lointain pour les salariés français, mais une réalité qui s’installe massivement dans les bureaux. Selon l’étude « Great Insights 2026 – Dans la tête des salariés français », publiée ce mardi 20 janvier 2026 par Great Place To Work, cet outil numérique redéfinit les rapports au travail. Réalisée en décembre dernier auprès de 4 246 actifs, l’enquête montre que si l’épanouissement reste élevé, l’IA génère des crispations majeures sur la santé et les compétences.
Une intégration technologique à marche forcée
Le constat est sans appel : 58 % des employés estiment que les évolutions technologiques dictent désormais le changement interne. L’usage est déjà bien ancré puisque 59 % des sondés déclarent utiliser des outils d’IA générative.
Pourtant, un décalage persiste entre la pratique et l’encadrement. 38 % des salariés rapportent avoir vécu des modifications concrètes dans leurs méthodes de travail durant l’année écoulée, mais 43 % déplorent une absence totale d’accompagnement de la part de leur direction.
La confiance envers les ressources humaines pour piloter ces transitions est d’ailleurs particulièrement faible, plafonnant à seulement 15 %.
L’IA devient la première source d’inquiétude
Pour la première fois, l’intelligence artificielle arrive en tête des risques perçus dans le secteur professionnel. Avec 32 % de citations, elle bondit de 13 points en un an, devançant désormais les difficultés de recrutement (28 %) et le burn-out (28 %).
Selon Jullien Brezun, directeur général de Great Place To Work, l’arrivée de l’IA a été plus lente dans la sphère professionnelle que dans la vie privée. Cela a créé des résistances marquées chez les plus de 35 ans et au sein du management.
Le risque de fracture numérique entre ceux qui maîtrisent l’outil et les autres est désormais une réalité concrète pour de nombreux actifs.
Santé mentale et surcharge cognitive
La santé mentale des travailleurs montre des signes de fragilité. 26 % des répondants affirment que leur métier a un impact négatif sur leur équilibre psychique, un chiffre en hausse de 4 points.
Plus préoccupant encore, 41 % des salariés déclarent avoir déjà vécu un épuisement professionnel. Ce taux explose chez les 15-24 ans, atteignant 58 %. Tiphaine Galliez, directrice consulting chez Great Place To Work, lie cette situation à une intensification de la charge de travail. Elle souligne que déléguer les tâches simples à l’IA pourrait paradoxalement aggraver les choses. En effet, en ne conservant que les tâches complexes, les salariés s’exposent à une surcharge cognitive accrue.
Un désir d’implication chez les jeunes actifs
Malgré ces tensions, l’engagement reste une valeur forte. 76 % des salariés disent s’épanouir et 81 % estiment que leur poste leur permet de donner le meilleur d’eux-mêmes. Contrairement aux idées reçues, la jeune génération affiche une volonté de s’impliquer : 71 % des moins de 35 ans souhaitent prendre plus de responsabilités, principalement pour progresser professionnellement. À l’inverse, le malaise gagne le management intermédiaire, où 26 % des cadres s’interrogent aujourd’hui sur le sens profond de leur mission quotidienne.
- Partager l'article :

