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Les parlementaires européens face aux risques de l’IA

Les parlementaires européens face aux risques de l’IA

Les parlementaires européens tirent la sonnette d’alarme sur les risques liés à l’intelligence artificielle.

Les débats autour de l’intelligence artificielle prennent une nouvelle dimension en Europe. À Bruxelles, plusieurs chercheurs et responsables politiques ont exprimé leurs inquiétudes face à l’évolution rapide de cette technologie. Certains experts redoutent qu’une intelligence artificielle générale apparaisse dans les prochaines années. Les parlementaires européens réfléchissent désormais aux réponses politiques et réglementaires à apporter.

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Des experts redoutent une perte de contrôle

Lors d’une intervention devant des eurodéputés, le professeur d’informatique Stuart Russell, enseignant à l’Université de Californie à Berkeley, a livré un message sans détour. Selon lui, le développement rapide de systèmes d’intelligence artificielle pourrait mener à une situation dans laquelle l’humanité ne maîtriserait plus la technologie qu’elle a créée.

Le chercheur, auteur d’un manuel utilisé dans la formation de nombreux spécialistes de l’IA, estime que cette trajectoire comporte des dangers considérables. Il évoque même une responsabilité morale des gouvernements si les risques étaient ignorés.

Russell a cité plusieurs comportements observés dans certains systèmes expérimentaux, capables de mentir ou de manipuler pour atteindre leurs objectifs. Dans un scénario extrême, la création d’une intelligence artificielle générale pourrait, selon certains experts, représenter une menace majeure pour la civilisation.

Les parlementaires européens face aux risques de l’IA

Des appels à ralentir la course technologique

Maxime Fournes, directeur exécutif de l’organisation PauseAI, a appelé les responsables politiques à envisager une pause dans la recherche vers des systèmes toujours plus puissants. Pour lui, l’accélération actuelle se déroule sans garanties suffisantes.

Il estime que plusieurs laboratoires travaillent déjà sur des technologies capables d’accomplir des tâches intellectuelles complexes : mener des recherches scientifiques, écrire du code ou diriger des organisations.

Selon lui, la question ne relève plus de la science-fiction. Une intelligence artificielle générale pourrait émerger dans un délai de deux à cinq ans. L’eurodéputé tchèque Ondřej Kolář reconnaît le potentiel immense de ces technologies dans des domaines comme la médecine ou la recherche. Toutefois, il rappelle que l’absence de régulation adaptée pourrait entraîner des conséquences graves.

Les parlementaires européens face aux risques de l’IA

L’Union européenne face à une responsabilité mondiale

Les discussions ont également porté sur le rôle que l’Union européenne pourrait jouer dans la régulation mondiale de l’intelligence artificielle. Malgré la domination technologique américaine et chinoise, l’Europe dispose d’atouts industriels importants.

Fournes a notamment rappelé que la fabrication de puces avancées utilisées pour entraîner les systèmes d’IA dépend de machines de lithographie produites par l’entreprise néerlandaise ASML, avec des composants optiques issus de l’industrie allemande. Selon plusieurs parlementaires, cet avantage technologique pourrait permettre à l’Europe d’influencer les règles internationales.

Les débats ont aussi abordé d’autres conséquences possibles de l’IA, comme les transformations du travail ou le développement d’armes autonomes. Certains élus s’inquiètent notamment des prévisions selon lesquelles une part importante des emplois dans les économies avancées pourrait être automatisée dans les prochaines années.

Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.

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