Uber vient d’annoncer une nouveauté majeure. Pour arrondir leurs fins de mois, les chauffeurs peuvent désormais effectuer des tâches numériques entre deux courses. En clair, ils sont payés pour former les modèles d’intelligence artificielle de l’entreprise. Une stratégie astucieuse… mais les chauffeurs vont-ils y adhérer ?
Chaque attente entre deux clients n’est donc plus une perte de temps. Les chauffeurs Uber peuvent maintenant se transformer en travailleurs de données pour l’IA.
L’application propose d’ailleurs des « tâches numériques » pour leur permettre de gagner quelques dollars supplémentaires, directement depuis leur voiture.
Votre chauffeur est désormais un « Data Worker »
Ces micro-tâches sont variées et dépendent des besoins d’apprentissage de l’IA. Elles incluent :
- L’enregistrement de l’audio dans certaines langues ou avec des accents précis ;
- Le saisi des documents ou des informations dans différentes langues ;
- Et la soumission des photos spécifiques.
Le salaire dépend de la complexité. Par exemple, The Verge rapporte que la simple mise en ligne d’un menu en espagnol peut rapporter un dollar. Plus la tâche est technique, plus la rémunération est élevée.
La flexibilité au service de la compétition
Uber place ce programme au centre de sa stratégie. L’entreprise veut devenir « la plateforme la plus flexible sur laquelle travailler », selon le PDG Dara Khosrowshahi.
Cette initiative soutient directement Uber AI Solutions. Elle permet surtout à Uber de concurrencer des acteurs majeurs comme Scale AI et Mechanical Turks d’Amazon, qui fournissent des données humaines pour entraîner l’IA générative.
C'est passé un peu inaperçu mais cette news concernant Uber est ultra dystopique.
— Tahzio 📻 (@Tahzio) October 18, 2025
En bref : ça va payer des gens pour faire des "micro-tâches" afin d'améliorer leur modèle d'IA.
Genre prendre une photo, parler une langue spécifique etc… pic.twitter.com/e7gOA1LgAB
Un pilote similaire a déjà été testé avec succès en Inde, où les chauffeurs ont pu gagner de petites sommes en répondant à des invites dans l’application.
Uber a d’ailleurs renforcé son pôle IA en rachetant Segments AI plus tôt ce mois-ci, une start-up spécialisée dans la conduite autonome.
Le gros doute : les chauffeurs vont-ils suivre ?
Aussi bénéfique que ce programme puisse être pour l’entreprise, une grande interrogation demeure, les chauffeurs seront-ils intéressés ?
Dans le passé, de nombreuses plaintes ont éclaté concernant les bas salaires. La part élevée prise par Uber sur les livraisons et les courses rend souvent le revenu final peu attractif. La question est donc de savoir si ces petites tâches suffiront à motiver la majorité.
Le programme a été annoncé en même temps que d’autres améliorations de l’application. Uber introduit notamment une nouvelle carte thermique pour mieux orienter les conducteurs vers les zones à forte demande.
L’entreprise étend également des fonctionnalités pour donner aux conductrices un meilleur contrôle sur leurs courses.
Même si un porte-parole d’Uber affirme que les tâches d’IA ne seront pas utilisées pour développer des véhicules autonomes, l’entreprise montre clairement son intérêt à étendre son offre grâce à l’intelligence artificielle. C’est une tendance à surveiller de près dans l’économie des plateformes.
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