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Les géants IT indiens secoués par l’offensive d’Anthropic

La promesse d’une automatisation massive signée Anthropic a suffi à affoler les marchés. En Inde comme aux États-Unis, les valeurs informatiques décrochent lourdement.

La vague est partie des États-Unis avant de frapper l’Inde de plein fouet. À l’origine, une série d’outils d’IA lancés par Anthropic, capables selon leurs promoteurs d’automatiser des fonctions clés du conseil, du juridique et de l’analyse de données. Les investisseurs, eux, ont réagi sans attendre.

La chute brutale des géants IT indiens en Bourse

Mercredi 4 février 2026, les marchés indiens ont brutalement décroché, dans le sillage d’un repli déjà observé aux États-Unis.Tata Consultancy Services, première capitalisation informatique du pays, a perdu près de 7 %. Le titre a terminé à 33,16 dollars, soit 2 999,90 roupies, selon Forbes.

Infosys a suivi la même trajectoire, avec une baisse de 7,37 %. Son action s’est établie à 16,91 dollars, l’équivalent de 1 534 roupies. HCLTech a chuté de 4,58 %, tandis que Tech Mahindra et Wipro ont respectivement reculé de 4,52 % et 3,79 %.Ce mouvement collectif a lourdement pesé sur le Nifty IT, l’indice sectoriel de la Bourse nationale indienne, qui a clôturé en baisse de 5,9 %.

Au-delà des écrans, la secousse a touché les grandes fortunes. Shiv Nadar, fondateur de HCL, a vu sa fortune diminuer d’environ 1 milliard de dollars. Elle s’établit désormais à 34,9 milliards, selon Forbes. Une séance noire, révélatrice d’une nervosité croissante face aux mutations rapides du secteur.

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Pourquoi les outils d’Anthropic inquiètent les investisseurs

À l’origine de cette fébrilité, une série d’outils d’intelligence artificielle dévoilés par Anthropic ces dernières semaines. Le mois dernier, l’entreprise a lancé sa plateforme de coworking Claude, enrichie depuis par de nouveaux plugins. Ces modules ciblent des tâches juridiques, commerciales, marketing et financières. Ils couvrent notamment la révision de contrats, l’analyse de notes juridiques ou encore la création de modèles financiers.

Selon Forbes, leur efficacité réelle reste discutée, toutefois le signal envoyé aux marchés reste clair. Les investisseurs redoutent une automatisation à bas coût de missions clés, aujourd’hui facturées par les sociétés de services informatiques. Un analyste cité par Reuters souligne que les entreprises indiennes apparaissent particulièrement exposées, car ces outils pourraient remplacer des tâches de développement et de test réalisées par des techniciens juniors.

À cette inquiétude s’ajoute l’annonce d’un nouvel outil d’IA signé Palantir. La solution automatise la migration de données depuis des systèmes existants. Or, ce service constitue un pilier pour les acteurs indiens, souligne le quotidien Mint.

L’onde de choc s’étend aux logiciels américains

La secousse n’a pas respecté les frontières. Mercredi, les grandes valeurs américaines du logiciel et des services ont aussi vacillé sous l’effet des mêmes craintes. Adobe a perdu 7,31 %, tandis que Salesforce a cédé 6,85 %, d’après Forbes. Cognizant, spécialiste du conseil informatique, a chuté de 10,14 %, quand Accenture a abandonné 9,6 %. Le secteur des données et du juridique a subi un choc encore plus marqué. RELX, maison mère de LexisNexis, a plongé de 14,1 %, alors que Thomson Reuters a décroché de 15,8 %.

Face à cette nervosité, Jensen Huang, PDG de Nvidia, a tenté de calmer le jeu lors d’un événement Cisco à San Francisco. Selon lui, l’IA ne remplace pas les logiciels, elle renforce leur utilité, qualifiant les craintes actuelles d’absurdes, comme rapporté par Forbes.

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