La pépite française ne joue plus dans la cour des petits. Mais au Forum économique mondial de Davos, le CEO Arthur Mensch a lâché une bombe. Mistral AI prévoit de alors de franchir la barre symbolique du milliard d’euros de revenus dès cette année.
L’ascension de Mistral AI défie toutes les lois de la gravité entrepreneuriale. Présent dans les couloirs feutrés de Davos, Arthur Mensch a affiché une confiance inébranlable devant les journalistes de Bloomberg.
Le cofondateur de la startup a confirmé que l’entreprise est en bonne voie pour dépasser le milliard d’euros de revenus à la fin de l’année 2026.
C’est un saut quantique par rapport aux 300 millions d’euros de revenus annuels récurrents (ARR) revendiqués en septembre dernier.
Mais pour réussir ce pari, Mistral s’appuie sur un modèle économique désormais diversifié et robuste.
Et les revenus affluent grâce à la location de ses modèles d’IA aux entreprises et aux abonnements à « Le Chat Enterprise« , son assistant conversationnel professionnel.
Le grand public n’est pas en reste avec les offres premium qui séduisent de plus en plus d’utilisateurs individuels.
Mistral AI 🇫🇷 devient la 1ère décacorne française à 12 milliards €
— MoneyRadar (@MoneyRadar_FR) September 9, 2025
La pépite française de l'IA vient de boucler une levée de fonds de 1,7 milliard €, dont 1,3 milliard injecté par ASML qui devient le principal actionnaire avec 11% du capital.
La valorisation a été multipliée… pic.twitter.com/zUk9bKkxiS
Un trésor de guerre d’un milliard pour racheter la concurrence
Mais la croissance organique ne suffit plus à l’appétit de la licorne tricolore. Arthur Mensch a révélé que Mistral AI est officiellement entrée dans une phase de « processus » de croissance externe.
L’entreprise provisionne actuellement un milliard d’euros pour ses dépenses d’investissement (Capex), une somme colossale prête à être déployée.
Le dirigeant a précisé qu’ils étaient « en train de regarder quelques opportunités », sans toutefois nommer de cibles précises.
Cette stratégie d’acquisition marque un tournant majeur : Mistral AI passe du statut de proie potentielle à celui de prédateur sur le marché.
Forte d’une valorisation de 11,7 milliards d’euros depuis l’entrée au capital du géant néerlandais ASML, la société a les moyens de ses ambitions.
Elle cherche désormais à consolider sa position technologique ou géographique en absorbant d’autres acteurs innovants.
Le rempart européen face à Trump et à la Chine
Au-delà des milliards d’euros de revenus prévus, c’est la souveraineté de l’Europe qui se joue à travers la réussite de Mistral et de ses modèles.
Dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les frictions entre le Vieux Continent et l’administration Trump, l’indépendance technologique est devenue vitale.
Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne, a rappelé à Davos l’urgence de ne pas dépendre d’un seul pays pour des technologies critiques.
De son côté, Arthur Mensch s’est posé en garant de cette autonomie, tout en alertant sur les forces en présence.
Il a notamment qualifié de « leurre » l’idée d’un retard technologique de la Chine sur les États-Unis.
Selon lui, les capacités de l’open source chinois sont redoutables et inquiètent déjà les PDG américains.
Et en visant le milliard de revenus, Mistral AI ne cherche pas seulement la rentabilité, mais la puissance nécessaire pour exister dans ce nouvel ordre mondial numérique.
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