OpenAI, pilotée par Sam Altman, a intensifié ses démarches financières en vue d’une introduction en Bourse historique à Wall Street, planifiée pour septembre prochain. En collaborant activement avec les banques Goldman Sachs et Morgan Stanley, l’entreprise derrière ChatGPT tente de déposer son projet de prospectus dès ce vendredi afin de devancer son rival Anthropic et de contrer la méga-introduction de SpaceX (SpaceXAI) d’Elon Musk auprès des investisseurs institutionnels.
Mais après avoir levé le montant record de 200 milliards de dollars en tant que firme privée, OpenAI s’apprête à franchir le pas de l’introduction en Bourse (IPO) avec une valorisation cible vertigineuse de plus de 1 000 milliards de dollars.
Pour Sam Altman, ce coup d’accélérateur ne doit rien au hasard. Il s’agit d’une manœuvre hautement stratégique pour couper l’herbe sous le pied de son principal concurrent, Anthropic, qui planifiait initialement son entrée sur les marchés pour le mois d’octobre.
Être le premier à sonner la cloche de Wall Street offre à OpenAI un accès prioritaire aux liquidités des investisseurs institutionnels et des particuliers, avant que l’effet de rareté ne s’estompe.
La rentabilité d’Anthropic face aux gouffres d’OpenAI
Si OpenAI s’assure la victoire du calendrier, la réalité comptable du terrain dessine une tout autre dynamique, érigeant Anthropic en véritable vainqueur moral de ce duel de titans.
Le coup d’arrêt de ChatGPT face à l’explosion de Claude
Sur le plan de la croissance brute, la dynamique a changé de camp. Les fuites récentes indiquent qu’OpenAI ne parvient plus à atteindre ses objectifs internes de progression du chiffre d’affaires ni ses cibles d’acquisition de nouveaux utilisateurs.
À l’inverse, Anthropic traverse une phase de croissance explosive : l’entreprise a officiellement informé ses investisseurs que son chiffre d’affaires pour le deuxième trimestre va atteindre 10,9 milliards de dollars. Une performance spectaculaire qui représente plus du double des 4,8 milliards de dollars enregistrés au cours des trois premiers mois de l’année.
Des premiers bénéfices immédiats face à un gouffre financier jusqu’en 2030
La fracture comptable entre les deux start-ups est encore plus saisissante concernant la rentabilité opérationnelle.
Anthropic est sur le point d’afficher son tout premier trimestre rentable, affichant fièrement un bénéfice d’exploitation de 559 millions de dollars pour ce deuxième trimestre.
De son côté, la start-up de Sam Altman est incapable de dégager des marges positives à court terme. OpenAI ne prévoit donc pas de générer ses premiers bénéfices avant 2030.
Et l’entreprise reste structurellement déficitaire et ultra-dépendante des levées de fonds pour maintenir son infrastructure à flot.
La folie des grandeurs d’OpenAI à plus de 2 000 milliards de dollars
Pour espérer atteindre la rentabilité à la fin de la décennie, OpenAI s’est engagée dans une course aux armements d’une démesure totale.
L’entreprise prévoit d’investir plus de 600 milliards de dollars exclusivement dans la puissance de calcul et l’expansion de ses activités d’ici 2030.
Pire encore, Sam Altman a structuré des plans à long terme imposant d’injecter plus de 1 400 milliards de dollars dans des infrastructures physiques.
À l’opposé, Dario Amodei applique une politique d’investissement proportionnelle et maîtrisée pour Anthropic, évitant de se lier à des dépenses d’infrastructures cloud et de puces hors de contrôle.
OpenAI is reportedly preparing to file confidential IPO paperwork in the coming days or weeks, possibly as early as this Friday. The company is working with major investment banks including Goldman Sachs and Morgan Stanley on the process.
— Pirat_Nation 🔴 (@Pirat_Nation) May 21, 2026
It was recently valued at around $852… pic.twitter.com/pFjylXEae3
Le bras de fer avec Elon Musk et le bouclier SpaceXAI
L’offensive boursière d’OpenAI s’articule également autour d’un conflit d’intérêts direct avec Elon Musk.
Ce dernier vient d’ essuyer un revers judiciaire majeur. Le jury d’un tribunal a rejeté la plainte de Musk, estimant qu’OpenAI ne pouvait être tenue légalement responsable d’avoir dévié de sa mission philanthropique initiale, tout en jugeant le délai de prescription dépassé.
Sur le plan financier, Musk réplique en orchestrant l’introduction en Bourse de SpaceX (qui héberge depuis février 2026 les modèles IA Grok et les centres de données de xAI sous l’entité SpaceXAI).
Prévue pour le 12 juin, cette IPO vise une levée de fonds historique de 75 milliards de dollars, valorisant l’entreprise aérodynamique à 1 750 milliards de dollars (la plus importante de tous les temps).
En déposant son dossier dès maintenant, OpenAI espère saturer le marché et dissuader les fonds d’investissement de flécher l’intégralité de leurs capitaux vers l’écosystème de Musk.
Les vulnérabilités structurelles d’OpenAI en Bourse
Malgré sa force de frappe, la firme de Sam Altman s’avance vers les marchés publics dans une posture de fragilité technique et financière.
OpenAI a dû concéder une coentreprise dont elle est l’actionnaire principal pour sécuriser ses partenaires en capital-risque. En échange de l’intégration de ChatGPT dans les centaines d’entreprises de leurs portefeuilles, OpenAI doit leur verser un pourcentage annuel garanti de 17,5 % de son chiffre d’affaires.
Des fuites récentes révèlent d’ailleurs que le développeur de ChatGPT n’a pas atteint ses objectifs internes en matière d’acquisition de nouveaux utilisateurs et de progression du chiffre d’affaires.
La restructuration d’OpenAI, qui a dû créer une entité à but lucratif parallèlement à son association historique et couper dans ses branches les plus coûteuses pour plaire au marché, pourrait en effet s’avérer insuffisante.
Liée par des obligations financières massives et un calendrier ultra-agressif, la start-up s’expose aujourd’hui à une correction boursière immédiate à la moindre déception technologique ou au premier ralentissement de sa croissance.
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