Selon les révélations de Semafor, OpenAI travaillerait sur une version spécifique de ChatGPT pour les Émirats arabes unis. Ce nouveau serait conçu pour refléter scrupuleusement les valeurs religieuses. Mais aussi les sensibilités politiques et les restrictions de liberté d’expression de la monarchie.
Ce projet, mené en collaboration avec la holding émiratie G42, se présente avant tout comme une rupture avec l’approche universaliste adoptée jusqu’ici par OpenAI.
Destinée prioritairement au gouvernement des Émirats, cette version « nationale » vise à intégrer l’IA au cœur de l’administration tout en respectant le cadre législatif et culturel local.
“On ne va pas ré-entraîner nos modèle”
Pour réaliser cette adaptation, OpenAI ne repart pas de zéro. L’entreprise n’a pas prévu de ré-entraîner ses modèles fondamentaux, mais utilise une technique de post-training.
Ce procédé permet d’ajouter une couche de données supplémentaire par-dessus le modèle existant afin d’en affiner le comportement.
Le premier enjeu du déploiement de ce ChatGPT national est alors linguistique. Autrement dit, il va offrir une fluidité parfaite dans le dialecte arabe spécifique aux Émirats, souvent mal interprété par les IA généralistes.
Le se cond enjeu est par contre idéologique. Et c’est d’aligner les réponses de l’IA sur la ligne politique officielle du pays.
Le système pourrait ainsi informer l’utilisateur qu’une discussion enfreint les lois locales lorsqu’un sujet interdit ou sensible est abordé.
The UAE has just made history as the first country to provide free ChatGPT Plus access to all its residents.
— Sara Alhosani (@SarahMAlhosani) May 27, 2025
This groundbreaking step comes through a major partnership between G42 and OpenAI, under the Stargate UAE project aimed at building the world’s largest artificial… pic.twitter.com/ipmxeT3WFB
Un précédent stratégique pour le marché mondial
Si cette information est confirmée, il s’agirait de la première version de ChatGPT localisée sur des critères extra-techniques.
Et bien qu’OpenAI prévoie de maintenir l’accès à sa version standard aux Émirats, cette version modifiée pose la question de la fragmentation de l’IA.
À terme, l’IA pourrait ne plus être une vérité universelle. Mais plutôt un miroir des lois et des religions de chaque pays client.
Les défis de la censure et les alternatives
Censurer un grand modèle de langage (LLM) reste cependant un défi technique complexe. Et le caractère imprévisible des réponses et les techniques de « jailbreaking » (déblocage forcé par les internautes) constituent des failles permanentes pour les autorités souhaitant un contrôle total.
Pour les utilisateurs refusant une IA bridée ou censurée, le recours aux modèles open source fonctionnant localement sur PC reste la principale alternative pour préserver une liberté d’interaction totale.
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