Vous avez peut-être déjà imaginé ce scénario impossible. Que dirait un esprit du passé face à nos technologies actuelles ? Vincent Fauchoux, avocat spécialiste de l’innovation, a transformé cette hypothèse en pièce de théâtre. Son œuvre s’intitule Le Serment de Leonardo. Elle a été présentée récemment au Club des industries culturelles et créatives.
L’histoire débute en 1516 quand Léonard de Vinci traverse les Alpes à dos de mulet. Il transporte alors ses chefs-d’œuvre vers la France.
Soudain, un orage éclate et provoque un bug spatio-temporel. Le génie de 63 ans atterrit brutalement dans le Paris d’aujourd’hui. Il se retrouve au cœur d’un incubateur d’intelligence artificielle.
Le choc des époques : humanisme contre transhumanisme
Nous assistons alors à une confrontation fascinante. Léonard rencontre Sam, un entrepreneur ambitieux et sans scrupules.
Sam lui présente « Connected Neurons ». C’est un projet d’implants cérébraux visant à créer l’Homme Digital Augmenté. Et son objectif est de dominer l’IA avant qu’elle ne nous domestique.
Mais le maître florentin résiste. Pour l’auteur de l’Homme de Vitruve, l’humain est la mesure de toute chose.
Il refuse cette tentative de devenir un « Homo Deus » et dénonce les risques d’une telle dérive technologique. Pourtant, son propre passé le rattrape.
Son apprenti Salaï lui rappelle d’ailleurs ses propres contradictions. Autrement dit, Léonard n’a-t-il pas conçu des machines de guerre meurtrières ?
Un avertissement éthique pour notre temps
Cette mise en abyme vous concerne directement. Vincent Fauchoux utilise Léonard comme un miroir tendu à notre époque.
Le maître de la Renaissance n’était pas un saint. Pourtant, il a parfois laissé sa fascination pour la technique écraser ses principes moraux.
Il a collaboré avec des mécènes douteux comme César Borgia. Leonard de Vinci a même imaginé des chars à faux pour faucher les corps.
Si un tel génie a pu s’égarer, vous devez redoubler de vigilance aujourd’hui. L’enthousiasme pour l’IA ne doit jamais faire oublier l’éthique et les droits fondamentaux.
Que nous enseigne ce maître visionnaire de la Renaissance pour penser les défis technologiques d’aujourd’hui ? C’est la question centrale du « Serment de Leonardo », une pièce aussi inspirante que stimulante signée par Me Vincent Fauchoux.
— Le Point (@LePoint) December 22, 2025
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Le génie dépasse l’algorithme
Vous vous demandez si l’IA surpasse Léonard de Vinci. L’auteur est formel : le génie humain reste très supérieur.
L’intelligence artificielle procède par recombinaison de données existantes. Léonard, lui, ouvrait des voies entièrement nouvelles.
Il inventait par intuition et observation, comme le fameux sfumato et créait au-delà des cadres établis. L’IA ne sait pas encore accomplir cela.
Cependant, Léonard ne rejetterait pas l’outil en bloc. C’est plutôt sa curiosité légendaire qui prenait le dessus.
Et de son point de vue, De Vinci voudrait disséquer les algorithmes comme il disséquait les corps humains. Cela afin de chercher à comprendre l’architecture intime de la machine.
L’immortalité n’est pas dans le code
La pièce aborde enfin votre rapport à la mort. Le personnage de Sam reprend les thèses techno-optimistes de la Silicon Valley.
Il voit la technologie comme une libération de l’âme et rêve d’une victoire sur la mort. C’est une vision proche de celle de Marc Andreessen ou d’Elon Musk avec Neuralink.
Face à cela, l’auteur oppose une vision plus poétique et cite Stefan Zweig. La seule vraie immortalité est celle de la création artistique.
L’IA peut aider, mais l’humain doit rester au centre du jeu. Vous devez préserver votre finitude pour garder votre humanité.
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