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54 % des jeunes s’informent via réseaux sociaux et IA

Un jeune sur deux ne passe plus par les médias traditionnels pour s’informer.
Réseaux sociaux, plateformes vidéo et outils d’IA conversationnelle deviennent les nouveaux intermédiaires de l’actualité, selon l’Arcom.

Jamais les Français n’ont autant affirmé s’intéresser à l’actualité, et pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à s’en détourner. Les réseaux sociaux et l’IA restent des relais majeurs de l’information, en particulier chez les moins de 25 ans, selon une étude de l’Arcom menée en 2025.

54 % des moins de 25 ans s’informent via réseaux sociaux et IA

D’après le dernier baromètre de l’Arcom, les usages informationnels connaissent un basculement générationnel mesurable. Les réseaux sociaux, plateformes vidéo et outils d’IA conversationnelle constituent la première source d’information pour 54 % des moins de 25 ans. Ce même ensemble de canaux concerne aussi près d’un Français sur cinq, tous âges confondus.

L’étude repose sur un échantillon de 3 377 personnes interrogées. Facebook, X, TikTok, YouTube ou Twitch figurent parmi les points d’entrée privilégiés. ChatGPT et Copilot complètent désormais cet écosystème informationnel. Face à ces usages, les médias traditionnels conservent toutefois un socle solide. La télévision, radio et presse écrite restent la référence principale pour 62 % de la population.

Néanmoins, cette domination historique recule progressivement. Chez les jeunes, l’information se consomme de façon fragmentée et personnalisée. L’actualité s’intègre aussi à des usages de divertissement ou de recherche utilitaire. Ce glissement structurel interroge directement la place des médias classiques. La hiérarchie des sources évolue, sous l’effet des algorithmes et de la recommandation automatisée.

YouTube video

Fatigue informationnelle : 26 % des Français s’informent moins

Au-delà des usages, les analyses de l’Arcom révèlent une lassitude croissante face à l’actualité. 26 % des personnes interrogées déclarent s’informer moins qu’auparavant. Ce chiffre progresse de 4 points par rapport à 2023. Près de la moitié des répondants évoquent une actualité perçue comme trop négative ou anxiogène.

30% dénoncent une impression de répétition des contenus. Malgré cette érosion partielle, l’intérêt pour l’information demeure très élevé. 94 % des Français affirment conserver un intérêt pour l’actualité. 92 % indiquent consulter des informations chaque jour.

Ces résultats soulignent une tension persistante entre saturation informationnelle et besoin de compréhension. Présentée lors d’un colloque au Sénat consacré à la liberté d’expression et au pluralisme, l’étude rappelle l’importance du cadre démocratique. Les médias traditionnels conservent ainsi un rôle central, même si leurs usages évoluent rapidement sous la pression numérique.

Agents conversationnels : une menace directe pour la visibilité de l’info

L’essor de l’IA générative soulève des inquiétudes économiques majeures pour les médias. Une étude menée pour le ministère de la Culture et l’Arcom évoque des risques majeurs. Les agents conversationnels fournissent des réponses directes aux utilisateurs. Ce fonctionnement réduit l’accès aux sources originales. Les modèles d’IA s’appuient sur de vastes volumes de données en ligne, incluant des contenus de presse.

Cette mécanique pourrait entraîner une baisse significative du trafic vers les sites d’information. À terme, les revenus publicitaires et les abonnements subiraient une fragilisation durable. L’enquête, menée principalement en ligne entre le 16 juin et le 23 juillet 2025, insiste sur un enjeu stratégique.

La domination algorithmique complique la visibilité de l’information journalistique. La valeur économique du contenu éditorial se retrouve questionnée. Ce constat alimente les débats publics sur la régulation, la transparence algorithmique et la protection durable du pluralisme médiatique européen. Ces enjeux concernent citoyens, rédactions et  institutions.

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