L’agent IA Bobbi traite désormais une partie des demandes non urgentes adressées à deux forces de police britanniques. Accessible à toute heure, il repère aussi les échanges qui nécessitent l’intervention rapide d’un opérateur humain.
Depuis novembre 2025, deux forces de police britanniques testent un interlocuteur pour les demandes non urgentes. Baptisé Bobbi, cet agent IA répond à toute heure, dans plusieurs langues, puis oriente les citoyens vers le bon service. Sa mission est surtout de traiter les questions simples sans remplacer les policiers lorsqu’une situation exige une intervention humaine. Le dispositif vise aussi à réduire la pression sur les standards téléphoniques.
Un canal discret pour les demandes non urgentes
Thames Valley Police et Hampshire & Isle of Wight Constabulary recevaient chaque année près de 400 000 appels consacrés au suivi de dossiers. Beaucoup voulaient connaître l’avancée d’une affaire. L’attente pouvait atteindre 24 minutes, sans garantie de réponse précise.
Bobbi offre une autre voie d’accès. Disponible via un portail sécurisé, l’outil traite 200 conversations par jour. Il répond aux questions courantes et oriente chaque demande. Ce canal peut aussi aider ceux qui hésitent à téléphoner. Selon les deux forces, 45 % des demandes sont résolues sans agent humain. Elles estiment avoir récupéré 3 290 heures de travail.
Des limites précises contre les réponses hasardeuses
L’agent repose sur 91 articles validés par les services de police. Sa base technique associe Agentforce Public Sector, Data 360 et MuleSoft, reliés à NicheRMS. Il ne consulte pas Internet et ne puise aucune information hors de cette base. Ses réponses restent limitées à 350 mots. Bobbi ne peut ni déposer une plainte, ni déclencher seul une intervention.
Les garde-fous concernent surtout les échanges sensibles. Lorsqu’un message évoque des violences conjugales, du harcèlement ou une agression sexuelle, le système avertit un superviseur. Le citoyen peut alors rejoindre un opérateur par messagerie. Celui-ci reçoit la transcription, un résumé et les éléments déjà partagés.
Tom Boyd, responsable produit numérique du projet, explique que l’IA doit absorber les demandes simples. Les équipes humaines gardent la main sur les cas qui réclament écoute, jugement et action.
Des échanges qui n’auraient parfois jamais commencé
Les premiers mois montrent l’intérêt de ce canal écrit. Une mère a pu vérifier si les faits vécus par son fils relevaient d’une infraction et trouver les démarches adaptées. Un adolescent de 16 ans, incapable d’appeler les secours lors d’une crise familiale, a décrit sa situation à Bobbi. Le risque a été détecté, puis l’échange transmis à un opérateur.
L’outil affiche une note moyenne de 4,6 sur 5. Chaque jour, il repère au moins un cas à haut risque. Deux situations liées aux violences faites aux femmes et aux filles sont orientées vers les équipes humaines. Bobbi ne remplace pas le contact avec la police. Il sert de sas numérique pour répartir les demandes et aider ceux qui hésitent à solliciter la police.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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