Alors que Naïma Moutchou était initialement pressentie pour occuper le portefeuille de l’Intelligence artificielle (IA) et du Numérique, c’est finalement Anne Le Hénanff qui hérite du poste. Sa nomination est survenue après une semaine de rebondissements politiques, consécutive à la chute du précédent exécutif.
Anne Le Hénanff succède ainsi à Clara Chappaz, restée un peu plus d’un an à la tête de ce ministère délégué.
Elle sera désormais rattachée à Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, en remplacement d’Éric Lombard.

Qui est Anne Le Hénanff, la nouvelle ministre de l’IA et du Numérique ?
Députée du groupe Horizons & Indépendants, proche d’Édouard Philippe, Anne Le Hénanff siège à l’Assemblée nationale depuis 2022.
Peu connue du grand public, elle s’est imposée comme une figure du numérique parlementaire, alliant expertise technique et engagement politique.
Avant d’entrer en politique, elle a mené une carrière de formatrice et consultante dans le numérique. Cela tout en occupant la fonction d’adjointe au maire de Vannes en charge des systèmes d’information et de la communication.
À l’université de Bretagne Sud, elle a également dirigé la chaire Cybersécurité. Ce qui renforçe sa légitimité sur les questions de sécurité numérique.
#Gouvernement | Sur proposition du Premier ministre, le président de la République a nommé madame Anne Le Henanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle,… pic.twitter.com/CYYweReJn7
— Ministère de l'Économie et des Finances (@Economie_Gouv) October 13, 2025
Une spécialiste en cybersécurité et en régulation du numérique
Durant son mandat parlementaire, Anne Le Hénanff a activement contribué à plusieurs travaux de fond sur les enjeux technologiques.
Elle a notamment corédigé un rapport sur la loi SREN (sécuriser et réguler l’espace numérique). C’est-à-dire le texte clé pour encadrer les grandes plateformes et renforcer la protection des utilisateurs.
Anne Le Hénanff a aussi été rapporteuse thématique sur la résilience des infrastructures critiques et la cybersécurité.
Sinon, elle tenait le poste de vice-présidente du groupe d’études sur l’économie et la souveraineté numériques.
Ses missions flash sur la transformation cyber du ministère des Armées et sur la cyberdéfense nationale témoignent de son implication sur les sujets stratégiques liés à la sécurité numérique.
Quelle place pour l’IA et le numérique dans le gouvernement Lecornu II ?
Sous Lecornu I, le portefeuille du numérique et de l’intelligence artificielle devait devenir un ministère de plein exercice. Il doit également englober la transformation et la fonction publique.
Mais dans la nouvelle architecture gouvernementale, ces compétences restent intégrées à Bercy. Ce qui traduit une approche plus économique et industrielle du numérique.
Le maintien du numérique dans le giron de l’Économie confirme la volonté du gouvernement de lier innovation, souveraineté technologique et croissance.
Cette réorganisation suscite toutefois des interrogations sur la visibilité politique de l’IA, alors même que la France ambitionne de devenir un acteur majeur dans ce domaine stratégique.
Une nomination qui survient après une pression prolotique
Avant de s’atteler à ses nouvelles fonctions, Anne Le Hénanff devra passer l’épreuve de la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu. Celle-ci est prévue le 14 octobre à l’Assemblée nationale.
Le gouvernement Lecornu II, encore fragile, pourrait être confronté à une motion de censure qui mettrait en péril sa stabilité.
Si le remaniement venait à échouer, le passage d’Anne Le Hénanff au ministère du Numérique pourrait être aussi bref que symbolique.
Mais en cas de maintien, cette nomination pourrait marquer une nouvelle étape dans la stratégie française autour de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité.
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