Clap de fin pour Mr. Deepfakes : une fermeture lourde de sens

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Le site porno IA le plus controversé d’internet vient de disparaître, sans préavis ni retour possible. Derrière cette fermeture brutale, une nouvelle loi américaine qui fait trembler tout le marché des deepfakes sexuels.

Le site Mr. Deepfakes, connu pour héberger des contenus pornographiques générés par IA sans le consentement des personnes représentées, a cessé ses activités. Créé en 2018, il s’était imposé comme le plus gros portail de deepfakes sexuels en ligne. Des célébrités comme des anonymes y voyaient leurs visages collés à des corps dans des scènes pornographiques fictives.

Dans cet article, nous analysons les raisons de cette fermeture, le cadre légal qui encadre désormais ces contenus, ainsi que les impacts de cette disparition sur la régulation des deepfakes sexuels à l’échelle mondiale.

En bref

  • Le site a cessé ses activités début mai 2025
  • La évoquait la perte d’un prestataire de service critique et une perte de données, avec impossibilité de redémarrer.
  • Le TAKE IT DOWN Act a été adopté par le Congrès fin avril 2025 puis signé le 19 mai 2025, ce qui en fait un jalon fédéral majeur contre les images intimes non consenties, y compris générées par IA. 
  • L’obligation de retrait sous 48 heures existe bien, mais son application FTC a démarré le 19 mai 2026, avec lancement du portail TakeItDown.ftc.gov.
  • En France, l’article 226-8-1 prévoit 2 ans d’emprisonnement et 60 000 € d’amende pour le montage sexuel diffusé sans consentement.

Fermeture brutale de Mr. Deepfakes et adoption du Take it Down Act

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Le site a surpris ses visiteurs par un message affiché en haut de page : « Un prestataire de services clé a mis fin à notre accès. Une perte de données rend impossible toute poursuite de l’activité. »

Avant d’ajouter : « Nous ne relancerons pas. Ce domaine expirera bientôt. » Cette fermeture de Mr. Deepfakes intervient sans avertissement, mais dans un climat juridique très tendu.

Quelques jours avant cette fermeture, le Congrès américain a adopté le Take it Down Act, une loi portée par Melania Trump. Ce texte rend illégal le fait de publier sciemment des images sexuelles non consenties, y compris des deepfakes générés par IA.

Les plateformes ont désormais 48 heures pour retirer ces contenus après signalement par les victimes. Cette initiative marque l’un des premiers encadrements fédéraux face aux dérives de l’IA dans le domaine sexuel.

Fermeture définitive de Mr Deepfakes : un tournant dans la régulation des deepfakes

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Le site Mr Deepfakes, longtemps considéré comme l’une des plus grandes plateformes de pornographie deepfake non consentie, a suspendu ses activités de manière définitive.

Cette fermeture fait suite au retrait du soutien d’un prestataire de services essentiels, entraînant une perte de données qui rend toute reprise impossible.

Une note publiée sur la page d’accueil indique que le site ne sera pas relatif et que le domaine expire prochainement.

Auparavant, la plateforme constituait un point central pour créer, télécharger et partager des contenus deepfake sans autorisation, mettant en lumière les lacunes réglementaires autour de cette technologie.

L’impact d’un site au cœur des dérives IA

Henry Ajder, spécialiste reconnu des deepfakes, souligne que Mr. Deepfakes représentait un « nœud central » de cette industrie. Il estime que les communautés concernées trouveront d’autres espaces, mais qu’aucun ne sera aussi visible.

« On commence à prendre ces dérives au sérieux », affirme-t-il à CBS News. Il insiste sur la nécessité de rester vigilants : « Nous aurons toujours besoin de ressources et d’attention sur ces enjeux. »

Le sénateur Ted Cruz, co-auteur du projet de loi avec Amy Klobuchar, s’est engagé après avoir entendu le témoignage d’Elliston Berry.

À seulement 14 ans, cette adolescente avait vu un deepfake sexuel d’elle circuler sur Snapchat. Ce drame personnel a accéléré le soutien bipartisan autour de la loi. Cruz espère qu’elle évitera d’autres traumatismes et dissuadera les créateurs de contenus non consentis.

fermeture Mr. Deepfakes

Une réponse juridique plus ferme dans les pays-cibles

États-Unis

Le cadre fédéral s’est durci avec le TAKE IT DOWN Act. Depuis le 19 mai 2026. La FTC peut maintenant recevoir des plaintes contre les plateformes qui ne mettent pas en place un mécanisme de demande de retrait ou qui ne retirent pas les contenus concernés dans le délai prévu.

France

En France, la loi SREN du 21 mai 2024 a renforcé la répression des deepfakes sexuels. L’article 226-8-1 du code pénal vise la diffusion d’un montage à caractère sexuel réalisé avec l’image ou la voix d’une personne sans son consentement, avec une peine de 2 ans d’emprisonnement et 60 000 € d’amende. 

Union européenne

L’AI Act européen impose des obligations de transparence, notamment un marquage lisible ou visible pour certains contenus générés par IA, y compris les deepfakes. Les amendes varient selon la nature de l’infraction et le chiffre d’affaires de l’acteur concerné.

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé en janvier 2025 une nouvelle infraction visant la création de deepfakes sexuellement explicites sans consentement

Le texte précise que les personnes reconnues coupables encourent une amende illimitée. Le pays avait déjà renforcé la répression du partage ou de la menace de partage d’images intimes, y compris les deepfakes.

Australie

L’Australie a aussi déjà montré une application concrète de ces règles. L’eSafety Commissioner a obtenu une pénalité de 343 500 dollars australiens contre Anthony Rotondo pour publication de deepfakes de femmes australiennes, dans une affaire reliée à MrDeepFakes.com.

Ce que les victimes peuvent faire maintenant

Les recours deviennent plus concrets qu’auparavant. Aux États-Unis, TakeItDown.ftc.gov permet de signaler les plateformes qui ne respectent pas leurs obligations de retrait sur les images et vidéos intimes non consenties.

En Australie, l’eSafety Commissioner rappelle également que les victimes d’image-based abuse, y compris les deepfakes, peuvent demander aide, accompagnement et retrait des contenus. 

L’autorité indique avoir retiré plus de 85 % des contenus d’abus d’images signalés sur le dernier exercice cité.

Des critiques dénoncent des risques de censure

Certaines organisations alertent sur les dangers potentiels de la loi. Selon elles, ce texte pourrait censurer des contenus pourtant légitimes.

L’Associated Press rapporte que des militants craignent des suppressions injustifiées de contenus LGBTQ+, d’œuvres artistiques ou de critiques politiques. Cette controverse montre que l’encadrement des deepfakes reste un chantier sensible.

La fermeture de Mr. Deepfakes ne met pas fin à la pratique des deepfakes pornographiques. D’autres sites prendront sans doute le relais.

Cependant, cette disparition montre un début de réaction institutionnelle face à une technologie qui échappait encore à toute régulation. La vigilance reste de mise pour éviter de nouvelles dérives.

Le portail anti-deepfake de la FTC

 
Il apparaît qu’une avancée majeure bouscule le paysage numérique américain. Le 19 mai 2026, l’institution fédérale a lancé TakeItDown.ftc.gov

Ce portail centralisé permet de dénoncer les plateformes récalcitrantes publiquement. Les victimes signalent directement les sites ignorant les demandes d’effacement. Ce guichet unique simplifie grandement les démarches juridiques complexes.

Et en parallèle, le syndicat SAG-AFTRA pousse le projet de loi NO FAKES Act. Cette proposition législative vise à interdire les répliques numériques frauduleuses. L’objectif est de bloquer l’usurpation d’identité avec une efficacité redoutable.

Solutions techniques et outils de prévention contre les deepfakes non consentis

La diffusion de deepfakes sexuels non consentis est une menace. Heureusement, il existe aujourd’hui des solutions techniques et bonnes pratiques pour se protéger et limiter les risques.

Plusieurs technologies d’intelligence artificielle permettent d’identifier les images et vidéos manipulées. Parmi elles, Deepware Scanner permet de détecter les vidéos deepfake à partir de fichiers locaux.

Sensity AI propose aussi une plateforme professionnelle pour analyser et signaler les contenus manipulés en ligne.

Quant à Reality Defender, il propose un outil grand public et professionnel pour vérifier l’authenticité des vidéos et images.

Enfin, Microsoft Video Authenticator analyse les médias pour fournir une estimation de la probabilité qu’un contenu ait été manipulé. Pour se protéger, il est conseillé de:

  • signaler immédiatement tout contenu non autorisé aux plateformes concernées via leurs formulaires officiels,
  • conserver les preuves telles que captures d’écran et liens URL pour faciliter les actions légales,
  • limiter la diffusion de données personnelles en ligne, notamment des photos et vidéos pouvant être utilisées pour générer des deepfakes,
  • surveiller régulièrement sa présence en ligne avec des alertes ou des outils spécialisés afin de détecter d’éventuels contenus non autorisés.

FAQ

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Qu’est-ce que Mister Deepfakes ?

Mister Deepfakes diffusait des vidéos pornographiques générées par intelligence artificielle. Les personnes visées n’avaient donné aucun accord préalable. Il faut savoir que le site a fermé le 4 mai 2025. Les pressions légales américaines ont eu raison de ses serveurs. Cette disparition symbolise le début d’une vraie régulation technologique mondiale

Qui était ciblé par ces trucages ?

Les criminels visaient des célébrités et de parfaits anonymes. Ils collaient leurs visages sur des corps d’acteurs pornographiques. Les victimes ont subi des traumatismes psychologiques extrêmement graves. Les plateformes bafouaient systématiquement tous leurs droits fondamentaux. Les nouvelles lois tentent de réparer toutes ces injustices

Comment se défendre contre ces montages non désirés ?

Les experts conseillent de signaler immédiatement le contenu illicite aux plateformes. Des outils de détection par IA aident à prouver la fraude. Les autorités locales disposent de procédures judiciaires très accélérées. En France, la loi SREN facilite énormément les poursuites pénales. Des services spécialisés accompagnent les victimes pour effacer les traces.

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