Le site porno IA le plus controversé d’internet vient de disparaître, sans préavis ni retour possible. Derrière cette fermeture brutale, une nouvelle loi américaine qui fait trembler tout le marché des deepfakes sexuels.
Le site Mr. Deepfakes, connu pour héberger des contenus pornographiques générés par IA sans le consentement des personnes représentées, a cessé ses activités. Créé en 2018, il s’était imposé comme le plus gros portail de deepfakes sexuels en ligne. Des célébrités comme des anonymes y voyaient leurs visages collés à des corps dans des scènes pornographiques fictives.
Le site a surpris ses visiteurs par un message affiché en haut de page : « Un prestataire de services clé a mis fin à notre accès. Une perte de données rend impossible toute poursuite de l’activité. » Avant d’ajouter : « Nous ne relancerons pas. Ce domaine expirera bientôt. » Cette fermeture de Mr. Deepfakes intervient sans avertissement, mais dans un climat juridique très tendu.
Quelques jours avant cette fermeture, le Congrès américain a adopté le Take it Down Act, une loi portée par Melania Trump. Ce texte rend illégal le fait de publier sciemment des images sexuelles non consenties, y compris des deepfakes générés par IA. Les plateformes ont désormais 48 heures pour retirer ces contenus après signalement par les victimes. Cette initiative marque l’un des premiers encadrements fédéraux face aux dérives de l’IA dans le domaine sexuel.
L’impact d’un site au cœur des dérives IA
Henry Ajder, spécialiste reconnu des deepfakes, souligne que Mr. Deepfakes représentait un « nœud central » de cette industrie. Il estime que les communautés concernées trouveront d’autres espaces, mais qu’aucun ne sera aussi visible. « On commence à prendre ces dérives au sérieux », affirme-t-il à CBS News. Il insiste sur la nécessité de rester vigilants : « Nous aurons toujours besoin de ressources et d’attention sur ces enjeux. »
Le sénateur Ted Cruz, co-auteur du projet de loi avec Amy Klobuchar, s’est engagé après avoir entendu le témoignage d’Elliston Berry. À seulement 14 ans, cette adolescente avait vu un deepfake sexuel d’elle circuler sur Snapchat. Ce drame personnel a accéléré le soutien bipartisan autour de la loi. Cruz espère qu’elle évitera d’autres traumatismes et dissuadera les créateurs de contenus non consentis.
En 2025, la réaction politique et juridique face aux dérives des deepfakes sexuels ne se limite plus aux initiatives individuelles de sénateurs américains. Si Ted Cruz et Amy Klobuchar avaient joué un rôle moteur dans l’adoption du Take it Down Act, la dynamique s’est élargie. Aux États-Unis, plusieurs États fédérés ont renforcé leur législation pour criminaliser plus clairement la diffusion de contenus sexuels générés par IA sans consentement.
L’Union européenne a également introduit des dispositions spécifiques dans le cadre de l’AI Act, imposant aux plateformes un retrait rapide de ce type de contenu. Le Royaume-Uni et l’Australie ont suivi la même tendance, en intégrant les deepfakes pornographiques dans leurs lois sur la cybercriminalité et la protection de la vie privée. Cette internationalisation de la régulation marque un tournant. Les deepfakes sexuels ne sont plus traités comme une simple dérive technologique, mais comme une violation grave des droits fondamentaux nécessitant une réponse coordonnée.
Des critiques dénoncent des risques de censure
Certaines organisations alertent sur les dangers potentiels de la loi. Selon elles, ce texte pourrait censurer des contenus pourtant légitimes. L’Associated Press rapporte que des militants craignent des suppressions injustifiées de contenus LGBTQ+, d’œuvres artistiques ou de critiques politiques. Cette controverse montre que l’encadrement des deepfakes reste un chantier sensible.
La fermeture de Mr. Deepfakes ne met pas fin à la pratique des deepfakes pornographiques. D’autres sites prendront sans doute le relais. Cependant, cette disparition montre un début de réaction institutionnelle face à une technologie qui échappait encore à toute régulation. La vigilance reste de mise pour éviter de nouvelles dérives.
FAQ
Mister Deepfakes était un site diffusant des contenus pornographiques générés par IA sans le consentement des personnes représentées. Créé en 2018, il a été fermé en 2025 suite à des pressions légales liées aux deepfakes sexuels. Sa fermeture marque un tournant dans la régulation de ces technologies et suscite le développement de nouvelles lois et outils de protection
Les deepfakes sur Mister Deepfakes incluaient des célébrités et des anonymes. Les visages étaient superposés sur des scènes pornographiques fictives, sans autorisation. Cette pratique a entraîné des traumatismes et des violations de la vie privée, soulignant la nécessité d’une réglementation stricte et de protections juridiques pour les victimes.
Les victimes peuvent signaler les contenus aux plateformes concernées ou aux autorités locales, souvent via des procédures rapides prévues par la loi. Il existe également des outils IA de détection de deepfakes, ainsi que des services spécialisés dans le retrait de contenus intimes non autorisés sur internet, renforçant la prévention et la protection des victimes.
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