Claude Mythos Preview a identifié deux vulnérabilités mathématiques inédites dans des algorithmes de chiffrement réputés très robustes. Cette découverte marque une avancée importante pour l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la recherche en cryptographie.
Ces failles ne compromettent pas les systèmes actuellement déployés, mais elles montrent qu’une IA peut désormais contribuer à l’analyse théorique d’algorithmes considérés comme des références. Les travaux concernent HAWK, un candidat au chiffrement post-quantique, ainsi qu’une version simplifiée d’AES.
Une faiblesse découverte dans HAWK
La première découverte concerne HAWK, un algorithme de signature numérique présenté en 2022. Il fait partie des solutions étudiées par le National Institute of Standards and Technology (NIST) pour protéger les données face aux futurs ordinateurs quantiques, capables à terme de casser certains systèmes de chiffrement actuels.
Avec l’aide d’un chercheur d’Anthropic, Claude Mythos Preview a analysé pendant près de 60 heures la version HAWK-256, avec une intervention humaine limitée. Son objectif était de vérifier si l’algorithme présentait une faiblesse jusqu’alors inconnue.
Les concepteurs de HAWK estimaient qu’il faudrait tester environ 18,4 quintillions de combinaisons pour retrouver une clé secrète par force brute, un volume de calcul considéré comme hors de portée avec les moyens actuels. Claude Mythos Preview a toutefois découvert une approche mathématique permettant de ramener cet effort à environ 275 milliards de combinaisons, soit près de 70 milliards de fois moins.
Cette amélioration ne suffit pas à rendre HAWK vulnérable dans des conditions réelles. En revanche, elle montre que certaines hypothèses de sécurité étaient plus optimistes que prévu. Lors des tests, les chercheurs ont ainsi réussi à récupérer une clé secrète sur un simple serveur en seulement quelques heures.
Une nouvelle approche contre une version réduite d’AES
L’autre découverte concerne l’Advanced Encryption Standard (AES), l’algorithme de chiffrement symétrique utilisé depuis plus de vingt ans pour protéger des fichiers, des mots de passe ou encore de nombreuses transactions bancaires.
Les chercheurs ont soumis Claude Mythos Preview à une version simplifiée d’AES-128, limitée à sept tours de chiffrement au lieu des dix habituels. Dans un premier temps, le modèle n’a détecté aucune piste exploitable. Après trois jours d’échanges avec un chercheur et près d’un milliard de tokens consommés, il a finalement proposé une nouvelle technique d’attaque baptisée « Möbius Bridge ».
Cette méthode permet d’écarter 256 possibilités lors d’une étape clé du calcul. Sur cette version réduite d’AES, elle rend les meilleures attaques connues entre 200 et 800 fois plus efficaces qu’auparavant.
🤖 L’IA peut-elle casser la cryptographie des blockchains ?
— Cryptoast (@CryptoastMedia) July 29, 2026
🔐 Anthropic a utilisé une version inédite de Mythos Preview pour détecter des vulnérabilités dans plusieurs algorithmes cryptographiques.
Le modèle a affaibli HAWK, un système de signature résistant au quantique, et…
Des résultats surtout utiles à la recherche
Ces découvertes ne signifient pas que les systèmes actuels sont en danger. Anthropic souligne que les deux attaques restent essentiellement théoriques. Elles ne remettent pas en cause la sécurité des logiciels utilisés aujourd’hui.
Dans le cas de HAWK-256, retrouver une clé nécessite encore près de 275 milliards d’essais, une charge de calcul qui reste considérable. Pour AES, les contraintes sont encore plus importantes. L’attaque ne fonctionnerait qu’en disposant d’un nombre astronomique de textes chiffrés avec une même clé, une situation impossible à réunir dans des conditions réelles.
Les systèmes actuellement utilisés ne sont donc pas menacés par cette découverte. Ces recherches servent avant tout à mieux comprendre les limites de certains algorithmes. Elles ne remettent pas en cause la sécurité des infrastructures actuelles.
Une IA qui s’invite dans la recherche fondamentale
Anthropic estime que chacune de ces découvertes a mobilisé près de 100 000 dollars de ressources de calcul. L’entreprise indique également avoir suivi une procédure de divulgation responsable. Elle a informé les concepteurs des algorithmes ainsi que plusieurs chercheurs universitaires de ses découvertes. Anthropic a aussi partagé ces résultats avec des responsables gouvernementaux américains, notamment dans le cadre de sa collaboration avec la NSA.
Même si ces résultats restent académiques, ils illustrent une évolution importante. Jusqu’à présent, les modèles d’intelligence artificielle étaient surtout utilisés pour automatiser des tâches ou assister les développeurs. Avec Claude Mythos Preview, ils commencent aussi à participer à la découverte de nouvelles propriétés mathématiques. Cette avancée pourrait accélérer la recherche en cryptographie. Elle offre aux spécialistes de nouveaux outils pour renforcer les systèmes de chiffrement. Cela permet d’identifier et de corriger d’éventuelles faiblesses avant qu’elles ne soient découvertes par des attaquants.
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