Google Antigravity peut-il rivaliser, voire remplacer, Claude Code ?

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Google a profité de sa conférence I/O du 19 mai pour pousser sa nouvelle suite d’IA agentique : Antigravity. Parmi ses déclinaisons, la version en ligne de commande (CLI) défie directement le leader incontesté Claude Code d’Anthropic. Conçu pour le Vibe Coding, cet outil promet d’accélérer drastiquement la production logicielle. 

Après plusieurs jours de test intensif en conditions réelles, l’alternative de Google peut-elle bousculer le marché et remplacer Claude Code ?

Quatre déclinaisons pour un écosystème complet

L’offensive de Google s’articule autour d’une famille de quatre outils distincts. Chacun cible un public et un usage bien spécifiques :

  • Antigravity (Base) : destiné au grand public, il automatise les tâches simples sur ordinateur à l’aide d’agents (concurrent de Claude Cowork).
  • Antigravity IDE : un environnement de développement graphique complet pensé pour la programmation agentique.
  • Antigravity CLI : l’interface en ligne de commande pour terminaux, conçue pour les développeurs souhaitant coder à toute vitesse.
  • Antigravity SDK : une suite d’outils permettant de coder ses propres agents d’entreprise en Python.

C’est la version Antigravity CLI qui nous intéresse. Elle reprend le design de l’ancien Gemini CLI mais s’appuie désormais sur le moteur unifié d’Antigravity (harness). L’outil intègre également tous les standards du marché. Notamment la gestion des compétences (skills), le déploiement de sous-agents et le support des plugins.

Vitesse d’exécution, Gemini 3.5 Flash passe la seconde

Le véritable point fort d’Antigravity CLI réside dans le choix de son modèle linguistique. En exploitant Gemini 3.5 Flash, Google privilégie la vitesse brute plutôt que le raisonnement lourd. 

Les chiffres mesurés par l’organisme indépendant Artificial Analysis mettent en évidence un écart de performance spectaculaire.

  • Antigravity CLI (Gemini 3.5 Flash) : génère 277 tokens par seconde.
  • Claude Code (Claude Opus 4.8) : plafonne à 64 tokens par seconde.

Certes, le modèle de Google s’avère un peu moins performant sur les logiques pures que le fleuron d’Anthropic. 

Cependant, sa rapidité d’exécution offre un confort inédit. Le débit permet de générer des blocs de code entiers presque instantanément, optimisant la productivité quotidienne.

Sécurité et permissions : quatre modes au compteur

Sur la question de la sécurité, Google propose une gestion stricte mais parfois rigide. On doit en effet configurer notre terminal selon quatre modes de permissions bien définis :

  • Request-review : l’agent demande une validation manuelle avant chaque commande système.
  • Proceed-in-sandbox : l’IA exécute les commandes de manière autonome mais les isole dans un conteneur sécurisé.
  • Always-proceed : l’agent dispose d’un quartier libre total (équivalent de la commande de contournement –dangerously-skip-permissions).
  • Strict : une demande d’autorisation systématique est imposée pour la moindre action.

Sur ce terrain, Claude Code conserve une longueur d’avance. Son mode « auto » fait preuve d’une meilleure flexibilité. Il offre un compromis plus intelligent entre autonomie de l’agent et sécurité de la machine.

Le test pratique : une page web connectée en moins d’une minute

Pour évaluer les capacités concrètes d’Antigravity CLI, nous lui avons soumis un cas d’usage réel. L’objectif était de concevoir une application web locale faisant office de station météo domestique. 

L’IA devait ensuite se connecter à une instance locale Home Assistant, lister les capteurs de température des enceintes Amazon Echo (Alexa) et générer l’interface avec rafraîchissement automatique des données.

L’installation s’exécute via une simple ligne de commande :

# Pour Mac / Linux
curl -fsSL https://antigravity.google/cli/install.sh | bash
# Pour Windows
irm https://antigravity.google/cli/install.ps1 | iex

# Pour lancer l'outil
agy

Le résultat s’est révélé bluffant. En moins d’une minute, Antigravity CLI a scanné les entités connectées, proposé un mapping clair pour validation, puis livré le code d’une application 100 % fonctionnelle. L’interface graphique est en tout cas rudimentaire, mais le programme s’avère immédiatement exploitable.

La grille tarifaire reste encore floue et les quotassont plus restrictifs

Pour utiliser l’outil de Google, le passage par un abonnement payant est obligatoire, la version gratuite étant très limitée. La grille tarifaire se décline en quatre paliers, mais les quotas de jetons restent volontairement flous.

Formule d’abonnementTarif mensuelNiveau de quota de code
Plan Plus7,99 € / moisLimited (Insuffisant pour coder)
Plan Pro21,99 € / moisExpanded (Usage quotidien léger)
Plan Ultra 5x99,99 € / moisHigher (Recommandé pour les pros)
Plan Ultra 20x219,99 € / moisHighest (Usage intensif d’équipe)

Cette opacité représente le principal point noir de l’outil. Lors de nos tests, notre enveloppe avec le forfait AI Pro à 21 euros s’est vidée en moins d’une heure de programmation intensive. Pour éviter d’être bloqué en pleine session de travail, je vous recommande de vous orienter vers l’offre Ultra à 100 euros par mois.

Le verdict 

Antigravity CLI s’impose comme une alternative très sérieuse à Claude Code pour 80 % des tâches courantes de programmation. Sa vitesse d’exécution change la donne sur de longues sessions de travail.

Cependant, il affiche encore quelques lacunes de jeunesse. On regrette l’absence d’une commande permettant de compacter le contexte pour économiser les tokens, ainsi que le manque de souplesse sur les permissions automatiques.

Pour les architectures hautement complexes, Claude Code conserve sa couronne. Mais la donne pourrait changer rapidement. Google a déjà annoncé l’intégration prochaine du modèle Gemini 3.5 Pro au sein de sa CLI. Une fois cette mise à jour déployée, le duel avec Anthropic sera totalement relancé.

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