L’Union européenne impose de lourdes contraintes d’ouverture à Google sur la recherche et son système Android d’ici un an.
Bruxelles vient de porter un coup dur au modèle de Google. La Commission européenne vient d’imposer au géant américain des mesures inédites pour desserrer son emprise sur le mobile. Elle lui demande notamment de partager ses données de recherche et d’ouvrir Android aux intelligences artificielles rivales.
Bruxelles libère la recherche et Android pour les IA rivales
Deux mesures, un même objectif : rééquilibrer le rapport de force. La Commission exige d’abord que Google partage les données collectées par Google Search avec ses concurrents directs d’ici janvier 2027. Cette menace, déjà brandie en avril dernier, prend cette fois la forme d’une obligation ferme, pensée pour redonner un peu d’air aux moteurs de recherche alternatifs.
DMA: Bruxelles force Google à desserrer son emprise sur Android et Search pour favoriser les concurrents dans l'IA et la recherche en lignehttps://t.co/7jnFkhkjhF
— BFM (@BFMTV) July 16, 2026
Bruxelles vise aussi Android directement. Google devra accorder aux assistants IA tiers un accès complet aux fonctions clés de son système d’exploitation, sur téléphones comme sur tablettes. Mettre Gemini et ses concurrents à armes égales : c’est tout l’enjeu de cette décision.
Pour les utilisateurs européens, le changement se verra vite. Ils pourront par exemple définir l’assistant IA de leur choix comme assistant vocal par défaut, afin de faire une réservation ou de demander un itinéraire. Google a un an pour livrer la mise à jour d’Android qui rendra tout cela possible.
Google s’oppose et dénonce une menace pour la cybersécurité
La firme de Mountain View n’a pas tardé à réagir. Dans une déclaration à l’AFP, Kent Walker, président des affaires mondiales de la firme, a dénoncé cette décision. Selon lui, elle ignore les risques de sécurité liés à l’ouverture d’accès système sensibles à des applications tierces non validées par les fabricants.
Le partage forcé des données de recherche soulève également des inquiétudes chez Google concernant la protection de la vie privée. Kent Walker affirme que ces mesures risquent d’affaiblir la vie privée des citoyens, de mettre en péril le secret des affaires et de menacer la sécurité nationale. Pour Google, les constructeurs jouent un rôle de filtre sécuritaire qu’il ne faut pas casser.
La Commission européenne, elle, ne change pas de cap. Elle assure avoir anticipé ces problématiques de sécurité. Un responsable européen, resté anonyme, a précisé à la presse que les données partagées par Google Search seraient entièrement anonymisées. Les IA concurrentes devront aussi montrer patte blanche sur la sécurité, et payer Google pour accéder aux données.
Le Digital Markets Act continue de faire pression
Cette décision s’inscrit dans une procédure accélérée du Digital Markets Act (DMA), le règlement européen taillé pour empêcher les grandes plateformes de verrouiller leurs marchés. Cette procédure particulière ne permet pas de prononcer d’amende immédiate. Elle frappe, cependant, en plein cœur le modèle économique de Mountain View, bâti sur la publicité ciblée issue des requêtes de recherche.
Et les ennuis judiciaires ne s’arrêtent pas là pour Google en Europe. Ce mois-ci encore, le groupe a échoué à faire annuler en justice une amende record de 4,1 milliards d’euros datant de 2018, liée à l’installation forcée de Search sur Android. En septembre, la Commission lui avait déjà infligé 2,95 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne. Et selon des sources proches du dossier citées par l’AFP, une nouvelle amende DMA devrait tomber dès la semaine prochaine.
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