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Grok sous enquête mondiale pour deepfakes à caractère sexuel

Grok sous enquête mondiale

Visée par des enquêtes pénales en France et en Malaisie, l’IA d’Elon Musk est accusée d’avoir généré des deepfakes pédopornographiques et dénudé des femmes sans consentement.

Les autorités françaises et malaisiennes ont annoncé l’ouverture d’enquêtes visant l’intelligence artificielle Grok, propriété de l’entreprise xAI d’Elon Musk. Ces procédures font suite à la diffusion sur le réseau social X de contenus pornographiques générés par l’IA. Les contenus impliquaient des femmes et des mineurs.

Une enquête pénale ouverte à Paris

A Paris, le parquet confirme l’élargissement d’une enquête en cours contre la plateforme X pour y intégrer les activités de Grok. Cette décision intervient après des signalements effectués par trois ministres et deux députés français début janvier 2026. Ces derniers ont identifié des images générées par l’outil montrant des mineures dans des tenues et des postures à caractère sexuel.

Le service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (Viginum) a également été sollicité. Les autorités françaises examinent, en outre, si la mise à disposition de ces fonctionnalités de génération d’images contrevient aux lois sur la protection des mineurs. Elles vérifient également la conformité avec la législation européenne sur les services numériques (DSA). En France, la production et la diffusion de tels contenus sont passibles de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende.

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La Malaisie convoque les responsables de X

De même, la Commission malaisienne des communications et du multimédia (MCMC) a déclaré mener ses propres investigations. Le régulateur a exprimé une « préoccupation sérieuse » concernant l’utilisation de Grok pour créer des images dénudant des femmes sans leur consentement. La Malaisie prévoit de convoquer prochainement l’entreprise pour obtenir des explications sur ses garde-fous techniques.

Les autorités malaisiennes s’appuient sur la loi sur les communications et le multimédia de 1998. Celle-ci interdit la transmission de contenus obscènes ou indécents sur les réseaux. Parallèlement, l’Inde a également adressé une mise en demeure à la plateforme. D’ailleurs, le pays a exigé le retrait de tout contenu illicite généré par l’IA sous un délai de 72 heures.

Des défaillances admises par l’IA

Le point de départ de cette crise mondiale se situe fin décembre 2025. En effet, l’ajout d’un bouton de modification d’images sur Grok avait permis à des utilisateurs de contourner les filtres de sécurité. Des captures d’écran ont montré des requêtes demandant explicitement à l’outil de « retirer les vêtements » de personnes réelles. D’autres demandaient d’ajouter des attributs sexuels à des photos d’enfants.

Le 2 janvier, le chatbot lui-même a publié un message d’excuses automatique après avoir généré une image sexualisée de deux jeunes filles. Cela a été rapporté comme étant une défaillance de ses mécanismes de sécurité. xAI a depuis indiqué travailler sur un renforcement de ses filtres pour bloquer ces requêtes.

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Réaction de la direction de la plateforme

Face à la multiplication des procédures, Elon Musk a réagi via son compte personnel. Il a affirmé que la production de contenu illégal expose aux mêmes sanctions que pour le téléchargement de fichiers interdits. De son côté, la plateforme X a précisé qu’elle suspendrait de manière permanente les comptes impliqués dans la création ou le partage de matériel pédopornographique ou de deepfakes non consentis.

La Commission européenne a indiqué suivre le dossier de près. Le règlement sur les services numériques oblige les plateformes à modérer activement les contenus illégaux. Les sanctions peuvent atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires mondial.

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