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Hachette et Cengage accusent Google d’avoir volé des manuels scolaires

Poursuite Hachette Google

La pression judiciaire s’intensifie autour de la Silicon Valley. Quelques jours seulement après l’accord historique d’Anthropic, deux géants de l’édition, Hachette Book Group et Cengage, demandent à la justice américaine de faire payer Google pour avoir « aspiré » leurs manuels scolaires. L’entraînement de l’IA pourrait bientôt coûter des milliards.

Le front judiciaire contre l’intelligence artificielle vient de s’élargir brutalement ce 15 janvier 2026. 

Alors que Google tente de défendre son modèle Gemini face à des groupes d’artistes et d’auteurs, deux poids lourds de l’édition américaine, Hachette Book Group et Cengage Group, ont officiellement demandé à un tribunal fédéral de Californie l’autorisation de se joindre à l’action collective en cours. 

Leur accusation est lourde et sans équivoque et reproche au géant de la recherche d’avoir utilisé sans vergogne des milliers de manuels scolaires et d’ouvrages protégés pour éduquer ses algorithme.

Cengage et Hachette ont même qualifié cette pratique de « l’une des violations de droits d’auteur les plus prolifiques de l’histoire« .

Le précédent Anthropic change la donne

Cette offensive intervient dans un contexte très particulier qui fait trembler les départements financiers de la Tech. 

Le secteur a encore en mémoire l’accord à l’amiable conclu tout récemment par Anthropic, le créateur de Claude AI, qui a accepté de verser 1,5 milliard de dollars pour mettre fin aux poursuites d’auteurs. 

Ce montant record d’ailleurs a créé un précédent. L‘argument du « Fair Use » (usage loyal) s’effrite, et les ayants droit sentent que le moment est venu de passer à la caisse. 

En rejoignant la plainte contre Google, les éditeurs espèrent non seulement faire reconnaître le pillage de leur propriété intellectuelle, mais surtout augmenter considérablement le montant potentiel des dommages et intérêts, Google disposant de ressources financières bien supérieures à celles d’Anthropic.

Des preuves concrètes sur la table du juge

Pour appuyer leur demande, les éditeurs ne sont pas venus les mains vides. Ils ont cité dix exemples précis d’ouvrages.

Ces derniers incluent des manuels scolaires de Cengage et des livres d’auteurs renommés comme Scott Turow et N.K. Jemisin (publiés chez Hachette), que Gemini aurait ingérés et restitués sans autorisation. 

Maria Pallante, directrice générale de l’Association des éditeurs américains, estime que l’arrivée de ces grands groupes va « renforcer le dossier », car ils disposent des moyens juridiques et factuels pour démontrer l’ampleur du piratage institutionnalisé. 

La juge de district Eumi Lee devra désormais décider si elle accepte cette intervention, une décision qui pourrait transformer ce procès en l’un des plus coûteux de l’histoire d’Internet.

Vers la fin de l’impunité pour l’entraînement des IA ?

Si la justice valide cette alliance entre auteurs indépendants et grands éditeurs, cela marquera un tournant décisif. 

Jusqu’à présent, les entreprises d’IA ont opéré dans une zone grise, aspirant le web pour entraîner leurs modèles. 

L’action de Hachette et Cengage signale la fin de la récréation. C’est-à-dire que dorénavant, les données de qualité, nécessaires pour rendre les IA performantes et fiables (notamment dans l’éducation), ont un prix. 

Google, resté silencieux face à cette nouvelle demande, se retrouve à présent pris en étau. Soit l’entreprise parvient à prouver que l’entraînement sur des données protégées est légal, soit elle devra, comme Anthropic, sortir le carnet de chèques. Mais cette fois, la somme pourrait dépasser l’entendement.

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