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Le mode IA de Google arrive en Europe… mais pas en France, voici pourquoi

Accès Google Mode IA France

L’intelligence artificielle de Google s’invite enfin dans la recherche en ligne des internautes européens. Mais les utilisateurs français, eux, devront encore patienter. Et pour cause : un vieux bras de fer entre Google et les éditeurs de presse tricolores.

Après plusieurs mois de test aux États-Unis, le « mode IA » de Google Search commence à être déployé dans une vingtaine de pays européens.

Ce nouveau mode, intégré directement dans le moteur de recherche, repose sur le modèle Gemini, l’intelligence artificielle maison du géant américain.

Son objectif est de fournir des résultats de recherche enrichis, synthétiques et personnalisés, générés par IA. Cela afin de mieux aider les utilisateurs à trouver des réponses plus claires et plus rapides.

Mais la France, pourtant l’un des plus grands marchés numériques d’Europe, ne figure pas sur la liste des pays qui auront accès au Mode IA de Google

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Un conflit autour des droits voisins

Cette absence n’a rien de technique. Elle s’explique par les tensions juridiques persistantes entre Google et les médias français au sujet des droits voisins.

Il s’agit en effet d’un mécanisme européen qui oblige les plateformes à rémunérer les éditeurs lorsque leurs contenus apparaissent dans les résultats de recherche ou sur Google Actualités.

Déjà sanctionné à plusieurs reprises, notamment en 2021 et 2024, pour un total de 750 millions d’euros d’amendes, le groupe américain préfère jouer la prudence.

Tant que ces différends ne sont pas réglés, le mode IA restera bloqué en France, malgré la volonté de Google de le déployer « dans les prochaines semaines ou mois ».

Google dénonce des lois « trop lourdes »

Face à cette situation, Kent Walker, responsable des affaires publiques chez Google, n’a pas caché son agacement.

Selon lui, la France risque de rater le train de l’innovation :

« Ce n’est pas bon pour la France de rester bloquée avec des services d’intelligence artificielle datant de l’année dernière », a-t-il déclaré, cité par Le Figaro.

Le dirigeant en a profité pour critiquer la législation européenne, notamment le Digital Markets Act (DMA) et le AI Act. Selon lui, ce sont facteurs d’un retard de « six mois » dans le déploiement des nouvelles technologies sur le continent.

Google plaide donc pour une régulation plus souple. Il estime également que les règles actuelles freinent la capacité d’innovation des grandes entreprises du numérique.

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Une contestation qui dépasse Google

La firme de Mountain View n’est pas la seule à monter au créneau. Apple a récemment tenu un discours similaire, allant jusqu’à suggérer à Bruxelles de revoir, voire d’abroger, le DMA, qu’elle juge trop contraignant pour son écosystème.

Ces prises de position rejoignent celles de plusieurs entreprises américaines qui accusent l’Union européenne de discrimination technologique. Et c’est d’ailleurs une rhétorique popularisée par Donald Trump ces derniers mois.

En toile de fond, c’est tout le rapport de force entre Washington et Bruxelles autour de la régulation du numérique qui se rejoue.

Et entre volonté de protéger la concurrence et impératif d’innovation, les deux continents peinent à trouver un terrain d’entente.

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