C’est un virage à 180 degrés pour le géant de l’IA. Pour ne plus laisser filer ses utilisateurs de ChatGPT vers des concurrents moins puritains, OpenAI s’apprête à lever l’interdiction des contenus NSFW (Not Safe For Work). Une nouvelle liberté, accessible uniquement sous condition.
Fini le temps où ChatGPT vous faisait la morale dès qu’une conversation devenait un peu trop intime.
Selon les informations rapportées par The Information, OpenAI lèvera dès le mois de décembre l’une de ses restrictions les plus emblématiques : l’interdiction des contenus pour adultes.
Ce changement, déjà murmuré par Sam Altman en octobre dernier (au grand dam de son partenaire Microsoft), marque la fin de l’ère aseptisée du leader de l’IA générative.
Une réalité économique implacable
Derrière ce choix, qui fera sans doute grincer des dents les plus conservateurs, se cache un calcul économique froid.
OpenAI ne veut plus jouer les gardiens de la vertu alors que ses utilisateurs s’enfuient vers des modèles open-source non censurés (« Uncensored »).
Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, seulement 5 % des utilisateurs actifs (soit 35 millions de personnes) paient pour ChatGPT Plus ou Pro.
Pour atteindre ses objectifs ambitieux de rentabilité d’ici 2030, OpenAI doit impérativement convertir davantage d’utilisateurs gratuits en abonnés payants.
Or, le divertissement pour adultes, et donc la création de contenu pour adultes sur ChatGPT, est un levier d’engagement historique sur le web.
ChatGPT annonce qu'ils vont permettre des conversations érotiques avec des adultes d'ici 2025
— Momotchi (@mmtchi) October 21, 2025
Petit détail, vous devrez faire la vérification d'âge
ça va être fun de vous faire faire de la reconnaissance faciale ou donner votre carte d'identité avant de discuter de trucs salaces… pic.twitter.com/zwMGENz9f2
Moraline vs marché, qui sortira gagnant ?
OpenAI semble avoir accepté qu’elle ne peut pas traiter des adultes consentants comme des écoliers.
La frustration générée par les refus constants du chatbot sur des sujets sensibles ou sexuels (NSFW) est une cause majeure de désabonnement.
En autorisant ces échanges, OpenAI adopte une posture plus libérale et pragmatique. C’est-à-dire qu’une conversation privée à visée sexuelle entre un adulte et une machine ne nuit pas à sa réputation, contrairement à une IA qui infantilise sa base d’utilisateurs.
Montrer patte blanche
Cette ouverture ne se fera cependant pas sans garde-fous. Pour accéder à ces fonctionnalités débridées, il ne suffira pas de cocher une case. OpenAI va mettre en place un système de vérification d’âge strict. Pas seulement un contrôle parental.
Cette distinction technique permet d’abord de résoudre le dilemme de la sécurité. Celui de protéger les mineurs avec une version filtrée. Cela tout en offrant aux adultes l’expérience sans entraves qu’ils réclament.
Reste à voir comment ce virage X de ChatGPT sera accueilli par le grand public et les régulateurs.
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