L’illusion de la croissance, l’IA n’a aucun impact sur l’économie américaine

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En 2025, alors que Wall Street vibrait au rythme des investissements colossaux dans l’IA, la réalité économique semble bien plus nuancée. Si les géants de la tech prévoient de dépenser près de 700 milliards de dollars cette année, Goldman Sachs jette un froid. L’impact de l’IA sur la croissance américaine serait alors quasiment nul. Et entre balance commerciale déficitaire et paradoxe de la productivité, le récit d’une économie portée par les algorithmes se heurte aux chiffres rigoureux de la comptabilité nationale.

Le discours dominant, soutenu par des figures politiques et certains économistes, suggérait que l’IA était le moteur principal de la dynamique américaine actuelle

Pourtant, Joseph Briggs et Jan Hatzius, analystes chez Goldman Sachs, invitent à une relecture plus sobre de la situation.

Le sentiment d’une révolution économique immédiate a sans doute occulté des mécanismes financiers plus complexes qui tempèrent l’enthousiasme général.

Un optimisme initial porté par des chiffres spectaculaires

Avant que le doute ne s’installe à Wall Street, plusieurs économistes de renom avaient brossé un portrait extrêmement flatteur de l’impact de l’IA

Jason Furman, professeur à Harvard, avait notamment affirmé que les investissements dans les équipements et logiciels de traitement de l’information — bien qu’ils ne représentent que 4 % du PIB total — avaient été responsables de 92 % de la croissance américaine au premier semestre 2025. 

Sans ce bond technologique, l’économie aurait frôlé la stagnation avec une croissance de seulement 0,1 %. 

Cette analyse a été renforcée par les experts de la Réserve fédérale de Saint-Louis. ces derniers estimaient que les dépenses liées à l’IA comptaient pour 39 % de la croissance du PIB au troisième trimestre 2025.

Le paradoxe des puces importées et la fuite du PIB

L’une des raisons majeures de ce décalage réside dans la nature même des investissements

Bien que les entreprises américaines déboursent des milliards pour s’équiper, une part prépondérante de ce matériel informatique provient de l’étranger

Jan Hatzius souligne ainsi que les dépenses massives en puces et infrastructures profitent davantage au PIB de Taïwan ou de Corée du Sud. Plutôt qu’à celui des États-Unis. 

Dans le calcul du produit intérieur brut, ces importations massives viennent mécaniquement annuler l’effet positif des investissements domestiques. Ce qui crée ensuite une neutralité comptable surprenante pour un secteur censé porter la croissance nationale américaine.

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Le grand décalage entre l’usage massif et la productivité réelle

Au-delà des questions de balance commerciale, l’impact de l’IA sur l’efficacité des entreprises reste pour l’instant invisible

Une enquête menée auprès de 6 000 dirigeants à travers le monde révèle une statistique frappante. Alors que 70 % des entreprises utilisent activement l’IA, 80 % d’entre elles n’ont constaté aucune amélioration de leur productivité ou de la gestion de leurs effectifs

Ce fossé entre l’omniprésence technologique et l’absence de résultats concrets suggère que l’IA se trouve encore dans une phase de déploiement expérimental.

Elle serait alors incapable, pour le moment, de se traduire par une valeur ajoutée mesurable à l’échelle macroéconomique.

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Un débat politique et réglementaire sous tension

Cette analyse de Wall Street survient dans un contexte de forte pression politique. Le président Donald Trump a d’ailleurs utilisé l’argument de la croissance liée à l’IA pour plaider contre la surréglementation étatique. Il préconise cependant une norme fédérale unique pour ne pas freiner le dynamisme américain. 

Cependant, si les investissements technologiques ne servent pas de stabilisateurs au PIB. Pas comme l’espéraient certains économistes de Harvard ou de la Fed de Saint-Louis.

En l’absence de mesures fiables, le secteur reste suspendu à la démonstration d’une utilité concrète.

Il faudra en effet adopter des mesures qui servent à quantifier la contribution réelle de l’IA à la vie économique.

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