OpenAI saisit officiellement les autorités de Californie et du Delaware pour dénoncer les manœuvres jugées anticoncurrentielles d’Elon Musk contre sa structure.
C’est le « boss final » des litiges de la Silicon Valley. OpenAI vient de franchir une étape cruciale dans son conflit avec Elon Musk. La firme a, en effet, sollicité, officiellement les procureurs généraux de Californie (Rob Bonta) et du Delaware (Kathy Jennings). Dans une lettre envoyée ce lundi 6 avril 2026, Jason Kwon, le Chief Strategy Officer d’OpenAI, dénonce un « comportement inapproprié et anticoncurrentiel » de la part du milliardaire. Selon l’entreprise, Musk ne cherche pas la justice, mais tente d’asphyxier son principal concurrent pour favoriser sa propre société d’IA, xAI.
Un hold-up à 134 milliards de dollars ?
Cette offensive juridique intervient dans un climat électrique, à quelques jours seulement de l’ouverture d’un procès historique. La sélection du jury doit débuter le 27 avril 2026 à Oakland, en Californie. Petit rappel historique : Musk était cofondateur d’OpenAI en 2015 avant son départ fracassant en 2018. Il accuse Sam Altman d’avoir trahi la mission originelle à but non lucratif de la start-up au profit d’un partenariat lucratif avec Microsoft.
Le montant des dommages réclamés par Musk donne le vertige. Selon les derniers documents déposés par ses avocats, l’indemnisation demandée oscille désormais entre 79 et 134 milliards de dollars. OpenAI affirme que le versement d’une telle somme ne serait pas seulement un coup dur, mais paralyserait purement et simplement sa fondation à but non lucratif.
Pour Jason Kwon, cette demande de dommages colossale est une manœuvre stratégique visant à détourner les ressources d’OpenAI au profit de Grok, le chatbot de xAI. L’entreprise accuse également Musk et ses associés d’avoir mené des opérations de surveillance agressives. Cela incluerait le traçage des vols et des déplacements de Sam Altman pour alimenter leurs dossiers juridiques.
L’intrigue Zuckerberg et les accusations de piratage humain
L’un des détails les plus croustillants révélés par OpenAI concerne une tentative de rachat occulte. OpenAI soutient que Musk a tenté d’enrôler Mark Zuckerberg, le patron de Meta l’année dernière. L’objectif était de former un consortium et prendre le contrôle de l’entreprise. Zuckerberg aurait poliment décliné l’offre. Musk aurait ainsi chercher à s’approprier les actifs d’OpenAI bien avant de crier à la trahison éthique.
La tension monte aussi sur le terrain des talents. Une nouvelle plainte déposée par xAI accuse OpenAI de « vol de secrets commerciaux ». Musk prétend que l’entreprise d’Altman débauche systématiquement ses ingénieurs clés pour accéder au code source de Grok et copier ses infrastructures de centres de données. OpenAI dément fermement, qualifiant ces accusations de « harcèlement guidé par l’ego ».
Le 27 avril à Oakland, Elon Musk et Sam Altman se retrouveront devant un jury.
— Silicon Carne (@siliconcarnesf) April 8, 2026
La question centrale : OpenAI a-t-il trahi sa mission d'intérêt général en pivotant vers une structure for-profit sous pression des capitaux ? Et bien sur on va suivra çà attentivement dans Silicon… https://t.co/oW4mc8Xkwd
Un enjeu de souveraineté sur l’AGI
Au-delà de l’argent, c’est le contrôle de l’Intelligence Artificielle Générale (AGI) qui est en jeu. Dans sa lettre aux procureurs, OpenAI prévient que les actions de Musk pourraient compromettre le développement d’une IA bénéfique pour l’humanité. L’entreprise craint de la voir tomber entre les mains de compétiteurs « dénués de principes de sécurité ».
Le timing de cette dénonciation n’est pas anodin. OpenAI suggère que les bureaux des procureurs n’ont peut-être pas examiné assez scrupuleusement les motivations de Musk lors de ses précédentes interventions. En demandant une enquête antitrust, OpenAI espère inverser le rapport de force avant que le jury ne commence à délibérer sur l’avenir de la structure de l’entreprise.
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