Le tribunal fédéral d’Oakland est devenu l’épicentre d’un séisme qui secoue toute la Silicon Valley. Aujourd’hui, Satya Nadella, PDG de Microsoft, doit témoigner dans le cadre du procès retentissant intenté par Elon Musk contre OpenAI. Au cœur des débats : des courriels exhumés de 2018 qui suggèrent que Microsoft aurait sciemment orchestré le passage d’OpenAI d’une œuvre de bienfaisance à une machine à profits.
L’enjeu de ce lundi est que les avocats d’Elon Musk entendent prouver que Microsoft n’a sorti son chéquier qu’au moment où l’odeur du profit est devenue irrésistible.
Des échanges datant de janvier 2018 montrent un Satya Nadella initialement sceptique, s’interrogeant sur la réelle valeur des recherches d’OpenAI.
« Je ne vois pas bien quelles recherches ils mènent ni comment leur partage pourrait nous permettre de prendre de l’avance », écrivait-il alors à ses cadres.
C’est finalement la peur de voir la start-up partir en claquant la porte chez Amazon, selon les mots du directeur technique Kevin Scott, qui aurait précipité l’alliance.
Pour Musk, ces documents sont la preuve qu’OpenAI a trahi sa mission initiale de bien commun au profit d’un pacte financier avec Redmond.
Sam altman accusé de détournement de fonds
L’argument financier de Musk est vertigineux. Il accuse Sam Altman et Greg Brockman d’avoir détourné ses dons fondateurs, environ 38 millions de dollars, pour bâtir un empire aujourd’hui évalué à plus de 850 milliards de dollars.
Microsoft, en injectant un total de 13 milliards de dollars depuis 2019, a vu sa participation s’envoler pour atteindre une valeur de 228 milliards, soit un retour sur investissement de 17 fois la mise initiale.
Si la juge Yvonne Gonzalez Rogers suit la recommandation du jury (attendue pour la semaine du 18 mai) et donne raison à Musk, les conséquences seraient catastrophiques pour OpenAI.
Celui-ci serait contraint de retourner au statut non-lucratif. C’est d’ailleurs une décision qui briserait le modèle économique actuel.
L’introduction en bourse tant attendue d’OpenAI pourrait aussi être purement et simplement compromise. Donc annulation de l’IPO pour l’entreprise se Sam Altman.
Les décisions de Rogers entraîneront également une perte de puissance face à des rivaux comme Anthropic, Google ou le chinois Deepseek.
The trial of the decade has officially started: Elon Musk vs. Sam Altman and OpenAI.
— Ian Miles Cheong (@ianmiles) May 5, 2026
Musk is seeking 150 billion in damages, accusing OpenAI of unjust enrichment and flipping a nonprofit into a for-profit. He is demanding that the company revert to a nonprofit and that Altman… pic.twitter.com/5CGujMfl9D
Musk agirait-il sous l’effet de la déception ?
Le procès a également pris une tournure personnelle et sordide. La semaine dernière, les avocats de Musk ont exploité le journal intime de Greg Brockman datant de 2017, où ce dernier exprimait déjà son désir de nous faire gagner de l’argent.
De son côté, Brockman a riposté en affirmant que Musk l’avait menacé physiquement en 2017 après avoir essuyé un refus pour prendre le contrôle absolu de l’entreprise.
Dans tous les cas, OpenAI maintient toujours sa ligne de défense. Musk n’est qu’un concurrent déçu qui, après avoir échoué à racheter la société, tente aujourd’hui de l’abattre via sa propre firme xAI.
Le partenariat récent de Musk avec Anthropic (permettant à ce dernier d’utiliser les serveurs de SpaceX) est d’ailleurs cité comme la preuve ultime de ses intentions belliqueuses.
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