Avec TrackCarbon, la Fondation Sahar propose un outil inédit pour estimer l’énergie mobilisée par chaque interaction avec une IA.
L’impact environnemental de l’intelligence artificielle suscite de plus en plus d’interrogations. Pourtant, peu d’outils permettent aux utilisateurs de visualiser concrètement leur propre consommation liée aux requêtes IA. Avec TrackCarbon, la Fondation Sahar entend combler ce manque. L’application propose un suivi clair et pédagogique de l’empreinte carbone associée aux usages numériques.
Rendre visible l’impact caché de l’intelligence artificielle
À chaque question posée à un agent conversationnel, des serveurs s’activent dans des centres de données souvent situés à des milliers de kilomètres. Cette mécanique demeure abstraite pour la plupart des utilisateurs. TrackCarbon part de ce constat simple : on ne peut ajuster ses pratiques que si l’on comprend leur portée.
L’application analyse les requêtes effectuées sur ordinateur via des services comme ChatGPT, Claude, Gemini ou Mistral. Elle en évalue la consommation électrique et l’empreinte carbone selon plusieurs paramètres techniques. Les résultats apparaissent sous forme d’indicateurs accessibles : nombre de requêtes, énergie estimée et équivalence concrète. L’utilisateur peut ainsi visualiser son activité traduite en recharges de téléphone ou en kilomètres parcourus.
Ce choix d’équivalences parlantes permet de transformer des données abstraites en repères familiers. L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais d’ouvrir un espace de compréhension.
Une application locale, pensée pour la transparence
Disponible dès à présent sur macOS, et bientôt sur Windows et Linux, TrackCarbon fonctionne en arrière-plan. Aucune donnée personnelle ne quitte l’ordinateur. Le traitement reste local, ce qui répond à une double exigence : respect de la vie privée et cohérence environnementale.
Le projet repose en partie sur un code open source. Les méthodes de calcul sont documentées et peuvent évoluer grâce aux contributions d’experts, de chercheurs ou d’acteurs de l’IA. Cette architecture collaborative vise à renforcer la fiabilité des estimations au fil du temps.
Dans un secteur souvent marqué par l’opacité, cette volonté d’ouverture constitue un signal fort. L’outil ne prétend pas fournir une mesure parfaite, mais propose une base de discussion et d’amélioration continue.
Une initiative portée par la Fondation Sahar
Né en 2025 sous forme expérimentale, le projet bénéficie désormais du soutien officiel de la Fondation Sahar. L’organisation accompagne son développement et préserve tout de même son indépendance et son ancrage collectif.
Pour Gauthier Schweitzer, président de la fondation, la démarche se veut équilibrée : « TrackCarbon ne se positionne pas contre l’intelligence artificielle. Son ambition est d’apporter de la nuance, de comparer les usages et les modèles, et de contribuer à une meilleure compréhension de l’impact environnemental de l’IA. »
Puisque les modèles gagnent en puissance, parfois au-delà des besoins réels, l’initiative pose une question simple : comment concilier performance technologique et responsabilité environnementale ? TrackCarbon n’apporte pas de réponse définitive, mais offre un outil pour alimenter ce débat avec des données concrètes et accessibles.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
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