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26 sites de data centers IA déjà verrouillés en France

26 sites de data centers IA verrouillés en France.

Le gouvernement passe à la vitesse supérieure pour l’infrastructure IA : 26 sites sont désormais sécurisés en France, dont cinq bénéficiant d’un raccordement électrique ultra-rapide.

C’est le coup de boost que l’écosystème attendait. Vendredi dernier, lors des premières « Rencontres des centres de données » à Bercy, le ministère de l’Économie a dévoilé l’état d’avancement de son plan de bataille pour l’intelligence artificielle. Un an après avoir promis 35 sites « clés en main », le bilan comptable est là : 26 sites sécurisés par des porteurs de projets sur les 63 identifiés comme aptes à recevoir ces infrastructures critiques.

Le « Fast Track » électrique est lancé

Derrière l’IA, une consommation énergétique colossale. L’État a donc décidé de sortir le grand jeu pour cinq sites stratégiques jugés prioritaires. Ces derniers vont bénéficier d’un raccordement électrique accéléré, dit « fast track », pour obtenir une puissance supérieure à 700 MW d’ici trois à quatre ans.

Côté géographie, la carte se dessine clairement. Trois de ces hubs ultra-puissants se situent dans les Hauts-de-France : à Escaudain (porté par le consortium Data4, Brookfield et BT Immo), à Bosquel près d’Amiens, et au Grand Port Maritime de Dunkerque. L’Île-de-France n’est pas en reste avec deux sites majeurs : Fouju et Montereau. Ce dernier est l’un des emplacements proposés par EDF à Opcore, la structure commune née de l’alliance entre Iliad et le fonds Infravia.

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Une puissance de feu de 28,6 GW

Les chiffres donnent le tournis. Selon les données du ministère de l’Économie citées par Le Monde Informatique, la puissance électrique totale recherchée pour l’ensemble du plan atteint 28,6 GW. Les porteurs de projets ont déjà sécurisé 5,8 GW sur un site, avec des engagements fermes de raccordement.

C’est un changement d’échelle massif. Pour Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique, ces projets se « concrétisent progressivement ». L’idée derrière ce déploiement n’est pas juste de poser des serveurs, mais de bâtir une chaîne de valeur souveraine. L’État mise sur plusieurs leviers : la simplification drastique des démarches administratives, une disponibilité foncière garantie et un accompagnement sur mesure pour les investisseurs.

Patience et budget 2026

Si la dynamique est là, le calendrier initial subit quelques ajustements. Alors que 16 sites devaient être opérationnels dès 2025, la réalité du terrain, notamment les délais de raccordement électrique, impose un peu de patience. Aucun data center IA du plan n’est encore raccordé à ce jour.

Cependant, le déblocage pourrait venir du Parlement. L’adoption imminente du budget 2026 devrait déclencher l’injection des ressources financières et accélérer les chantiers. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a d’ailleurs martelé que la France restait une « terre d’investissements privilégiée », avec un modèle économique qu’il juge « gagnant » face à la concurrence internationale.

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L’écologie au centre du jeu

Pas question de construire des usines à gaz sans réfléchir à l’empreinte carbone. Le gouvernement a identifié « l’exemplarité environnementale » comme l’un des quatre leviers majeurs de réussite. Cela passe par un renforcement des relations avec les collectivités locales pour une meilleure intégration des sites.

En parallèle de ces méga-projets, des initiatives plus « vertes » émergent, comme les solutions de data centers flottants refroidis naturellement. Mais pour le cœur de la souveraineté numérique française, l’urgence reste le déploiement de ces 26 sites sécurisés. Il ne faut en effet pas rater le train de la puissance de calcul mondiale. La suite se jouera dès les prochaines semaines avec les premiers coups de pioche attendus sur les zones prioritaires.

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