L’IA générative pourrait fragiliser certaines grandes écoles françaises si elle réduit les débouchés associés aux diplômes. Une étude de Guillaume Coqueret estime que jusque certains établissements pourraient être exposés sur trente ans.
Les grandes écoles justifient leurs frais élevés par une promesse : accéder à des emplois qualifiés. Guillaume Coqueret, directeur de l’Institut Artificial Intelligence in Management à Emlyon business school, interroge cette équation dans une étude publiée en septembre 2026. Son modèle économique, appliqué aux écoles de commerce françaises, mesure leur résistance à la substitution technologique.
Le diplôme dépend aussi de l’emploi
Le raisonnement part du rendement attendu des études. Un étudiant accepte un coût de scolarité élevé si le diplôme améliore ses chances d’emploi et sa rémunération. L’IA peut toutefois modifier cette relation si elle remplace une partie des tâches intellectuelles réalisées par des diplômés.
Le modèle relie les frais de scolarité, les inscriptions, les embauches et la qualité des établissements. Une hausse de la substitution par l’IA réduit le bénéfice attendu du diplôme. Les écoles les moins bien placées deviennent plus exposées, tandis que les mieux valorisées résistent davantage.
Dans la calibration française, jusqu’à 3 établissements supplémentaires sur 30 pourraient être exposés sur 3 décennies. Si la diffusion de l’IA et la substitution accélèrent, ces sorties pourraient intervenir sur cinq ans.
Les signaux diffèrent selon les écoles
L’étude mobilise les données SIGEM, qui répartissent les écoles en 3 groupes selon leur popularité. Entre 2014 et 2026, les inscriptions progressent dans les 2 premiers. Le troisième enregistre 4 années consécutives de baisse depuis 2022.
Guillaume Coqueret reste prudent sur ce rapprochement. La coïncidence avec l’arrivée de ChatGPT ne suffit pas à établir un lien causal. Elle sert surtout de point de départ empirique pour son modèle.
Autre résultat : les économies internes liées à l’IA ne compensent pas forcément la baisse de la demande étudiante. L’automatisation administrative, le tutorat assisté ou la correction automatisée réduisent certains coûts. Leur effet reste limité si les perspectives professionnelles se dégradent trop vite.
La différenciation pourrait encore s’accentuer
Le scénario décrit ne conduit pas à une disparition générale des grandes écoles. Il accentue plutôt les écarts selon leur capacité à conserver une valeur identifiable pour les étudiants et les recruteurs.
Dans l’étude, cette qualité combine la recherche académique, les ressources pédagogiques, le réseau d’anciens élèves, la réputation et les accréditations. Le diplôme ne vaut donc pas seulement par les connaissances transmises. Il dépend aussi du signal envoyé aux employeurs et des opportunités professionnelles associées.
Le modèle prévoit au plus une fermeture supplémentaire d’ici 2030 dans un scénario prudent. Si le déplacement d’emplois atteint 15 % d’ici là sans gains d’efficacité, environ 3 écoles supplémentaires seraient exposées.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
- Partager l'article :
Restez à la pointe de l'information avec
INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE.COM !
