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L’IA, le futur moteur industriel du Vietnam

IA, futur moteur industriel du Vietnam

Le 16 décembre dernier, Hô Chi Minh-Ville a vibré au rythme de l’innovation lors d’un séminaire majeur organisé par l’ITPC et l’Université britannique du Vietnam (BUV). Experts et dirigeants se sont réunis pour explorer comment l’intelligence artificielle transforme désormais les usines locales en véritables centres de haute technologie. Entre promesses de productivité et défis humains, le secteur manufacturier amorce un virage décisif.

Un fossé numérique à combler d’urgence

Le constat dressé lors des échanges est sans appel : le Vietnam risque une fracture économique profonde. Aujourd’hui, seulement 9 % des entreprises, principalement des grands groupes étrangers, exploitent réellement l’IA et la duplication numérique. À l’inverse, une immense majorité, environ  91 % des PME, reste coincée dans une gestion artisanale, utilisant souvent de simples fichiers Excel pour leur suivi. Le passage vers un modèle « Vietnam + Intelligence » constitue désormais une question de survie commerciale. Le pays se doit de moderniser rapidement ces petites structures. Le cas échéant, l’écart de compétitivité pourrait devenir insurmontable face aux standards mondiaux. Ce qui menace l’équilibre économique de la mégapole du Sud.

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L’IA, clé d’accès aux marchés internationaux

Au-delà de la performance pure, l’intelligence artificielle devient le sésame indispensable pour exporter vers l’Europe. Avec l’arrivée du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’UE courant 2025, les entreprises vietnamiennes doivent prouver leur faible empreinte écologique. L’IA permet ici un suivi précis et en temps réel de la dépense énergétique par unité produite. Ce qui constitue un précieux « passeport vert ». Selon les données partagées par Le Courrier du Vietnam, ces technologies permettent de réaliser entre 15 et 20 % d’économies d’énergie. Un argument de poids pour décrocher des financements verts et rassurer des partenaires étrangers de plus en plus exigeants sur les critères environnementaux.

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Une révolution assistée par l’humain

L’idée d’une usine sans ouvriers a été largement nuancée par les intervenants. L’expert Hoàng Van Tam a insisté sur la nécessité d’une collaboration homme-machine. L’intégration de  l’IA aux systèmes de gestion existants comme les ERP permettent aux chefs d’entreprise d’anticiper les pannes. Cela va aussi fluidifier les stocks sans supprimer l’expertise humaine. L’IA deviendra un assistant à la décision. L’algorithme détecte les défauts de fabrication et les goulots d’étranglement, tandis que l’humain garde le contrôle final. Un duo qui va permettre de passer d’une maintenance réactive à une stratégie préventive. Les résultats attendus :des livraisons effectuées dans les délais, même en cas de perturbations logistiques imprévues.

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Le défi immense de la formation

C’est sans doute le point le plus délicat : la technologie ne vaut rien sans les bras pour la piloter. On estime que 95 % des travailleurs du secteur ont besoin d’une mise à niveau sérieuse de leurs compétences. La Dre Duong Hông Loan préconise une approche pragmatique. Pour les PME, l’adoption de chatbots et d’outils simples de prédiction de la demande est un bon début. Pour les géants, l’enjeu est l’automatisation totale. Dans tous les cas, une culture d’apprentissage doit s’installer, avec des formations intensives de 1 à 3 mois. L’objectif ? Transformer les opérateurs de ligne vietnamiens en véritables superviseurs de systèmes intelligents, capables de dialoguer avec les robots pour optimiser chaque minute de production.

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