La technologie monte. L’immobilier chute. L’économie chinoise peine à retrouver son équilibre.
Les hautes technologies ne suffisent pas à compenser la crise de l’immobilier en Chine. Malgré un plan ambitieux d’investissement dans les secteurs innovants, l’économie du pays reste fragile. Selon Rhodium Group, les nouvelles industries n’ont pas réussi à relancer durablement la croissance. Les risques commerciaux et sociaux s’accumulent. Ceci en mettant Pékin face à des choix cruciaux dès 2026.
Une croissance tirée mais déséquilibrée
Entre 2023 et 2025, les nouvelles technologies n’ont contribué qu’à 0,8 point de croissance annuelle. En parallèle, l’immobilier et les secteurs classiques ont reculé de six points cumulés. Ces chiffres montrent un écart grandissant entre innovation et économie réelle, selon le rapport de Rhodium Group.
La Chine vise toujours 5 % de croissance annuelle, mais ses moteurs internes s’essoufflent rapidement. Pour atteindre cet objectif, les secteurs innovants devraient croître sept fois plus vite au cours des cinq prochaines années. Cela supposerait 2 800 milliards de yuans d’investissements supplémentaires. Cependant, d’après Rhodium, cet objectif paraît peu réaliste dans une situation économique aussi tendue.
L’IA ne suffit pas à relancer la dynamique
L’investissement technologique s’accélère
Le plan de développement technologique chinois mise sur l’intelligence artificielle, la robotique et l’automatisation. Ces efforts ont permis l’émergence d’un écosystème industriel numérique solide, mais encore limité en impact macroéconomique. La contribution reste trop faible pour inverser les tendances.
Les secteurs traditionnels peinent à suivre
L’immobilier représentait un quart du PIB, mais s’effondre depuis 2021. Les ventes de logements neufs ont chuté à des niveaux historiquement bas. Or, ce secteur génère des effets d’entraînement majeurs sur la consommation, l’emploi et l’activité des villes secondaires.
Une pression grandissante sur l’emploi
Le chômage urbain dépasse 5 %, et celui des jeunes atteint des niveaux trois fois supérieurs. Cette situation s’explique notamment par l’automatisation rapide et la transformation de l’industrie. D’après KKR, la Chine pourrait perdre jusqu’à 100 millions d’emplois industriels, un choc social inédit.
Les nouvelles industries offrent moins d’emplois mais exigent plus de compétences. Ainsi, la transition technologique creuse des inégalités sociales préoccupantes, notamment entre grandes métropoles et régions rurales. Cela complique les réformes et fragilise la stabilité intérieure.
Un modèle dépendant des exportations
Une économie vulnérable aux barrières commerciales
Pékin s’appuie de plus en plus sur ses exportations, en particulier celles de véhicules électriques. Toutefois, la concurrence mondiale devient plus dure. Les États-Unis, le Mexique et l’Union européenne ont déjà durci leurs politiques douanières. Ceci en ciblant les produits technologiques chinois.
Des tensions internationales persistantes
Le rapport du Rhodium Group affirme que la Chine restera dépendante des marchés extérieurs. Mais cette stratégie l’expose à des mesures protectionnistes récurrentes. En parallèle, l’accès aux marchés avancés se restreint, surtout pour les secteurs stratégiques. Pékin devra ajuster son modèle économique.
- Partager l'article :
