Alors déjà, je tiens à rappeler que l’IA ne va pas remplacer les marketeurs. Au contraire, elle va créer une nouvelle génération. Une génération d’experts augmentés en marketing digital, capables de s’appuyer sur des IA qui produisent plus vite, plus fort et parfois… mieux. À l’Efrei, cette transformation est déjà au cœur des formations. Et selon Guillaume Oudenot, responsable du département communication et marketing digital, le chamboulement est total.
ChatGPT, Gemini, Claude, Copilot… Les outils d’IA générative s’infiltrent partout. Et le marketing digital est l’un des secteurs les plus touchés.
« Nous vivons une phase de rupture totale », explique Guillaume Oudenot. « On ne peut pas aller contre l’IA. Il faut apprendre à l’utiliser intelligemment ».
Les directions marketing l’ont compris : l’IA ne remplace pas la réflexion humaine. Elle accélère, amplifie, optimise.
En quelques secondes, elle génère des déclinaisons de campagnes, localise des messages pour 20 pays ou pilote des tests A/B d’une efficacité inédite.
Shadow IA : le risque invisible qui inquiète les entreprises
Mais cette révolution technologique s’accompagne d’une zone d’ombre, la Shadow IA.
De plus en plus de collaborateurs utilisent l’IA… sans le dire. Parfois pour produire des livrables entiers.
Une question brûlante se pose toutefois. Quel est le rôle d’un responsable marketing si tout est généré par une IA ?
La formation devient alors cruciale. Il faut par ailleurs comprendre comment fonctionne un modèle, connaître les risques liés aux données sensibles, savoir ce qu’il faut partager ou non.
L’esprit critique, la compétence la plus recherchée en 2025
L’Efrei insiste en tout cas sur un point central et souligne que l’IA n’a de valeur que si l’expert en marketing digital garde la tête froide.
Les étudiants apprennent à rédiger de vrais prompts, à analyser les réponses des modèles, à identifier les erreurs.
Ils sont formés à l’OSINT ou l’Open Source Intelligence, pour comprendre comment circulent les fausses informations, comment certaines organisations manipulent les réseaux sociaux, comment distinguer le vrai du faux.
Beaucoup pensent que ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux est la réalité. Si l’IA confirme leurs biais, ils tombent dans le piège.
Il y a donc une priorité non négligeable, celle d’apprendre à douter, à vérifier, à croiser les sources. C’est devenu un réflexe vital dans le marketing digital moderne.
starting an ai ecom mass marketing agency right now is like starting a facebook ads agency in 2016
— David (@davidfigeira) November 13, 2025
except this time — there’s no filming, no editors, no ad spend
you build ai systems that create and post hundreds of product videos daily
all automated through sora2, veo3, and ai…
Curiosité, adaptabilité, stratégie : les super-pouvoirs du marketeur augmenté
À titre d’information, les outils changent vite et les usages encore plus. Le marketeur de demain doit être curieux, ouvert et ultra-adaptable. Ce qu’il fait aujourd’hui sur un tableur sera peut-être automatisé demain.
Les compétences qui durent vraiment ? La stratégie. La créativité. L’analyse. Guillaume Oudenot le répète souvent aux étudiants : « L’entreprise ne vous recrute pas pour maîtriser l’IA, mais pour maîtriser votre cerveau. Si vous savez utiliser les deux, c’est un bonus immense. »
Alors comment l’Efrei prépare les experts du marketing digital à cette nouvelle ère
À l’Efrei, l’apprentissage est concret. Sur certains projets, les étudiants doivent utiliser l’IA et montrer qu’ils savent s’en servir intelligemment.
Sur d’autres, ils doivent s’en passer complètement, pour prouver leur capacité à réfléchir par eux-mêmes.
Parfois, l’IA est utilisée comme simple assistant : pour analyser un marché, repérer des tendances, explorer des données mondiales.
L’objectif est alors de développer des professionnels qui savent quand l’IA est pertinente… et quand c’est une mauvaise idée.
Terrain, immersion, réalité : la pédagogie choc de l’Efrei
L’école refuse de former des étudiants « hors sol ». Les apprenants couvrent des salons marketing, réalisent des interviews, créent du contenu en conditions réelles.
Ils apprennent à travailler vite, à vérifier chaque information, à communiquer avec des professionnels du secteur.
Cette immersion leur montre la vraie vie, celle où un post doit être publié en 3 minutes, mais où une erreur peut coûter cher à une marque.
L’Efrei expose également les étudiants aux dérives de l’IA : deepfakes, vidéos générées à la chaîne en Asie, manipulations massives.
Cela pour leur apprendre à reconnaître les faux contenus, à prendre du recul, à garder un esprit critique solide.
Car dans ce monde saturé de contenus générés à grande vitesse, celui qui doute intelligemment est celui qui se démarque. Une chose est sûre : les experts augmentés arrivent et ils changeront le marketing.
L’IA ne fait pas disparaître le métier. Elle en crée un nouveau. Plus stratégique, plus technique, plus créatif, c’est la vision de l’Efrei.
Et il prépare déjà cette nouvelle génération de marketeurs capables de faire ce que l’IA ne saura jamais faire : penser, décider, discerner.
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