Meta accusée de licenciements via une IA biaisée

Suivez Intelligence-Artificielle

Vingt-six anciens salariés poursuivent le géant californien Meta en justice pour avoir ciblé injustement les employés en congé maladie ou parental. Selon eux, ses algorithmes internes ont influencé ces vagues de licenciements massifs.

Une plainte inédite déposée devant le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie, accuse directement Meta d’avoir utilisé une suite de logiciels dopés à l’IA. Ces outils auraient servi à trier, noter et désigner les employés à licencier en priorité.  désavantageant gravement les profils vulnérables. L’action en justice est menée par 26 anciens salariés de la firme. 

Des algorithmes qui ne faisaient pas la différence entre travail et congé

Selon les plaignants, Meta s’est appuyée sur plusieurs outils d’intelligence artificielle internes pour préparer les vagues de licenciements. La plainte cite notamment Metamate et différents agents d’IA entraînés par les employés. Elle mentionne également des tableaux de bord chargés d’analyser l’utilisation des outils d’IA au sein des équipes. L’ensemble aurait servi à évaluer les performances des salariés et à établir un classement dans le cadre de la réduction des effectifs.

Youtube video

C’est précisément là que les auteurs de la plainte situent le problème. D’après eux, les algorithmes ne tenaient pas compte des absences pourtant protégées par la loi. Les outils d’IA traitaient les congés maternité, les congés parentaux et les arrêts liés à un handicap comme de simples périodes d’inactivité. Résultat, les indicateurs de performance de certains salariés se dégradaient automatiquement, sans que leur situation personnelle soit prise en considération.

La plainte, qui compte 71 pages, détaille plusieurs cas. Une chercheuse en congé maternité aurait reçu son avis de licenciement deux jours avant son accouchement. Un ingénieur aurait vu son évaluation chuter après un arrêt provoqué par une blessure. Un autre responsable aurait appris son licenciement seulement seize jours après le début de son arrêt maladie.

Une restructuration de grande ampleur

Ces licenciements s’inscrivent dans le vaste plan de réduction des effectifs annoncé par Meta. L’entreprise prévoit de supprimer environ 10 % de ses postes, soit près de 8 000 emplois, selon plusieurs médias américains. Les plaignants estiment que cette restructuration s’est faite en violation des lois fédérales et californiennes qui protègent les salariés pendant certains congés.

Les employés concernés restent officiellement salariés jusqu’au 22 juillet 2026, date prévue pour la rupture de leur contrat. Leurs avocats se tournent vers le tribunal fédéral d’Oakland pour obtenir une injonction en urgence. L’objectif est de bloquer les licenciements avant un éventuel renvoi du dossier vers une procédure d’arbitrage privé. Ils demandent également la réintégration des salariés, le versement des salaires perdus et la préservation de leurs actions en attente d’acquisition.

La plainte évoque également un programme interne de surveillance déployé au début de l’année 2026. Selon les documents déposés devant le tribunal, ce système enregistrait les frappes au clavier, les mouvements de souris, l’historique de navigation ainsi que certains échanges réalisés depuis les appareils professionnels. Les plaignants rappellent également que Mark Zuckerberg avait expliqué en interne vouloir entraîner les modèles d’IA de Meta en observant le travail des employés les plus performants.

Toujours selon la plainte, ce dispositif aurait été lancé discrètement avant de provoquer une forte contestation en interne. Plus de 1 600 salariés auraient signé une pétition dénonçant une atteinte à leur vie privée. Face à cette mobilisation, Meta aurait suspendu le programme en juin. Les avocats demandent désormais un audit indépendant afin d’examiner le fonctionnement des outils utilisés pour sélectionner les salariés concernés.

Meta rejette les accusations

Meta n’a pas tardé à répondre à ces accusations. Dans un communiqué transmis à plusieurs médias, son porte-parole Tracy Clayton affirme que la plainte ne repose pas sur des faits suffisamment étayés.

L’entreprise assure que ce sont des responsables humains et non une intelligence artificielle qui ont pris les décisions concernant les licenciements. Les outils d’IA auraient pu fournir des informations aux managers, mais ils n’auraient pas décidé à leur place des personnes concernées par les suppressions de postes.

Restez à la pointe de l'information avec
INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE.COM !

Abonnez-vous à notre chaîne YouTube et rejoignez-nous sur Actualités

ARTICLES SIMILAIRES

Thrive Holdings lève 2 milliards de dollars pour accélérer l’intégration de l’IA en entreprise

Soutenue par OpenAI, la société d’investissement Thrive Holdings vient de finaliser un tour de table de 2 milliards de dollars. Sa valorisation atteint désormais les

8 septembre 2026

Digitaleo automatise le marketing local avec son agent Leo

Digitaleo lance Leo, un agent IA dédié au marketing local, capable d’analyser et d’exécuter des actions pour chaque point de vente d’un réseau. Digitaleo ajoute

7 septembre 2026

Claudeforce : la performance de Claude combinée aux données de Salesforce

Salesforce et Anthropic dévoilent Claudeforce, un partenariat qui relie le raisonnement de Claude aux données, workflows et règles métier de Salesforce. La première concrétisation prend

4 septembre 2026

ChatGPT, Reddit et Roblox sous le DSA, Bruxelles durcit les règles

Bruxelles place ChatGPT, Reddit et Roblox sous le DSA après une audience déclarée supérieure au seuil européen de 45 millions. Désormais, la loi sur les

2 septembre 2026

Référencement sur Reddit, le guide malin pour gagner en visibilité

Le référencement sur Reddit repose désormais sur la crédibilité, tandis que la visibilité IA renforce encore l’intérêt de ces conversations. Les marques doivent donc apprendre

2 septembre 2026

La colocation de datacenter devient un pilier des infrastructures hybrides

Pour les différentes entreprises, la maîtrise des données reste centrale. Elles cherchent donc des infrastructures robustes, proches et évolutives. Face à l’essor des usages numériques,

1 septembre 2026