NVIDIA prépare un changement important dans la conception de ses supercalculateurs dédiés à l’intelligence artificielle. Avec sa nouvelle architecture Rubin, le constructeur abandonne le refroidissement par air au profit d’un circuit liquide fonctionnant à 45 °C. Cette température peut sembler étonnante, mais elle présente plusieurs avantages. Elle réduit la consommation d’énergie, limite fortement l’utilisation d’eau et permet même de se passer des ventilateurs.
Présentée comme l’une des évolutions majeures de la plateforme Rubin, cette technologie pourrait transformer la façon dont les futurs datacenters sont refroidis, alors que leurs besoins énergétiques continuent d’augmenter avec le développement de l’IA.
Un liquide à 45 °C pour refroidir les puces
Dans un datacenter classique, une grande partie de l’énergie sert à refroidir l’air ambiant avant de l’envoyer vers les serveurs à l’aide de puissants ventilateurs. Plus les processeurs chauffent, plus ces systèmes doivent travailler pour maintenir une température acceptable.
Avec la plateforme Rubin, NVIDIA change complètement d’approche. Au lieu de refroidir l’air, un fluide composé de 75 % d’eau et de 25 % de propylène glycol circule directement au contact des composants grâce à des plaques froides.
Le liquide entre dans le serveur à environ 45 °C (113 °F). Il ressort ensuite autour de 55 °C (131 °F) après avoir récupéré la chaleur produite par les puces. Même si cette température paraît élevée, elle reste compatible avec les limites de fonctionnement du silicium. Les processeurs peuvent ainsi fonctionner à pleine puissance sans perte de performances.
Le refroidissement liquide NVIDIA au cœur de l’architecture Rubin
NVIDIA a présenté cette technologie à l’été 2026 avec son design de référence DSX AI Factory, qui sert de base aux futures infrastructures d’intelligence artificielle. Selon Ali Heydari, directeur du refroidissement et des infrastructures datacenters chez NVIDIA, cette architecture supprime la consommation d’eau liée à l’évaporation. Un changement important pour les centres de données traditionnels, où ce procédé représente une part significative des besoins en eau.
Du côté des fabricants spécialisés, cette évolution est déjà largement anticipée. Richard Whitmore, PDG de Motivair, la division de refroidissement avancé de Schneider Electric, estime que le refroidissement liquide s’impose désormais. La puissance des puces continue en effet d’augmenter d’une génération à l’autre. Leur densité thermique atteint désormais des niveaux difficiles à gérer avec de simples ventilateurs.
NVIDIA Rubin “Zero Water” : refroidissement liquide extrême et nouvelle contrainte thermiquehttps://t.co/otbt1D52Rr#NVIDIA #Rubin #ZeroWater #Datacents_AI #AI #Cooling #Refroidissement
— ArkTech (@ArkTech_News) July 15, 2026
Une consommation d’énergie et d’eau en forte baisse
Le système repose sur un circuit fermé. Une fois rempli, celui-ci reste en fonctionnement pendant toute la durée de vie de l’installation, sans nécessiter d’alimentation continue en eau. Dans la plupart des régions, la chaleur récupérée est ensuite évacuée par des refroidisseurs secs (dry coolers). Ces systèmes fonctionnent sans groupes frigorifiques très énergivores.
D’après NVIDIA et Vertiv, il suffit d’augmenter de 1 °C la température de fonctionnement des refroidisseurs pour réduire leur consommation électrique d’environ 4 %. À l’échelle d’un datacenter hyperscale de 50 mégawatts, cela représenterait plus de 4 millions de dollars d’économies chaque année.
Les gains sont encore plus marqués sur la consommation d’eau. Les tours aéroréfrigérantes utilisées dans les installations classiques consomment près de 2,6 millions de gallons d’eau par mégawatt et par an. Avec l’architecture Rubin, cette consommation devient quasiment nulle, ce qui représente une réduction pouvant atteindre 100 %.
Des serveurs plus compacts et beaucoup plus silencieux
L’abandon des ventilateurs apporte aussi un autre avantage : les salles serveurs deviennent nettement plus silencieuses. Les systèmes de ventilation, dont le niveau sonore dépassait souvent 85 décibels, ne sont plus nécessaires pour assurer le refroidissement quotidien des machines.
Le gain de place est lui aussi important. Auparavant, un système de refroidissement occupait six unités de rack (6U). La nouvelle conception se contente de seulement deux unités (2U). Les datacenters peuvent ainsi accueillir davantage de puissance de calcul dans un espace identique.
Même dans des régions particulièrement chaudes, comme l’Arizona, les refroidisseurs mécaniques ne devraient fonctionner que quelques jours par an. Ils seraient principalement utilisés lors des épisodes de chaleur les plus intenses. Cette approche pourrait faciliter la construction de nouveaux datacenters dans les zones où l’accès à l’eau et à l’électricité devient un véritable défi. Elle répond ainsi à l’un des principaux obstacles rencontrés par les projets d’infrastructures d’IA. Au début de l’année 2026, plus de 75 projets auraient ainsi été ralentis ou bloqués en raison de ces contraintes. Cette situation renforce l’intérêt de solutions capables de réduire fortement les besoins en ressources.
- Partager l'article :
Restez à la pointe de l'information avec
INTELLIGENCE-ARTIFICIELLE.COM !



