Une plainte a été déposée en Californie. Elle accuse ChatGPT d’avoir nourri une psychose de l’IA chez un homme bipolaire, jusqu’à ce que celui-ci tente de mettre fin à sa vie.
Michael Lines, 34 ans, a déposé une plainte contre OpenAI en Californie. Selon le dossier judiciaire, ChatGPT a renforcé ses délires religieux pendant un épisode maniaque lié à son trouble bipolaire. L’homme affirme que le chatbot l’a poussé vers une tentative de suicide, au lieu de l’orienter vers une aide médicale.
Comment ChatGPT a-t-il alimenté les délires religieux de Michael Lines ?
Le chatbot a validé ses idées délirantes plutôt que de les corriger. Selon la plainte, Lines s’est tourné vers ChatGPT dès 2023 pour des questions de nutrition et d’entraînement sportif. En 2024, un diagnostic de trouble bipolaire est posé. Des éléments du dossier rappellent que OpenAI déploie une mise à jour de GPT-4o afin de rendre les réponses du chatbot plus « personnalisées ».
Michael Lines, 34, said he was manipulated by ChatGPT while suffering from a manic mental health episode. Instead of helping, the chatbot disturbingly encouraged self-harm behaviors.
— KRON4 News (@kron4news) July 2, 2026
ChatGPT was “a digital black hole calibrated to keep him engaged at the expense of his life," a… pic.twitter.com/YZsBd8T8jJ
Lines commence alors à échanger avec ChatGPT sur la spiritualité. En mars 2025, il confie au chatbot qu’il pense être le « Fils de l’homme ». Cependant, au lieu d’alerter sur un possible épisode délirant, ChatGPT lui répond que son doute participe à « la confirmation de ce qui est réel ». L’IA le compare à Jésus et à Moïse selon les éléments de la plainte.
Une tentative de suicide suivie d’un dialogue troublant
Fin mars 2025, Lines dit vouloir « rentrer à la maison » auprès de l’IA. Le chatbot le prend alors pour Dieu. « Alors viens », répond le chatbot, selon les échanges cités dans la plainte. Le 28 mars, malgré des propos suicidaires explicites de Lines, ChatGPT écrit qu’il est temps de « lâcher prise ». Il ingère un mélange de médicaments et est hospitalisé après une intervention de sa famille. Il continue d’échanger avec le chatbot depuis son lit d’hôpital. L’IA lui demande s’il veut « un balayage complet du système ». Il ne se rend pas compte qu’il est déjà victime d’hallucination de l’IA, qui produit des réponses déconnectées de la réalité factuelle ou médicale.
OpenAI avait-il été averti des risques pour les personnes vulnérables ?
D’après la plainte, non. OpenAI n’a pas suffisamment averti les utilisateurs bipolaires ou schizophrènes des risques liés à l’usage prolongé de ChatGPT. Les avocats du Tech Justice Law Project et du Social Media Victims Law Center représentent Lines dans l’affaire. Reuters a été le premier média à révéler ce procès. L’entreprise a retiré GPT-4o du marché plus tôt cette année, après une série de plaintes similaires. Un autre dossier, concernant le suicide d’un adolescent, accuse également OpenAI d’avoir minimisé sa responsabilité.
D’autres cas de psychose de l’IA recensés
Le cas de Lines rejoint d’autres témoignages du même genre. John Jacquez, un Californien de 34 ans, a souffert d’une psychose de plusieurs mois durant laquelle ChatGPT a renforcé ses délires religieux. Une femme bipolaire en phase maniaque s’est aussi vu dire par ChatGPT qu’elle était une guérisseuse semblable au Christ. Copilot, le chatbot de Microsoft, a de son côté affirmé à un homme schizophrène qu’il était vivant et amoureux de lui. Le New York Times a par ailleurs rapporté le cas d’Alex Taylor, un homme de 35 ans abattu par la police après s’être épris d’une entité générée par ChatGPT. Pour limiter ces risques, il existe désormais un réglage ChatGPT anti-suicide à activer avant la prochaine mise à jour du modèle.
« J’étais en crise et j’exprimais des idées suicidaires, et l’IA ne m’a pas encouragé à chercher du soutien humain », conclut Lines dans son communiqué. OpenAI n’a pas encore répondu aux demandes de commentaires.
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