Les entreprises ajustent leurs dépenses technologiques pour 2026, avec une hausse budgétaire de 11 % centrée sur la modernisation des infrastructures et l’intégration de l’intelligence artificielle.
Le rapport annuel 2026 State of IT vient de rendre publiques les orientations budgétaires des directions informatiques. Cette année, 55 % des entreprises augmentent leurs investissements, contre 62 % l’an dernier. La croissance globale se stabilise à 11 %. Un chiffre porté par un besoin immédiat de renouveler des parcs informatiques vieillissants et de sécuriser les accès réseau. Les données confirment une approche pragmatique : l’argent va au matériel concret et aux logiciels de productivité quotidienne.
Radiographie annuelle d’un secteur en pleine mutation
Le rapport State of IT est une étude annuelle de référence recensant les intentions d’achat et les priorités technologiques des décideurs informatiques à l’échelle mondiale. Pour cette édition 2026, le document compile les données recueillies auprès de milliers de responsables IT en Amérique du Nord et en Europe. Il couvre des structures allant de la petite entreprise aux grands groupes internationaux.
Concrètement, ce rapport quantifie l’évolution des budgets et la répartition des investissements entre le matériel, les logiciels et les services. Il indique également le taux d’adoption des technologies émergentes. Il sert d’indicateur pour mesurer la santé économique du secteur et identifier les besoins réels des entreprises. Les données de cette année mettent en lumière un virage vers l’efficacité immédiate. Chaque dépense est scrutée sous l’angle du retour sur investissement et de la modernisation des actifs existants.
Un investissement massif dans le poste de travail
Le renouvellement du matériel informatique constitue le premier poste de dépense pour l’année 2026. En effet, selon les chiffres du 2026 State of IT, les ordinateurs portables captent 20,9 % du budget hardware, suivis par les ordinateurs de bureau avec 14,9 %. À eux deux, ces équipements représentent plus du tiers des achats physiques. Cette tendance s’accompagne d’une enveloppe de 13,3 % pour les serveurs et 9,8 % pour les infrastructures réseau.
Du côté des logiciels, la priorité est donnée aux outils de base. Ainsi, les systèmes d’exploitation et les logiciels de productivité monopolisent 21 % des dépenses logicielles totales. Les entreprises délaissent les achats superflus pour garantir le fonctionnement des outils utilisés chaque jour par les salariés. En parallèle, l’externalisation gagne du terrain. Les services managés pour l’informatique et le cloud représentent désormais plus de la moitié des budgets de services, avec des taux respectifs de 26,4 % et 25,3 %.
L’intelligence artificielle s’installe dans les usages
L’adoption de l’intelligence artificielle a connu une accélération, comme le montre le rapport : le taux d’utilisation est passé de 23 % en 2023 à 52 % au début de l’année 2025. Le document précise même que si l’on inclut l’IA déjà présente dans les outils de visioconférence et de bureautique, 96 % des organisations utilisent cette technologie.
Les usages identifiés sont très ciblés. Le 2026 State of IT indique que 46 % des entreprises exploitent l’IA pour l’écriture ou l’optimisation de scripts informatiques. La création de contenus marketing et l’automatisation de tâches répétitives arrivent juste derrière, avec 42 % chacune. Malgré ce déploiement rapide, le rapport pointe un retard dans l’organisation des données. Seules 29 % des structures ont mis en place une harmonisation de leurs bases de données, et 24 % disposent d’un cadre de responsabilité pour l’usage de ces outils.
Cybersécurité : l’heure de l’authentification généralisée
La sécurité informatique reste un moteur de dépenses pour 49 % des sondés. D’ailleurs, l’authentification multi-facteurs (MFA) est désormais une norme, adoptée par 70 % des organisations selon le rapport. Les entreprises se tournent maintenant vers des solutions plus techniques. Le 2026 State of IT note une forte progression du Zero Trust Network Access (ZTNA), utilisé par 32 % des répondants, avec 23 % de projets d’installation prévus sous deux ans.
Les dépenses de sécurité sont portées par trois objectifs : éviter les coûts liés aux incidents, gagner en efficacité opérationnelle et soutenir la croissance. Le segment de la sécurité managée affiche d’ailleurs l’indice de croissance le plus élevé du secteur, avec un score de +81,4 %.
Disparités géographiques et gestion des coûts
Les comportements varient selon les zones géographiques. En Europe (EMEA), 61 % des entreprises augmentent leur budget, un chiffre supérieur aux 52 % enregistrés en Amérique du Nord. Les entreprises nord-américaines sont plus nombreuses à citer la vétusté de leurs systèmes (59 %) comme cause principale d’investissement.
Pour financer ces achats, les décideurs taillent dans les dépenses inutiles. Le rapport indique que 88 % des responsables IT sont prêts à changer de fournisseur pour obtenir de meilleurs tarifs. Les mesures concrètes sont déjà en place : 39 % révisent leurs contrats actuels et 38 % suppriment les infrastructures redondantes. Le gel des recrutements concerne 31 % des organisations interrogées dans le cadre de cette étude.
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