Meta mise sur les puces d’Amazon pour espérer de donner un second souffle à ses agents IA

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Pour propulser ses nouveaux assistants autonomes, Meta déploie plus de 100 000 processeurs Graviton5 via Amazon Web Services. Alors que la course à l’IA ne jurait que par les GPU, l’ère agentique impose le retour des processeurs généralistes pour coordonner des tâches complexes. 

Jonglant entre diversification stratégique et aveu de faiblesse sur ses puces maison, Meta joue gros pour rattraper son retard sur les autres géants de la tech.

Le retour stratégique du processeur au service de l’action

Pour muscler ses infrastructures, Meta s’apprête à déployer des dizaines de millions de cœurs CPU en s’appuyant sur les puces Graviton5 d’Amazon Web Services (AWS). 

Ce processeur de cinquième génération, doté de 192 cœurs, a été conçu spécifiquement pour répondre aux besoins de l’intelligence artificielle moderne. Il offre notamment une mémoire cache cinq fois supérieure à la version précédente.

Ce choix marque une résurgence du marché des CPU, autrefois délaissés au profit des GPU de Nvidia. 

Si les accélérateurs spécialisés restent imbattables pour l’entraînement pur, les agents IA exigent une polyvalence différente. 

Et pour agir au nom des utilisateurs, il faut une puissance de calcul généraliste. Même cas pour la navigation entre des applications et la gestion des workflows multi-étapes,

Comme le souligne Santosh Janardhan, responsable de l’infrastructure chez Meta, coordonner des milliards d’interactions complexes nécessite une architecture capable de gérer la logique système avec une grande agilité.

Une alliance inattendue entre rivaux du Cloud

Bien que Meta soit considéré comme le quatrième hyperscaler américain, elle se retrouve aujourd’hui contrainte de se tourner vers ses concurrents. 

Malgré ses propres centres de données et son supercalculateur RSC, les besoins de Meta ont littéralement explosé en un an. 

Le développement de sa propre puce, la MTIA, peine à atteindre les performances des solutions éprouvées de Google ou d’Amazon.

Pour pallier ce manque de souveraineté matérielle, Meta multiplie les accords de coopétition. 

Meta a récemment signé un contrat de plusieurs milliards de dollars avec Google Cloud pour accéder à ses TPU. Et cet accord avec AWS vient compléter un puzzle logistique complexe. 

Parallèlement, Meta travaille sur un processeur codéveloppé avec Arm, cherchant désespérément à réduire sa dépendance envers ses rivaux.

Un sprint industriel pour combler le fossé technologique

Le mot d’ordre à Menlo Park est clair : la vitesse avant tout. Après l’accueil mitigé de Llama 4, Meta n’a plus le droit à l’erreur dans la course à l’IA agentique. 

Cette urgence se traduit par une restructuration profonde en interne. Pour financer ces investissements colossaux et pivoter vers l’IA de service, l’entreprise n’hésite pas à sacrifier certains départements historiques. 

Chaque puce louée à Amazon représente en effet une chance de plus de rester pertinent face à OpenAI et Microsoft. Même si cela signifie enrichir ses plus grands adversaires.

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