Anthropic se lance à son tour dans la conception de puces dédiées à l’intelligence artificielle. La startup américaine a confirmé la création d’une équipe interne chargée de développer du matériel pour ses modèles Claude. L’objectif est de mieux adapter les capacités de calcul aux besoins de ses modèles et, à terme, de réduire le coût de leur fonctionnement.
Le projet était préparé depuis plusieurs semaines et marque une nouvelle étape pour Anthropic. La firme était jusqu’ici largement dépendante de fournisseurs externes pour ses besoins en calcul. L’entreprise rejoint ainsi un mouvement déjà engagé par plusieurs géants de la Tech, qui cherchent eux aussi à développer des puces adaptées à leurs propres systèmes d’IA.
Pourquoi Anthropic veut ses propres puces pour Claude ?
Le projet était préparé discrètement depuis le début du mois de juin 2026. Anthropic cherche désormais à renforcer ses compétences internes dans un domaine longtemps dominé par les fabricants de puces spécialisés, au premier rang desquels Nvidia.
L’approche retenue repose sur la co-conception du matériel et du logiciel. Concrètement, les futures puces pourraient être pensées en fonction des besoins spécifiques des modèles Claude. Elles ne reposeraient donc plus uniquement sur des GPU conçus pour répondre à un grand nombre d’usages.
Cette spécialisation pourrait permettre de limiter certaines ressources inutiles et d’améliorer l’efficacité des calculs nécessaires au fonctionnement des modèles. Pour une entreprise qui doit traiter un nombre croissant de requêtes, chaque gain d’efficacité peut rapidement avoir un impact sur les coûts.
Une équipe encore réduite
Pour lancer ce programme, Anthropic a recruté Clive Chan au début du mois de juin. L’ingénieur est notamment passé par OpenAI et Tesla. Chez OpenAI, il a travaillé sur l’architecture de la puce Jalapeño. Il a également participé à la gestion de l’infrastructure de deep learning du système Autopilot chez Tesla.
Les offres publiées par Anthropic montrent que l’entreprise cherche des profils capables de travailler à la fois sur le matériel et le logiciel. Une expérience concrète dans la commercialisation de puces fait notamment partie des compétences recherchées.
Les rémunérations proposées donnent une idée du niveau d’expertise attendu. Certaines offres affichent des salaires annuels compris entre 320 000 et 485 000 dollars. Anthropic semble donc privilégier, pour le moment, une équipe relativement restreinte composée de spécialistes expérimentés.
Anthropic prépare ses propres puces IA pour Claude afin de réduire ses coûts et concurrencer OpenAI pic.twitter.com/ZYkx4gxHkK
— Jonathan Chan 💡📣 (@ChanPerco) August 7, 2026
Un pari coûteux, mais potentiellement rentable
La conception d’une puce avancée représente toutefois un investissement important. Selon des estimations du secteur des semi-conducteurs, développer une puce sur un procédé de gravure de 2 ou 3 nm peut coûter entre 500 et 750 millions de dollars.
L’enjeu est donc de parvenir à récupérer cet investissement grâce aux économies réalisées sur le calcul. Le PDG de Broadcom, Hock Tan, a notamment indiqué que la puce Jalapeño développée par OpenAI pouvait réduire de 50 % le coût par token. Anthropic pourrait chercher à obtenir des gains du même ordre en développant un matériel adapté à ses propres modèles.
Les montants en jeu sont particulièrement importants pour une entreprise dont l’activité liée à l’IA continue de progresser rapidement. Anthropic affichait un revenu annualisé de plus de 47 milliards de dollars et une valorisation de 965 milliards de dollars en mai 2026.
Un mouvement déjà lancé chez les géants de la Tech
Anthropic n’est pas la seule entreprise d’IA à vouloir mieux contrôler son matériel. Google, Amazon, Meta et Microsoft développent eux aussi leurs propres puces ou accélérateurs pour répondre à leurs besoins en calcul.
Pour Anthropic, le développement d’une puce maison constitue donc autant un pari technologique qu’un moyen de mieux contrôler ses coûts. Le projet n’en est encore qu’à ses débuts, mais il montre une évolution importante du secteur. À mesure que les modèles deviennent plus coûteux à entraîner et à faire fonctionner, le matériel sur lequel ils reposent devient lui aussi un enjeu stratégique.
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