Rillet a annoncé le 20 août une levée de fonds de série C de 100 millions de dollars menée par ICONIQ, portant sa valorisation à un milliard de dollars. La start-up veut accélérer le développement d’un ERP natif de l’IA, dans lequel les équipes financières travaillent directement avec des agents capables d’exécuter des tâches comptables.
Les agents d’intelligence artificielle ne se limitent plus au service client ou au développement logiciel. Ils commencent aussi à s’installer au cœur des opérations financières.
Avec cette nouvelle levée, Rillet veut transformer l’ERP en plateforme active. Son objectif est de réunir les données, les contrôles comptables, les collaborateurs et les agents IA dans un même environnement, plutôt que d’ajouter une couche d’automatisation à des logiciels anciens.
Une série C qui valorise Rillet à un milliard de dollars
Le tour de table de 100 millions de dollars a été mené par ICONIQ. Sequoia, Andreessen Horowitz, Bain Capital Ventures, Oak HC/FT, Battery Ventures, FirstMark, Scale Venture Partners et Creandum figurent également parmi les investisseurs.
Cette opération constitue la troisième levée de fonds de Rillet en un an. Elle porte le financement total de l’entreprise à plus de 200 millions de dollars.
La start-up atteint désormais une valorisation d’un milliard de dollars, un seuil qui confirme l’intérêt des investisseurs pour les logiciels financiers construits autour de l’intelligence artificielle.
Rillet affirme avoir doublé son revenu annuel récurrent au cours des trois derniers mois. L’entreprise revendique également plus de 600 clients, dont des sociétés cotées et plusieurs entreprises technologiques en forte croissance.
Après s’être développée auprès des acteurs de la technologie et de l’IA, la plateforme cherche maintenant à progresser dans d’autres secteurs. Elle cite notamment les biotechnologies, la santé, la fintech, la logistique et les services professionnels.
Selon Rillet, certaines grandes entreprises remplacent déjà des solutions comme Oracle Fusion, SAP, Workday, Microsoft Great Plains ou NetSuite par sa plateforme. Cette migration illustre l’ambition de la start-up : ne pas devenir un simple outil complémentaire, mais prendre la place du système financier central.
Un ERP conçu pour les agents IA
Un ERP traditionnel sert principalement à enregistrer les transactions, organiser les données et produire des états financiers. Dans la pratique, une partie importante du travail reste souvent effectuée dans des tableurs ou des logiciels spécialisés.
Rillet estime que cette architecture convient mal aux agents d’intelligence artificielle. De nombreuses offres actuelles ajoutent des assistants à des systèmes qui n’ont pas été conçus pour leur permettre d’agir directement.
La start-up adopte une autre approche. Elle intègre les données structurées, les connexions aux outils externes, le grand livre comptable et les agents au sein d’une seule plateforme.
Today we’re announcing our $100M Series C at a $1B valuation, led by @ICONIQCapital. It’s our third round in 14 months and brings our total funding to over $200m The round came together in less than 48 hours. We weren’t planning to raise. Then new ARR doubled last quarter and we crossed 600+ customers including public companies and enterprises with $2B in revenue. Rillet AI agent usage is growing 70% each month and CFOs are replacing Oracle Fusion, SAP and Workday to run their companies on Rillet. We also announced our alliance with EY and officially partnered with more than half of the top 20 CPA firms. @RilletHQ is creating an entirely new category of finance infrastructure. With Rillet, the ERP becomes the harness for the modern finance organization, where people and agents share the same financial data, apply the same accounting policies and controls, and work from a single, continuously updated view of the business. Agents perform increasingly complex financial work, while finance teams retain visibility, approval authority and a complete audit trail. Thank you to our customers for believing in the mission and building the future of finance with us. We could not do this without you. Thank you to the Rillet team. As I say often, building Rillet is our own version of sending rockets to Mars. It is incredibly difficult. You make it look easy. Finally, thank you to our investors. To ICONIQ for leading the round and to our existing and new investors for building with us. @sequoia , @a16z, Sequoia Global Equities, @BainCapVC, @oakhcft, @BatteryVentures, @FirstMarkCap, @scalevp, and @creandum. Back to work 🙂
— Nicolas Kopp (@nicckopp) August 18, 2026
Les informations issues des différentes intégrations sont centralisées dans un grand livre mis à jour en temps réel. Les agents peuvent alors intervenir directement dans cet environnement, avec davantage de contexte sur les opérations et les règles comptables appliquées.
Cette architecture doit éviter la multiplication des copies de données et des tâches réalisées en dehors du système principal. Elle fournit aussi une piste d’audit permettant de suivre les actions effectuées.
Les professionnels conservent toutefois le pouvoir d’approbation et la supervision. Lorsqu’une validation humaine est nécessaire, l’agent ne doit pas finaliser seul l’opération.
L’objectif n’est donc pas de retirer totalement l’humain des processus financiers. Rillet cherche plutôt à répartir les tâches entre les équipes et l’intelligence artificielle, tout en maintenant les contrôles et la traçabilité.
Vers une fonction finance active en continu
La levée doit financer le développement de ce que Rillet présente comme une couche opérationnelle agentique pour la finance. Dans ce modèle, les agents ne se contentent pas de répondre à une question ou de produire un résumé.
Ils peuvent réaliser des tâches financières plus complexes, en utilisant les mêmes données et les mêmes règles que les collaborateurs. Les équipes disposent ensuite d’une vision commune et continuellement actualisée de l’activité.
Pour Nicolas Kopp, PDG et cofondateur de Rillet, l’ERP ne doit plus seulement conserver les données historiques. Il doit devenir l’environnement dans lequel sont exécutées les opérations financières futures.
Cette évolution pourrait modifier le rythme de travail des directions financières. Plutôt que d’attendre certaines échéances pour rapprocher les chiffres ou clôturer les comptes, les opérations pourraient être vérifiées plus régulièrement.
Rillet met notamment en avant la clôture comptable en continu et une fonction finance capable de fonctionner en permanence. Les agents prendraient en charge une partie des tâches récurrentes, tandis que les spécialistes humains se concentreraient sur les décisions et les cas nécessitant leur expertise.
La start-up cite l’exemple de Mercor. Selon Rillet, cette entreprise collabore avec ses agents IA pour gérer une activité dépassant deux milliards de dollars de revenu annuel récurrent avec une équipe financière de trois personnes.
Cet exemple provient toutefois directement de Rillet. Il ne suffit pas, à lui seul, à démontrer que toutes les organisations peuvent réduire leurs équipes dans les mêmes proportions.
Rillet cherche l’appui des cabinets comptables
Le succès d’un ERP financier ne dépend pas uniquement de ses fonctionnalités. Il doit aussi répondre aux exigences des auditeurs, des cabinets de conseil et des équipes chargées de la conformité.
Rillet développe donc sa plateforme en collaboration avec des cabinets d’expertise comptable. L’entreprise veut s’assurer que les opérations réalisées par les agents restent contrôlables et compatibles avec les procédures d’audit.
Une alliance consacrée à la transformation financière a été lancée avec Ernst & Young au début de l’année 2026. Rillet affirme également être partenaire de plus de la moitié des vingt principaux cabinets recensés par Accounting Today.
Cette stratégie peut faciliter son adoption par de grandes entreprises. Les directions financières hésiteront à confier des opérations importantes à des agents si leurs auditeurs ne peuvent pas comprendre, vérifier ou retracer les actions effectuées.
La piste d’audit complète devient donc un élément aussi important que l’automatisation. Dans la comptabilité, un gain de temps ne peut pas se faire au détriment de la justification des écritures ou de la responsabilité humaine.
Avec cette série C, Rillet dispose désormais de moyens importants pour accélérer son développement. Son principal défi sera de prouver que la finance agentique peut fonctionner à grande échelle sans affaiblir les contrôles qui entourent les opérations comptables.
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