Tensions, crise énergétique, désunion, rapport sur le Sommet de l’IA à Paris

Le troisième sommet annuel sur l’intelligence artificielle, qui a rassemblé cette semaine à Paris des responsables politiques et économiques, a mis en lumière les tensions internationales autour de cette technologie. Lors de l’ouverture, Emmanuel Macron a utilisé un montage de deepfakes de lui-même pour illustrer le pouvoir perturbateur de l’IA. Le lendemain, les divisions potentielles engendrées par cette innovation en plein essor sont devenues flagrantes. Bref, voici le rapport du Sommet pour l’Action sur l’IA qui s’est déroulé à Paris.

La conférence s’est conclue par une intervention du vice-président américain, qui a vivement évoqué la réglementation européenne et lancé un avertissement quant à une coopération avec la Chine.

Par ailleurs, les dirigeants de Washington et de Londres ont délaissé une déclaration diplomatique prônant une approche « inclusive et durable » de l’IA.

Voici alors les points clés à retenir du Sommet de l’IA de Paris qui s’est tenu le 10 et le 11 février 2025.

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Le discours assez musclé du vice-président américain

La division internationale sur l’avenir de l’IA s’est cristallisée lors du discours de JD Vance, vice-président des États-Unis au Grand Palais.

Parmi une assemblée de dirigeants mondiaux incluant Narendra Modi, Justin Trudeau et Ursula von der Leyen, le vice-président américain a adopté une position ferme sur deux fronts majeurs.

D’abord, il a directement contesté l’approche réglementaire européenne. Vance plaide alors pour un cadre international qui encourage l’innovation plutôt que de la contraindre.

Son message aux partenaires européens était sans équivoque. Leur appréhension face à cette technologie ne devrait donc pas freiner son développement.

Ensuite, face au vice-Premier ministre chinois Zhang Guoqing, Vance a lancé un avertissement à peine voilé contre toute collaboration avec la Chine.

Il a mis en garde contre les régimes autoritaires qui, selon lui, cherchent à s’approprier les infrastructures d’information de leurs partenaires.

Ce discours intervient dans un contexte particulier, alors que le nouveau modèle d’IA chinois DeepSeek a récemment créé des remous dans les cercles d’investissement américains.

À travers cette intervention, les États-Unis ont clairement affiché leur ambition de maintenir leur leadership mondial dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Pas d’accord avec les États-Unis et le Royaume-Uni 

L’échec à obtenir un consensus sur la déclaration finale du sommet a souligné les profondes divergences entre les nations.

Le refus des États-Unis, cohérent avec la position de Vance, a été accompagné de manière plus surprenante par celui du Royaume-Uni.

Ce dernier a justifié sa position en arguant que le texte sur une IA inclusive et durable manquait d’ambition concernant la gouvernance mondiale et les enjeux de sécurité nationale.

Cette situation contraste avec les succès relatifs des sommets précédents. À Bletchley Park en 2023, puis à Séoul, les participants étaient parvenus à des accords.

En tout cas, dès l’ouverture de ce troisième sommet, les tensions étaient déjà palpables. Les détails de ce rapport sur le Sommet de l’IA à Paris en témoigne.

Emmanuel Macron a d’ailleurs donné le ton en promouvant la France et l’Europe comme futurs centres névralgiques de l’IA, tout en adressant une pique à peine voilée à Donald Trump.

Évoquant l’importante consommation énergétique des systèmes d’IA, il a mis en avant l’atout nucléaire français.

« J’ai un bon ami de l’autre côté de l’océan qui me dit percez, bébé, percez. Ici, il n’y a pas besoin de forer. C’est branchez, bébé, branchez. L’électricité est disponible », a-t-il déclaré.

Cependant, selon Henry de Zoete, ancien conseiller de Rishi Sunak sur l’IA, la position britannique relèverait davantage de la stratégie diplomatique.

Sur X, il a suggéré que ce refus de signer la déclaration permettait au Royaume-Uni de gagner les faveurs du gouvernement Trump à moindre coût.

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Un accord impossible, Sir Demis Hassabis sonne l’alarme

Bien que la sécurité ait été centrale lors du sommet britannique précédent, cette préoccupation semblait moins présente à Paris, malgré des avertissements significatifs.

L’éminent informaticien Yoshua Bengio, auteur principal d’un rapport majeur sur la sécurité présenté avant le sommet, a exprimé son inquiétude face à ce qu’il perçoit comme un déni collectif concernant l’émergence d’intelligences artificielles supérieures aux capacités humaines.

Face à l’échec d’un accord commun, Sir Demis Hassabis, directeur de l’unité IA de Google, a plaidé pour une approche unifiée dans le développement de l’IA.

Il a souligné l’importance d’une vision partagée pour l’avenir. Soit une initiative qui met en garde contre des risques concrets comme des systèmes d’IA adoptant des comportements trompeurs.

Selon lui, ces préoccupations, loin d’être hypothétiques ou limitées géographiquement, nécessitent une réponse internationale coordonnée.

Le sommet a également mis en lumière d’autres enjeux critiques. Anne Bouverot, envoyée spéciale d’Emmanuel Macron pour l’IA, a dénoncé l’impact environnemental actuel de cette technologie comme intenable.

Dans le domaine social, Christy Hoffman, secrétaire générale du syndicat UNI, a alerté sur le risque que l’IA ne devienne un facteur d’accroissement des inégalités.

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