NEURA Robotics et l’Université technique de Munich (TUM) inaugurent le « TUM RoboGym », un centre de 2 300 m² dédié à l’apprentissage des robots humanoïdes et à la collecte de données physiques.
Le 10 mars 2026, NEURA Robotics et le Munich Institute of Robotics and Machine Intelligence (MIRMI) de la TUM ont annoncé l’ouverture du TUM RoboGym (powered by NEURA. Il s’agit d’une infrastructure de recherche et d’expérimentation pour l’IA physique située au TUM Convergence Center, à l’aéroport de Munich. Ce centre vise à combler le fossé entre la théorie académique et les applications industrielles de la robotique humanoïde, un défi de taille alors que la concurrence américaine et chinoise avance à marche forcée.
Un investissement conjoint de 17 millions d’euros
Le projet est financé à hauteur de 17 millions d’euros par un partenariat public-privé. NEURA Robotics apporte 11 millions d’euros et la TUM le reste, incluant les équipements et infrastructures nécessaires.
Le site occupe 2 300 m², avec des plans d’extension pour intégrer davantage de robots et de dispositifs expérimentaux. Le centre combine espaces de test physique, laboratoires pour capteurs et systèmes de contrôle, et zones de collecte de données pour les modèles d’IA.
Le montant investi témoigne d’une volonté européenne forte. Cependant, il reste modeste face aux milliards de dollars investis par des géants comme Tesla ou Figure aux États-Unis. Cette différence soulève la question de la pérennité de cet avantage compétitif sur le long terme.
All the experience these robots gain will feed into Neuraverse ????!
— SciTech Era (@SciTechera) March 11, 2026
Now, NEURA Robotics and TUM launch the RoboGym at Munich Airport with 2,300 m².
Europe's largest scientific training center for Physical AI, feeding data to Neuraverse, the company’s cloud based shared… pic.twitter.com/4CSATv03wX
Des robots humanoïdes en entraînement physique
Le RoboGym sera opérationnel à la mi-2026. Les robots humanoïdes y apprendront directement dans leur environnement, en interagissant avec les humains et les objets autour d’eux.
Les simulations numériques sont souvent limitées par un « fossé de réalité » qui réduit la précision des mouvements. Dans le RoboGym, les robots pourront expérimenter des tâches de manipulation, de locomotion et d’interaction physique.
Ces expériences permettront de générer des données précises sur le mouvement, la préhension et la coordination.
Le centre dispose également d’un ensemble de capteurs avancés et de systèmes de suivi pour mesurer chaque mouvement et chaque contact physique. Ces informations alimenteront la plateforme Neuraverse, un écosystème logiciel conçu pour fonctionner indépendamment du matériel. Celle-ci permettra d’entraîner des modèles d’IA physique plus robustes, précis et sûrs.
L’enjeu sera ici de transformer ce gymnase en un standard industriel capable de s’imposer face aux protocoles propriétaires des Big Tech.
Formation, collaboration et souveraineté technologique
Le RoboGym n’est pas seulement un laboratoire. Il servira à former la prochaine génération d’experts européens en IA physique et robotique cognitive.
Le centre accueillera des start-ups ainsi que des partenaires industriels. L’objectif est d’accélérer le développement de solutions robotiques adaptées aux besoins réels des entreprises. Ces solutions concerneront notamment l’automatisation de tâches complexes, la logistique et la manipulation d’objets.
Our university and NEURA Robotics are establishing a large #robotics research and training center at the TUM Convergence Center. Scientists, including Lorenzo Masia and Achim Lilienthal, will develop #AI training methods for #HumanoidRobots: https://t.co/79SkOamrD8
— TU München (@TU_Muenchen) March 10, 2026
????A.Schmitz
Selon David Reger, PDG de NEURA Robotics, le principal défi pour les robots humanoïdes n’est plus la performance matérielle. Il réside désormais dans l’accès à des données d’entraînement réalistes et diversifiées.
Le TUM RoboGym vise à combler cette lacune, en fournissant un environnement sûr et contrôlé pour des expériences à grande échelle. Le professeur Lorenzo Masia, directeur du RoboGym, souligne également que ce centre est un élément stratégique pour l’Europe. Il rappelle aussi implicitement l’équilibre délicat à maintenir entre recherche publique indépendante et intérêts commerciaux privés au sein de cette infrastructure de pointe.
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